Logo des Amis de la Terre
Recommander cette page Imprimer cette page Agrandir cette page

Ilisu : la Société Générale doit se retirer du projet

14 mars 2008,
Par Yann Louvel

A l’occasion de la journée mondiale contre les grands barrages et pour les rivières, l’eau et la vie, une action internationale a lieu à travers le monde pour demander l’arrêt du projet de barrage Ilisu en Turquie. Des actions de protestation ont lieu devant les gouvernements européens, les banques et les entreprises impliquées dans le projet : de nombreuses ONG allemandes, autrichiennes, suisses, italiennes et françaises exigent de ces institutions leur retrait du projet. En France, les Amis de la Terre ont mené une action avec des associations kurdes devant le siège de la Société Générale, seule banque française impliquée, pour exiger son retrait du projet.


Le projet du barrage d’Ilisu est extrêmement controversé à cause de ses impacts sociaux, environnementaux, culturels et politiques massifs. Les gouvernements d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse ont justifié leurs garanties de crédit à l’exportation pour le projet par 150 conditions attachées au projet afin de s’assurer qu’il respecte les normes internationales. Mais un rapport d’experts récemment publié (1)1 évaluant la mise en place de ces conditions confirme les préoccupations des ONG.

Le rapport montre que tous les efforts réalisés pour amener le projet aux standards internationaux ont été vains jusqu’à maintenant. Depuis l’accord des garanties, aucune des conditions n’a été respectée et jusqu’à 78 000 kurdes risquent toujours de se faire déplacer de force sans plan de relocalisation ni de compensation financière acceptable”, dénonce Fidan Unlubayir, du centre culturel kurde de Paris.

Les autres problématiques ne sont toujours pas résolues concernant la concertation régionale avec la Syrie et l’Iraq, inexistante à ce jour et porteuse de conflits potentiels futurs ; l’enfouissement de sites archéologiques inestimables, au premier rang desquels la ville de Hasankeyf, vieille de 10 000 ans ; la dégradation des écosystèmes de la vallée du Tigre mettant en danger des espèces menacées comme la Tortue de l’Euphrate, ou encore le risque de santé publique causé par l’eau stagnante du réservoir et sa dégradation par sédimentation.

Les gouvernements européens impliqués violent leurs propres obligations sur les crédits publics à l’exportation et cherchent à négocier de nouvelles échéances pour les prochaines étapes avec les autorités turques”, déclare Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre. “En réalité, le rapport révèle le fiasco des 150 conditions préconisées, et le laxisme inacceptable de ces gouvernements.

Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, conclut : "Les gouvernements européens, les entreprises et les banques impliquées, au premier rang desquelles la Société Générale, doivent reconnaître que les normes internationales sont grossièrement violées et se retirer du projet”.

(1) Rapport disponible sur cette page

Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43

Les actions de protestation ont lieu en ce jour dans les villes suivantes :

- Paris-La Défense (France) : siège de la Société Générale
- Milan (Italie) : siège du groupe UniCredit, propriétaire de la Bank Austria Creditanstalt
- Rome (Italie) : branche de la banque UniCredit
- Berlin (Allemagne) : bureau du chancellier allemand
- Stuttgart (Allemagne) : siège de l’entreprise de construction Zueblin
- Francfort (Allemagne) : siège de la banque DekaBank
- Hanovre (Allemagne) : branche de la Savings Bank, membre du bureau de la DekaBank
- Karlsruhe (Allemagne) : branche de la Savings Bank, membre du bureau de la DekaBank