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Le secteur privé prend le contrôle sur la COP19 et le climat

Paris, le 7 Novembre 2013 - L’Union européenne veut étendre les marchés du carbone, au profit des plus grands pollueurs, lors des négociations sur le climat en Pologne (COP19 - Varsovie – 11 – 22 novembre), selon une déclaration signée par près de 140 groupes, mouvements et réseaux du monde entier, dont près d’une trentaine français (1). La déclaration dénonce la mainmise par le secteur privé sur la COP19, par ces mêmes entreprises qui veulent en tirer profit (2).

«  La Commission européenne et les escrocs du carbone, qui profitent du défaillant marché carbone européen, veulent sauver la mise en reliant les marchés existants, préfigurant un marché mondial du carbone » selon Tamra Gilbertson de Carbon Trade Watch (3).

Parmi les ’partenaires’ de la COP19, explique la déclaration, on trouve le groupe énergéticien polonais PGE, dont la centrale au charbon de Belchatow était le plus gros émetteur de CO2 et le plus grand bénéficiaire de quotas gratuits en 2012 (4). « La COP19 sera le cas le plus extrême de mainmise par le secteur privé sur la COP que nous n’ayons jamais vu » selon Belén Balanyà du Corporate Europe Observatory. « Le gouvernement polonais a accordé le statut de partenaire à onze entreprises privés, y compris celles qui accumulent quelques-uns des antécédents les plus préjudiciables pour le climat, tels que ArcelorMittal, le plus grand bénéficiaire du marché carbone européen, ou le constructeur automobile BMW, qui bloque les tentatives de l’UE pour réduire les émissions des voitures depuis des décennies ».

La déclaration met en évidence les liens entre le Ministère polonais de l’économie et l’industrie du charbon, qui organisent conjointement un Sommet mondial sur le charbon et le climat en parallèle des négociations de l’ONU. « La coopération entre l’industrie du charbon et le gouvernement polonais est flagrante », explique Maxime Combes de Attac France. « Ils ont rédigé un communiqué faisant la promotion du charbon comme une solution à la crise climatique. Le charbon est l’une des sources d’énergie les plus sales, alimentant le changement climatique ».

Plutôt que de promouvoir le charbon et les énergies fossiles, les pays de l’UE devraient rendre possible une transition juste vers une société post-fossile. Il est temps de mettre fin au marché carbone européen et aux autres tentatives visant à marchandiser la nature. Il est temps de laisser les combustibles fossiles et les ressources minières dans le sol. Il est temps d’entamer une véritable transition vers des solutions alternatives justes et menées par les populations.

Pour plus d’informations :
Maxime Combes, Attac France, (France – 0033 624512944)
Tamra Gilbertson, Carbon Trade Watch (Spain 0034 625498083)
Belén Balanyá, Corporate Europe Observatory (Netherlands 0031(0)6 33090386)
Lyda Fernanda Forero, Transnational Institute (Netherlands 0031(0) 685086340)

Notes :
(1) 4D, Agir pour l’environnement, Aitec-Ipam, Amis de la Terre France, Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist 47, Association taca, Attac France, Bizi !, CRID, Collectif 07 Stop au Gaz et Huiles de Schiste, Collectif ALDEAH, Collectif Basta ! Gaz Alès, Collectif Briard 77, Collectif Causse Méjean – Gaz de schiste NON !, Collectif citoyen Ile-de-France non aux gaz et pétrole de schiste, Collectif "gaz de schiste non merci" de Clapiers, Collectif "non gaz de schiste Florac, Collectif Pays Cigalois non aux gaz et pétrole de schiste, Collectif Stop gaz de schiste Anduze 30, Confédération paysanne, Coordination eau Ile-de-France, Fondation Copernic, Fondation Sciences Citoyennes, France Libertés, Générations Futures, Réseau sortir du nucléaire, Ritimo, Union syndicale Solidaires.

(2) Pour télécharger la déclaration en français, cliquez ici.

(3) Les discussions sur le Cadre pour des approches diverses (Framework for various approaches - FVA) serait la première étape permettant le commerce de droits à polluer provenant de différents systèmes (y compris les permis dangereusement créés en dehors de la convention climat) qui pourraient être utiliser pour accomplir les objectifs fixés par la Convention. Beaucoup de pays industrialisés y voient la première pierre d’un marché mondial du carbone.

(4) “EU ETS emissions dropped by 1.4% in 2012”, ENDS Europe, 2 avril 2013.

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