La centrale nucléaire de Belene (Nord de la Bulgarie) cumule des risques massifs et rédhibitoires :
Elle est située dans une zone sismique : en 1977, 120 personnes sont mortes dans un tremblement de terre à 14 km seulement du site ;
L’Etude d’Impact Environnemental a été fortement manipulée et ne tient pas compte des risques sismiques ; elle est actuellement en justice pour ses failles ;
Le type de réacteur choisi est un prototype russe, jamais été expérimenté et donc extrêmement risqué ;
Un tel type de réacteur ne serait très probablement pas autorisé à fonctionner en France.
Depuis 6 mois, plusieurs ONG dont Greenpeace, les Amis de la Terre et une coalition de 160 ONG dans 28 pays européens ont demandé à rencontrer BNP-Paribas. La banque n’a jamais daigné répondre, alors que onze banques internationales déclinaient le projet à cause de ses risques [2]. En mai, BNP-Paribas remportait l’appel d’offre pour financer la première phase du projet (250 millions d’euros). En réaction, les Amis de la Terre lançaient une cyberaction massive avec d’autres ONG : pas mois de 7000 personnes ont écrit à BNP-Paribas en une semaine, et plus de 60 000 ont été informées des agissements de la banque. Rompant avec sa politique de non-réponse, BNP-Paribas a fait parvenir un bref courrier aux pétitionnaires estimant qu’elle n’est pas impliquée dans le projet, et précise : « A ce jour, la décision de créer la centrale n’est pas encore prise et aucun choix technologique n’a été définitivement arrêté » [3]. Cette réponse est une grossière contre-vérité : lors d’une conférence de presse conjointe le 31 octobre 2006, l’entreprise d’électricité bulgare NEK et le Ministre bulgare de l’Energie avaient annoncé le choix de la technologie russe VVER 1000/B466 et des constructeurs (Areva NP et Atomstroyexport).
Sébastien Godinot des Amis de la Terre explique : « BNP-Paribas sort de son autisme et s’affole. Hier soir, à la veille de notre journée d’action européenne, elle a changé à nouveau de positionnement en nous proposant de rencontrer son directeur général. Nous apprécions cette ouverture, mais notons que c’est une nouvelle contradiction pour la banque qui affirmait il y a trois jours qu’elle n’était pas impliquée et qu’une réunion était donc inutile ! C’est un premier succès pour les associations et citoyens opposés au projet. »
Daniel Popov, du Centre d’Information et d’Education Environnementale (Bulgarie), présent à Paris pour l’action européenne, ajoute : « Le projet de Belene comporte d’énormes incertitudes technologiques et de procédure. Surtout, il ne répond à aucune nécessité énergétique en Bulgarie. Si BNP-Paribas souhaite investir dans notre pays, elle peut le faire conformément aux buts stratégiques de l’Union européenne en matière énergétique, c’est à dire dans les secteurs de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables ».
Si BNP-Paribas demeure impliquée dans Belene, la campagne s’intensifiera sans nul doute.
[1] Des actions contre BNP-Paribas sont organisées dans les pays suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, France, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg, Macédoine, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Russie
[2] Les banques ayant décliné le projet sont les suivantes : Société Générale / Komerncni Banka, Merril Lynch & Co, Morgan Chase, Credit Suisse / First Boston, Citibank, Lehman Brothers, Commerzbank, Deutsche Bank, Bayerische Landesbank, UniCredit / HVB / Bank Austria - Creditanstalt, KBC / CSOB.
[3] Lire la réponse de BNP-Paribas
Contacts presse
Les Amis de la Terre : Caroline Prak 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43
Centre d’Information et d’Education Environnementale (Bulgarie) : Daniel Popov (présent à Paris et francophone) +359 886 818 794 dpopov@ceie.org




