Le projet du barrage d’Ilisu est extrêmement controversé à cause de ses impacts sociaux, environnementaux, culturels et politiques massifs. Les gouvernements d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse ont justifié leurs garanties de crédit à l’exportation pour le projet par 150 conditions attachées au projet afin de s’assurer qu’il respecte les normes internationales. Mais un rapport d’experts récemment publié (1)1 évaluant la mise en place de ces conditions confirme les préoccupations des ONG.
“Le rapport montre que tous les efforts réalisés pour amener le projet aux standards internationaux ont été vains jusqu’à maintenant. Depuis l’accord des garanties, aucune des conditions n’a été respectée et jusqu’à 78 000 kurdes risquent toujours de se faire déplacer de force sans plan de relocalisation ni de compensation financière acceptable”, dénonce Fidan Unlubayir, du centre culturel kurde de Paris.
Les autres problématiques ne sont toujours pas résolues concernant la concertation régionale avec la Syrie et l’Iraq, inexistante à ce jour et porteuse de conflits potentiels futurs ; l’enfouissement de sites archéologiques inestimables, au premier rang desquels la ville de Hasankeyf, vieille de 10 000 ans ; la dégradation des écosystèmes de la vallée du Tigre mettant en danger des espèces menacées comme la Tortue de l’Euphrate, ou encore le risque de santé publique causé par l’eau stagnante du réservoir et sa dégradation par sédimentation.
“Les gouvernements européens impliqués violent leurs propres obligations sur les crédits publics à l’exportation et cherchent à négocier de nouvelles échéances pour les prochaines étapes avec les autorités turques”, déclare Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre. “En réalité, le rapport révèle le fiasco des 150 conditions préconisées, et le laxisme inacceptable de ces gouvernements.”
Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, conclut : "Les gouvernements européens, les entreprises et les banques impliquées, au premier rang desquelles la Société Générale, doivent reconnaître que les normes internationales sont grossièrement violées et se retirer du projet”.
(1) Rapport disponible sur cette page
Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43
Les actions de protestation ont lieu en ce jour dans les villes suivantes :
Paris-La Défense (France) : siège de la Société Générale
Milan (Italie) : siège du groupe UniCredit, propriétaire de la Bank Austria Creditanstalt
Rome (Italie) : branche de la banque UniCredit
Berlin (Allemagne) : bureau du chancellier allemand
Stuttgart (Allemagne) : siège de l’entreprise de construction Zueblin
Francfort (Allemagne) : siège de la banque DekaBank
Hanovre (Allemagne) : branche de la Savings Bank, membre du bureau de la DekaBank
Karlsruhe (Allemagne) : branche de la Savings Bank, membre du bureau de la DekaBank




