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J’agis ! Demandez à votre assureur d’arrêter de soutenir les énergies fossiles

Vous avez regardé la vidéo de Partagez c’est sympa sur la responsabilité des assureurs dans le dérèglement du climat et vous demandez comment agir ? Les Amis de la Terre France vous proposent d’interpeller votre assureur et de lui demander d’adopter des mesures d’arrêt de ses soutiens aux énergies fossiles, en commençant urgemment par le charbon et les autres énergies les plus dangereuses pour le climat et les populations. A chaque assureur des demandes sur-mesure, suivez le guide !

Il faut distinguer les gros des plus petits assureurs : si tous les assureurs sont des investisseurs, et donc investissent potentiellement dans les énergies fossiles, seuls les gros assureurs fournissent des assurances aux secteurs très risqués des énergies fossiles.

Quel que soit votre assureur, il est bon de lui rappeler qu’“il est urgent d’adopter des politiques de sortie des énergies : l’exploitation totale des réserves d’énergies fossiles déjà en cours d’exploitation nous mènerait à un réchauffement mondial de plus de 2°C, de même pour les infrastructures productrices d’électricité carbonée déjà existantes. Donc non seulement nous ne devons plus ouvrir de nouveaux projets d’énergies fossiles, mais nous devons engager la fermeture des infrastructures existantes.

S’il nous faut viser zéro fossile d’ici 2050 maximum, il ne faut pas attendre 2050 pour fermer toutes les infrastructures fossiles, mais il faut les fermer de manière juste et progressive en prenant en compte les droits des travailleurs et des communautés locales et en arrêtant d’abord les secteurs les plus destructeurs et émetteurs de gaz à effet de serre (comme le charbon, les sables bitumineux, le gaz de schiste et les terminaux de gaz naturel liquéfié, et enfin les forages en Arctique et en eaux très profondes).

Concernant le secteur du charbon, les pays de l’OCDE doivent avoir fermé toutes leurs centrales à charbon d’ici 2030 alors que les autres pays doivent les avoir fermées d’ici 2050. En vérité, il faudrait le faire plus tôt si nous voulons limiter le réchauffement non pas à 2°C mais à 1,5°C, ce qui est indispensable car 2°C implique un dérèglement du climat aux conséquences fatales pour des millions de personnes”.

En France, AXA est le seul assureur français à assurer les énergies fossiles. Un autre acteur français d’importance existe dans ce secteur : SCOR qui est un réassureur c’est à dire qu’il assure des risques déjà couverts par des assureurs.

Mais d’autres grands assureurs européens, également impliqués dans l’assurance aux énergies fossiles, sont présents en France, notamment Allianz et Generali. Mis sous pression, AXA et surtout Allianz ont pris des engagements très intéressants, mais Generali n’en a pris aucun et continue à assurer le charbon, notamment en Pologne.

Voilà ce que vous pouvez demandez à votre assureur s’il s’agit d’AXA, Allianz, Aviva ou Generali. Si votre assureur est AG2R La Mondiale, Groupama, la Maif ou la Macif, passez directement à la seconde partie !

=> Si vous êtes client d’AXA, demandez lui “de revoir sa politique charbon afin de s’inspirer des meilleures pratiques, notamment de la politique adoptée par Allianz, d’acter une exclusion de toutes les entreprises qui développent de nouvelles infrastructures charbon, et de s’engager à avoir une exposition nulle au charbon d’ici 2030 dans les pays de l’OCDE et d’ici 2040 ailleurs. AXA doit aussi arrêter d’assurer les entreprises qui développent de nouveaux projets dans le charbon et les sables bitumineux et s’engager à appliquer ses politiques climat à l’ensemble de ses filiales et à tous les actifs gérés par ses filiales. Enfin, le développement massif d’infrastructures gazières et notamment de terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié issu de gaz de schiste annihilerait nos chances de tenir les objectifs de l’Accord de Paris, AXA doit aussi dès maintenant adopter une politique d’exclusion de ces secteurs”.

=> Si vous êtes client de Generali, demandez-lui “de renforcer sa politique de désinvestissement en s’inspirant des mesures adoptées par Allianz pour acter une exclusion de toutes les entreprises qui développent de nouvelles infrastructures charbon, et s’engager à avoir une exposition nulle au charbon d’ici 2030 dans les pays de l’OCDE et d’ici 2040 ailleurs. Mais surtout, Generali doit immédiatement arrêter d’assurer les projets, nouveaux et existants, d’infrastructures charbon ainsi que les entreprises qui développent de nouveaux projets dans le charbon ”.

