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Huile de palme dans les carburants : l’Europe acte un plan de sortie en demi-teinte

Montreuil, le 13 juin 2018 - Dans la nuit du 12 au 13 juin, le Parlement Européen, la Commission et les Etats membres se sont mis d’accord sur le texte final de la directive énergie renouvelable. Pour les Amis de la Terre France, le signal envoyé par l’Europe pour en finir avec les “biocarburants” contribuant le plus à la déforestation est positif mais trop lointain.

L’Europe a décidé un gel, puis une baisse progressive de la part des “biocarburants” les plus fortement émetteurs jusqu’à une sortie en 2030. La Commission doit préciser les critères permettant de définir les matières premières ciblées qui pourraient inclure, outre l’huile de palme, le soja. Les autres “biocarburants” en compétition avec l’alimentation (comme le colsa) sont simplement plafonnés au niveau de 2020.

Cependant, en fixant au niveau de 2019, c’est-à-dire après l’entrée en fonctionnement de la “bioraffinerie” de La Mède, le gel des volumes d’huile de palme importés, l’Europe offre un sursis à un projet inacceptable comme l’explique Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre : “Total a réussi à éviter la condamnation de son approvisionnement à court terme mais la décision de l’Europe montre bien l’absurdité de ce projet et condamne sa viabilité économique sur le long terme. ”. A lui seul, le projet de La Mède, pour lequel Total refuse toujours de publier un plan d’approvisionnement détaillé, pourrait consommer entre 450 000 et 600 000 tonnes d’huile de palme et faire bondir les importations françaises d’environ 60%.

La décision européenne permet aux Etats membres d’accélérer ce plan de sortie. La France qui a beaucoup tergiversé sur ce dossier, a le devoir de montrer l’exemple en prenant des mesures plus ambitieuses dans le cadre de sa stratégie de lutte contre la déforestation importée qui doit être présentée mi-juillet : fin du soutien à l’ensemble des “biocarburants” de première génération (incluant le secteur de l’aviation), fin de l’exemption des droits de douane sur l’huile de palme pour les usages industriels et remise à plat du projet de reconversion de La Mède qui est condamné à moyen terme.

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