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Journée internationale d’action contre les barrages : la France co-responsable du plus grand déplacement forcé du siècle

14 mars 2003,
Par Sébastien Godinot

Communiqué de presse

Paris, le 14 mars 2003. A l’occasion de la Journée internationale d’action contre les barrages et pour les rivières, l’eau et la vie, les Amis de la Terre dénoncent l’implication de la France dans le barrage des Trois Gorges en Chine. Ils publient avec International Rivers Network le rapport « Chine : les droits humains noyés dans le barrage des Trois Gorges ».


Le barrage des Trois Gorges (Chine) est le plus grand projet hydroélectrique du monde. D’une capacité de 18 200 mégawatts, il déplacera 1,3 à 1,9 millions de personnes, noiera 13 villes et 4500 villages, engloutira 162 sites archéologiques dont certains parmi les plus importants de Chine. Son lac de retenue s’étendra sur 660 km de long. Le coût colossal du projet (25 milliards de dollars) a déjà dérapé officiellement de 44%. Selon certains experts, il pourrait finalement être trois fois supérieur aux prévisions.

La Banque mondiale et l’Agence d’assurance-crédit américaine ont refusé de participer au projet. Au contraire, les groupes français Alstom et BNP-Paribas, qui a prêté environ cent millions de dollars avec une garantie de la COFACE, l’agence française d’assurance-crédit aux exportations, sont impliqués dans les Trois Gorges.

Plus de 640 000 personnes ont déjà été déplacées. En avril 2003 commencera le remplissage du réservoir, qui entraînera de nouveaux déplacements forcés. Suite à une longue enquête dans la région, le rapport « Chine : les droits humains noyés dans le barrage des Trois Gorges » fait état de violations massives des droits humains envers les populations déplacées. Les promesses du gouvernement chinois de fournir emplois et terrains ne sont pas tenues. Les personnes déplacées doivent acheter des habitations à un coût très supérieur à la compensation qui leur a été offerte. La corruption est généralisée. La police a fréquemment utilisé la « force excessive » face aux protestations des villageois, et un climat d’intimidation règne. Aucun mécanisme de recours indépendant n’existe.

« Les entreprises et banques françaises impliquées, et le gouvernement qui garantit leurs activités, sont co-responsables des conséquences du barrage », estime Sébastien Godinot des Amis de la Terre. Ils doivent suspendre leur implication tant que les populations déplacées ne bénéficient pas de compensations correspondant au coût total de réinstallation, et de mécanismes de recours indépendant. Un suivi international des réinstallations doit être mis en place comme cela existe déjà pour la construction elle-même.

Pour plus d’informations :
Rapport Chine : les droits humains noyés dans le barrage des Trois Gorges, Amis de la Terre France / International Rivers Network, mars 03. Vous pouvez commander le rapport au prix de 4 € en appelant les Amis de la Terre au 01.48.51.32.22 ou en écrivant à france@amisdelaterre.org

Contact
Sébastien Godinot, Les Amis de la Terre : 01.48.51.18.92 / 06.68.98.83.41