=> Si vous êtes client d’Allianz, demandez lui “de préciser dans sa politique charbon que si la date pour une exposition nulle au charbon est 2040 au niveau mondiale, elle doit être de 2030 pour tous les pays de l’OCDE. Allianz doit aussi arrêter d’assurer et d’investir dans es sables bitumineux”.

Aviva est un cas à part : l’assureur britannique, présent en France, n’assure pas le secteur du charbon, mais y investit et n’a pris des engagements que cosmétiques par rapport à ces pairs. Aviva prétend faire de l’engagement auprès des entreprises, c’est à dire utiliser de son pouvoir pour influencer les entreprises à changer. Or aujourd’hui, cette démarche n’a pas démontré de résultats significatifs.

=> si vous êtes client d’Aviva, demandez-lui “de compléter sa stratégie d’engagement d’une politique de désinvestissement comme l’ont fait ses concurrents européens, et de s’inspirer des mesures adoptées par Allianz pour acter une exclusion de toutes les entreprises qui développent de nouvelles infrastructures charbon, et s’engager à avoir une exposition nulle au charbon d’ici 2030 dans les pays de l’OCDE et d’ici 2040 ailleurs”.

Si vous êtes clients des assureurs français, d’AG2R à la Maif en passant par Groupama, CNP Assurances, MAIF, MAAF, GMF, MMA, ou encore d’un bancassureur (par exemple BNP Assurances, Crédit Mutuel Assurances, ou encore Predica, la filiale assurance de Crédit Agricole, etc), il faut savoir que ces assureurs n’assurent pas les multinationales ni les activités de production d’énergies fossiles. Cependant, ils gèrent beaucoup d’argent, levé par les primes d’assurance : en tant qu’investisseur, ils sont donc exposés aux énergies fossiles, tant qu’ils n’ont pas adopté de politiques d’exclusion du charbon, du pétrole ou du gaz.

En décembre 2017, la Fédération française des assurancesa déclaré prendre acte “de la volonté de ses membres de ne plus investir dans les entreprises qui ne renonceraient pas à leur plan de développement de nouvelles centrales à charbon” et appeler “ses membres à définir une stratégie d’investissement reposant sur l’évaluation de l’exposition de leurs portefeuilles au charbon et la définition de seuils d’investissement selon des critères de chiffre d’affaires et de mix énergétique charbon”. Tous les assureurs français sont donc attendus sur la question. Faisons le point.

Certains ont déjà adopté une politique sur le charbon : c’est le cas de CNP Assurance, MAIF, MACIF mais Groupama, les assureurs du groupe Covéa (MMA, MAAF, GMF) ou encore AG2R La Mondiale n’en ont adopté aucune. Les bancassureurs en ont adopté une, mais très insuffisante au regard des montants des actifs qu’ils investissent dans le charbon.

Si vous êtes client d’un de ces assureurs français, demandez leur “d’adopter une politique de désinvestissement en s’inspirant des mesures adoptées par Allianz pour acter une exclusion de toutes les entreprises qui développent de nouvelles infrastructures charbon, et s’engager à avoir une exposition nulle au charbon d’ici 2030 dans les pays de l’OCDE et d’ici 2040 ailleurs”.

Si vous êtes client d’un bancassureur, demandez lui “de renforcer sa politique de désinvestissement en s’inspirant des mesures adoptées par Allianz pour acter une exclusion de toutes les entreprises qui développent de nouvelles infrastructures charbon, et s’engager à avoir une exposition nulle au charbon d’ici 2030 dans les pays de l’OCDE et d’ici 2040 ailleurs”.

Pour en savoir plus sur les montants des investissements des assureurs français dans les entreprises qui construisent de nouvelles centraes, voir le rapport des Amis de la Terre Le charbon prend de l’assurance. Attention, ce rapport date de novembre 2017. Depuis, AXA a pris des engagements qui couvrent en partie ces entreprises.

A tous, demandez-leur de faire remonter l’information auprès de leur hiérarchie !

Et enfin, si même MAIF et MACIF n’ont pas adopté de politique charbon robuste, ce sont des plus petits assureurs beaucoup moins exposés aux énergies fossiles que les bancassureurs, AXA, ou dans une autre mesure Groupama et Covéa.

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