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Inauguration de l’oléoduc Tchad-Cameroun : Le pétrole coule, les populations subissent

16 juin 2004,
Communiqué de presse

CED-Amis de la Terre Cameroun, Yaoundé - Les Amis de la Terre-France.

L’oléoduc Tchad-Cameroun a été inauguré samedi 12 juin à Kribi par les présidents Paul Biya du Cameroun et Idriss Deby du Tchad. Cet acte marque officiellement la phase d’exploitation du pétrole tchadien par les multinationales Exxon Mobil, Chevron et Petronas. Présenté comme un modèle du genre en matière de développement et de réduction de la pauvreté, le plus grand projet de développement jamais réalisé en Afrique subsaharienne, l’oléoduc Tchad-Cameroun, est en fait loin d’avoir amélioré la qualité de vie des populations riveraines des deux pays concernés.


Le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), Les Amis de la Terre-Cameroun, n’a cessé de dénoncer tout au long des différentes étapes du projet - de la préparation à l’exploitation en passant par la construction - les nombreux manquements dont le projet est entaché. Au contraire du discours officiel, le CED, soutenu par de nombreuses ONG à travers le monde, dont les Amis de la Terre-France qui suivent ce projet de près depuis sa phase de préparation, s’est attaché à en montrer les dérapages et les insuffisances.

A l’heure où le consortium célèbre le début de l’exploitation du pétrole et déclare avec enthousiasme le succès de ses volets tant économique que social, le CED se voit obligé de rappeler qu’il subsiste de nombreux problèmes non résolus. Principalement, il souligne que les compensations individuelles, communautaires et régionales n’ont pas été complètes et satisfaisantes. Plusieurs riverains demeurent à ce jour dans l’attente, et malheureusement sans espoir d’être entendus à l’heure où le pétrole est déjà en train d’être exporté depuis le terminal pétrolier de Kribi. Les abus relevés en matière des droits des travailleurs n’ont pas été résolus, et jusqu’aujourd’hui de nombreux travailleurs continuent d’attendre que justice soit faite. Il en va de même en ce qui concerne la santé des populations locales, car le projet d’oléoduc recèle de nombreux scandales passés sous silence, tels qu’un développement incontrôlé de maladies telles le Sida, lié à la prostitution encouragée par les flux de travailleurs.

De ce fait, les Amis de la Terre-France s’associent au CED pour s’insurger contre toute la littérature propagandiste qui présente le projet pétrolier Tchad-Cameroun comme l’exemple parfait du succès par lequel la Banque mondiale peut contribuer au développement et la réduction de la pauvreté à travers les industries extractives.

En définitive, le CED est au regret de constater que de nombreuses populations locales sont aussi pauvres qu’avant, sinon plus. Des espoirs ont été déçus et des inquiétudes demeurent. C’est dire au moment de l’inauguration, que le Projet d’oléoduc Tchad-Cameroun s’inscrit dans la mémoire des Camerounais, non comme un projet de développement, mais comme un projet tout court servant les seuls intérêts égoïstes des multinationales étrangères.

Pour plus d’informations, voir le communiqué intégral du CED, sur le site www.amisdelaterre.org

Contacts

  •  Les Amis de la Terre France : Majda Bouchanine. Majda.bouchanine@amisdelaterre.org ou 01- 48 51 18 95
  •  Les Amis de la Terre Cameroun : Belmond Tchoumba. Tél : 237-9504531 / Edith Abilogo 237-9524905

    Communiqué de presse intégral du CED-Cameroun

    Ce communiqué fournit des éléments plus détaillés quant aux impacts du projet sur les populations et leur environnement