
Les candidats à l’élection présidentielle sont invités à venir y clarifier – ou confirmer – leur position sur la mise en place d’un moratoire sur les cultures expérimentales et commerciales d’OGM en plein champ, à commencer par un moratoire immédiat sur le maïs MON810.
Ce moratoire sur les cultures d’OGM en plein champ correspond au souhait de 86 % des Français qui réclament une interdiction temporaire ou définitive des OGM (sondage CSA/Greenpeace, septembre
2006). Il est l’une des 24 propositions au regard desquelles L’Alliance pour la planète a attribué des notes aux candidats. Ce classement est disponible et actualisé sur www.lalliance.fr. Le moratoire a également été réclamé par les participants aux Etats généraux d’Orléans les 26 et 27 février, qui se sont engagés à diffuser massivement l’appel pour « un printemps sans OGM » auprès des élus et responsables de collectivités (à lire sur www.moratoirogm.fr).
En l’absence de certitude sur l’innocuité des OGM, un moratoire sur les cultures transgéniques en milieu ouvert constitue la seule et unique manière d’empêcher la contamination des cultures conventionnelles et bio, la dissémination des OGM dans l’environnement et leur introduction dans la chaîne alimentaire. En vertu de l’article 23 de la directive européenne 2001/18, la France a la possibilité de mettre en place une clause de sauvegarde spéciale sur le maïs MON810. Elle peut le faire immédiatement, sans attendre d’avoir transposé la directive – elle a déjà fait valoir cet article 23 en 2003, pour obtenir la prolongation de l’interdiction du colza OGM décidée en 1998.
Aujourd’hui, deux candidats seulement ne se sont pas encore engagés à mettre en place un moratoire sur les cultures d’OGM en milieu ouvert :
Nicolas Sarkozy. Le candidat de l’UMP se dit « sceptique sur les vrais avantages des OGM » mais il « n’écarte pas l’hypothèse qu’ils s’avèrent un jour vraiment utiles à la société ». Il est
favorable à l’expérimentation des OGM en plein champ, à condition qu’ « elle s’accompagne d’un encadrement strict et transparent ». Insuffisant pour l’Alliance, qui ne lui donne que 9/20.
François Bayrou. Dans son programme, le candidat de l’UDF affirme vouloir mettre en place un vrai débat « sous l’égide par exemple de l’Académie des sciences », « sur les effets réels des OGM ».
Or comment mener un tel débat sans prendre avant un moratoire et alors que l’on continue à cultiver des OGM en plein champ, et donc à polluer l’environnement ? L’Alliance ne lui attribue que 8,5/20.
A ce jour, tous les candidats ont bien accusé réception de l’invitation lancée par l’Alliance, sans toutefois confirmer qu’ils passeront sur le stand, au Salon de l’agriculture. L’Alliance rendra publiques
leurs réponses – comme leur silence.
Contacts :
Chantal Jaquet, L’Alliance pour la planète : 06 07 44 75 26
Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France : 06 07 57 31 60
Adélaïde Colin, Greenpeace France : 06 84 25 08 25