Journée internationale d’action contre la Banque mondiale : « Libérez-nous des fossiles ! »

Paris, le 1er mars 2011 - Alors que la Banque mondiale s’apprête à publier une première version de sa nouvelle Stratégie Energie, les Amis de la Terre participent à une journée internationale d’actions contre les financements de la Banque aux énergies fossiles. De Paris à Johannesburg, en passant par Londres, Berlin, Rome ou Washington, les activistes se mobilisent dans la rue et sur internet pour dénoncer les financements massifs de la Banque mondiale à des énergies sales, notamment le charbon. Ces projets fossiles aggravent les changements climatiques et la pauvreté. Les Amis de la Terre demandent à la France de pousser la Banque mondiale à arrêter tout financement aux énergies fossiles et de recentrer ses activités vers le soutien aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique au profit des populations les plus pauvres.

A deux pas des Champs Elysées, devant le bureau français de la Banque mondiale, des militants habillés en prisonniers et enchaînés à des tas de charbon déploient une banderole « Libérez-nous des fossiles ! ». De faux banquiers aux mains noires de charbon interpellent les passants, essayent de leur vendre leur énergie sale, mais rentable.

Anne-Sophie Simpere, des Amis de la Terre, explique : « En 2010, la Banque mondiale a investi 6,6 milliards de dollars dans les énergies fossiles, soit une augmentation record de 116 % par rapport à l’année précédente. Plus de 4 milliards de dollars sont allés à des centrales à charbon, l’énergie la plus polluante. Les centrales financées aujourd’hui émettront des millions de tonnes de CO2 pour les 40 prochaines années : elles enferment les pays en développement dans des modèles énergétiques parfaitement insoutenables.  »

Alors que la Banque mondiale a pour mission la lutte contre la pauvreté, un récent rapport (1) démontre qu’aucun des projets fossiles financés par la Banque mondiale en 2009 et 2010 n’a amélioré l’accès à l’énergie des plus pauvres.

« Près d’un quart de la population mondiale n’a pas accès à l’électricité aujourd’hui. La pauvreté énergétique entrave le développement. Mais les méga projets financés par la Banque mondiale ne visent pas ces populations : ils servent le plus souvent à alimenter en énergie de gros projets industriels eux-mêmes très polluants.  » poursuit Laura Trevelyan, de l’ONG Christian Aid en Grande-Bretagne.

Par exemple, la centrale à charbon de Medupi, en Afrique du Sud, qui a reçu un prêt de plus de 3 milliards de dollars de la Banque mondiale en mai 2010, servira principalement à l’alimentation en électricité des activités minières de grosses multinationales comme Anglo American ou BHP Billiton, qui opèrent en Afrique du Sud. La centrale qui émettra environ 30 millions de tonnes de CO2 par an, est construite en dépit de l’opposition massive de la société civile sud-africaine.

« Le Parlement européen, a récemment adopté une Résolution ambitieuse sur la réforme de la Stratégie Energie de la Banque mondiale (2). Les députés souhaitent notamment à la Banque de mettre fin à ses financements aux énergies fossiles. Les Pays-Bas portent également cette demande. Aujourd’hui, nous demandons à la France, en tant qu’actionnaire de taille de la Banque mondiale, de soutenir cette position. »

Contact presse :
Caroline Prak, les Amis de la Terre -01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43

Notes  :
(1) Oil Change International, World Bank Group Energy Financing : Energy for the Poor ?, octobre 2010
(2) Parlement européen, Résolution sur la stratégie énergétique de la Banque mondiale pour les pays en développement, 17 février 2011

Photos de l’action -

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