
L’extraction des matières premières contenues dans les piles, cause d’importants problèmes sociaux et environnementaux. En effet, ses conséquences [1] sont néfastes sur la santé publique des communautés, les écosystèmes, la biodiversité, la dette écologique [2] (accroissement), et participent, dans une moindre mesure, à la marginalisation des peuples indigènes.
Les dangers du nickel extrait en Nouvelle Calédonie
La Nouvelle Calédonie représente environ 9% de la production mondiale de ce métal. L’archipel est reconnu par les scientifiques comme l’une des dix plus importantes réserves de biodiversité. Il est entouré d’une barrière de corail constituant le plus grand lagon du monde, hébergeant une grande diversité d’écosystèmes, notamment coralliens (atolls, platiers, fonds blancs, récifs barrière, alguerais, herbiers, mangroves, etc.).
La compagnie canadienne INCO Ltd envisage la construction une usine pour extraire le nickel et le cobalt du minerais latéritique près de la mine à ciel ouvert de Goro. La société et sa filialle française GORO Nickel SAS veulent utiliser le procédé controversé d’extraction « Pressure Acid Leaching ». L’usine produira des rejets atmosphériques de NOx et de SO2 respectivement trois et cinq fois supérieur à la norme légale (30% du NOx et 15% du SO2 produits dans le pays). Les déchets toxiques (chrome héxavalent, mercure, arsenic, etc.) seront rejetés dans l’eau sans tenir compte des dangers pour les pêcheurs kanaks du lagon.
Une fois de plus, l’extraction de ressources naturelles mène à de graves problèmes sociaux, sanitaires et environnementaux, sans que les intérêts des populations locales ne soient ni pris en comptes ni défendus.
La fabrication des piles et accumulateurs constitue également un danger pour l’homme et l’environnement. En effet, la manipulation des métaux lourds sans protection adéquate peut provoquer des problèmes de santé allant de simples nausées, étourdissements ou douleurs, jusqu’à des complications pulmonaires ou osseuses, voire même des cancers, en cas de fortes concentrations. Pour plus d’informations sur le cas concret d’ouvriers chinois intoxiqués : http://www.amisdelaterre.org
Mais la production des piles est surtout à l’origine d’une contamination de l’environnement par les métaux lourds qui se concentrent au fur et à mesure des absorptions dans la chaîne alimentaire (eau => plancton => poisson => herbivore => poisson => carnivore => homme...). En principe les usines doivent disposer d’installations d’épuration. La pollution est ainsi diminuée mais reste tout de même importante.
Les entreprises se défendent quant aux accusations liées à la toxicité de ces procédés et proclament qu’il n’existe pas de technologies de remplacement moins toxiques.
Plus de 1.000 ans pour disparaître !
Les composants des piles et accumulateurs sont hautement polluants et ne se dégradent pas. Ils peuvent commencer à se fragmenter après 50 années en pleine nature, mais leurs effets nocifs sur l’environnement demeurent pendant des centaines d’années.
Par ailleurs, et cela est au moins aussi important, la fabrication d’une pile nécessite énormément d’énergie : beaucoup plus (jusqu’à 50 fois) que celle qu’elle libèrera lors de son utilisation. Les piles sont, du point de vue énergétique, très peu rentables.
[1] D’après le document : « pour un arrêt progressif du financement par les institutions financières internationales des projets d’exploitation minière et d’extraction de carburants fossiles », janvier 2002, Friends of the Earth International.
[2] « On appelle « dette écologique » la responsabilité cumulée des pays industrialisés pour la destruction causée par leurs modèles de production et consommation », Aurora Donoso, Amis de la Terre/Action Ecologique (Equateur).