Le projet pétrolier et gazier de Kashagan est situé dans la mer Caspienne, au Kazakhstan, et vise à exploiter un des plus grands champs pétrolifère découverts dans les vingt dernières années. Alors que les premiers travaux préparatoires au projet ont déjà commencé, une coalition d’ONG incluant les Amis de la Terre viennent de mettre en évidence cette semaine les risques environnementaux et sociaux liés au projet dans un rapport présentant les impacts négatifs de Kashagan (1).
Alors qu’ENI, la compagnie pétrolière responsable des opérations sur le terrain, se refuse toujours à rendre publiques toutes les informations clés concernant les impacts du projet, la directrice de l’ONG écologiste kazhake Globus, Mme Galina Chernova, fait la démarche de venir rencontrer et informer les entreprises et institutions européennes impliquées dans ce projet. « Il est essentiel que les organisations potentiellement impliquées dans le projet Kashagan aient accès à des informations de première main, venant directement des populations directement affectées par le projet. Je ne comprends pas pourquoi la Société Générale refuse de me rencontrer, alors que je suis ce projet sur le terrain, dans mon pays, depuis plusieurs années », regrette-t-elle.
Les deux banques françaises participant à la coordination du financement international de ce projet, la Société Générale et BNP Paribas, se sont engagées à respecter les Principes d’Equateur, un ensemble de lignes directrices volontaires en matière de maîtrise des impacts environnementaux et sociaux des financements de projets. Dans cet esprit, si BNP Paribas a accepté de rencontrer Mme Chernova, il n’en va pas de même de la Société Générale dont l’équipe projet suivant Kashagan a refusé une telle réunion. « Alors que la Société Générale reconnaît elle-même la complexité du projet Kashagan et le fait qu’elle ne dispose pas de toutes les informations le concernant, elle se ferme elle-même à une source d’information directe ayant fait le déplacement depuis le Kazakhstan précisément dans cette intention. C’est lamentable », déplore Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre.
« Quand on considère les risques majeurs de ce projet démesuré (au moins 136 milliards de dollars), il est plus que regrettable que l’équipe de la Société Générale suivant le projet refuse le dialogue. C’est d’autant plus dommageable pour sa crédibilité que la Société Générale vient de signer les Principes d’Equateur dans lesquels sont clairement précisés les engagements de consultation des populations locales directement affectées par les projets de catégorie A de grande envergure, tel que Kashagan », conclut Sébastien Godinot, coordonnateur des campagnes aux Amis de la Terre.
(1) « Kashagan oil field development – extractive industries : blessing or curse ? », Collectif d’ONG, Décembre 2007
Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43





