Journée mondiale contre les mines : ici ou ailleurs, arrêtons d’en ouvrir de nouvelles !

Montreuil, le 22 juillet 2013 – Aujourd’hui, des communautés de nombreux pays se mobilisent à l’occasion de la journée mondiale contre les mines pour dénoncer leurs lourds impacts sociaux et environnementaux. Les entreprises françaises, telles qu’Eramet (1) ou Areva (2), sont parmi celles qui font des ravages depuis des décennies. Elles sont soutenues par le gouvernement français, préoccupé par la sécurisation de l’accès aux matières premières, et qui envisage même de relocaliser l’extraction avec la réouverture de mines en France. Les Amis de la Terre militent pour que cesse cette course en avant, pour le respect des droits des communautés, et pour changer profondément nos modes de production et de consommation.

Dans une note d’analyse publiée le 10 juillet (3), le Commissariat général à la Stratégie et à la Prospective s’inquiète de l’approvisionnement en métaux « critiques » des industries françaises. Au nom de la croissance et de la compétitivité, et agitant le spectre de la délocalisation, il recommande comme première mesure la recherche de gisements sur le territoire français et dans nos zones maritimes. Le ministère du Redressement Productif défend lui aussi cette stratégie : il envisage même dès maintenant l’ouverture d’une mine de cuivre, zinc, plomb, or, argent à Tennie dans la Sarthe, alors que les riverains souffrent encore du passif environnemental laissé par une mine d’or exploitée par Total il y a vingt ans (4).

Juliette Renaud, chargée de campagne sur les Industries extractives aux Amis de la Terre France, commente : «  L’accès aux biens naturels à un moindre coût semble être devenu la priorité des États et des entreprises multinationales, au prix d’impacts sociaux et environnementaux toujours plus élevés. C’est pour dénoncer cette situation que des communautés du monde entier se mobilisent aujourd’hui. Les Amis de la Terre demandent au gouvernement français de ne plus fermer les yeux et d’arrêter cette course en avant, en renonçant aux méga-projets miniers tels que la mine de Weda Bay en Indonésie ».

En effet, l’industrie minière est une des plus destructrices au monde, responsable notamment de déforestation, accaparement des terres, pollutions, maladies, répression, conflits armés (5). Cuivre, nickel, uranium, lithium ou encore terres rares : c’est aussi la face cachée du nucléaire, de la surconsommation de produits high-tech ou d’innovations soi-disant écologiques comme les voitures électriques. Tirée par cette demande croissante et par la spéculation sur les marchés financiers, l’industrie minière est aussi une de celle qui s’est le plus développée ces dernières années.

Selon Camille Lecomte, chargée de campagne sur les Modes de production et consommation responsables aux Amis de la Terre, « Ouvrir de nouvelles mines en France n’est pas une solution pour réduire les impacts environnementaux et sociaux de l’industrie minière, il faut en priorité mieux utiliser les ressources déjà prélevées ce qui signifie allonger la durée d’usage de nos biens qui contiennent des métaux, collecter les métaux en fin de vie et les réemployer ou les recycler. Aujourd’hui, nous en sommes loin : alors que nos téléphones et ordinateurs portables sont équipés depuis les années 1990 de batteries au lithium, seules 5% des batteries sont actuellement collectées et la première usine expérimentale de recyclage du lithium a été inaugurée en Allemagne en 2012. Depuis plus de vingt ans, ce sont les réserves de lithium comme de nombreux autres métaux qui s’épuisent faute d’une utilisation responsable. »

Pour Les Amis de la Terre, qui se solidarisent avec les populations affectées, cette journée mondiale contre les mines doit être l’occasion d’une prise de conscience par les gouvernements que le prix social et environnemental à payer pour extraire ces ressources est bien trop lourd. La priorité absolue doit être donnée au respect des droits des communautés locales, qui doivent être au centre des décisions, et à la protection de l’environnement. Un changement radical de nos modes de production et consommation est indispensable afin de réduire notre dépendance vis-à-vis de ces ressources.

Contacts presse : Camille Lecomte, Les Amis de la Terre France : 01 48 51 18 94 – camille.lecomte@amisdelaterre.org Juliette Renaud, Les Amis de la Terre France : 01 48 51 18 92 – juliette.renaud@amisdelaterre.org

Notes  :
(1) Les Amis de la Terre se sont mobilisés pour dénoncer les violations des droits des communautés indigènes par Eramet en Argentine et en Indonésie, ce qui a valu deux Prix Pinocchio à cette entreprise, en 2010 et en 2012.

(2) Après l’Afrique et en particulier le Niger, où les mines d’uranium d’Areva affectent la santé des populations locales, cette entreprise prévoit de nouveaux projets dans le grand nord canadien. Pour en savoir plus et signer la pétition, cliquez ici.

(3) Commissariat général à la Stratégie et à la Prospective, « Approvisionnements en métaux critiques (Note d’analyse 03 - Juillet 2013) »

(4) Les citoyens de Tennie se sont mobilisés hier contre l’ouverture de cette nouvelle mine. Par ailleurs, une pétition demandant l’abrogation de ce permis a été lancée aujourd’hui.

(5) Pour plus de détails, lire l’article « Le prix humain et écologique de l’industrie minière » sur le site des Amis de la Terre.

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