
L’agriculture bio a longtemps été considérée comme un produit marginal, réservé aux consommateurs les plus aisés. Mais elle pourrait en fait devenir déterminante pour le combat contre la malnutrition et pour l’environnement, estiment des chercheurs européens. C’est leur conclusion rendue à l’issue d’une conférence internationale organisée à Rome sous l’égide de l’ONU. Une conversion aux pratiques biologiques des agricultures conventionnelles à l’échelle industrielle, associées aux engrais et aux pesticides, pourrait dans un premier temps faire chuter les récoltes de 50%. Cette perspective a tenu l’agriculture bio à l’écart des débats sur la faim dans le monde, même si de telles conséquences sont souvent atténuées dans le temps. des chercheurs danois affirment cependant qu’un basculement vers le bio de la moitié des exploitations agricoles des régions exportatrices de produits alimentaires en Europe et en Amérique du nord d’ici 2020 n’aurait pas d’effets négatifs importants sur la sécurité alimentaire des pays de l’Afrique sub-saharienne.

La production alimentaire globale diminuerait, mais cette baisse ne serait pas aussi importante qu’estimée auparavant. Et la hausse des prix des produits qui s’en suivrait pourrait être compensée par l’amélioration de la qualité des terres et d’autres avantages liés à la culture bio. Une telle conversion au bio dans les pays d’Afrique sub-saharienne pourrait de son côté pallier la malnutrition dans la région en réduisant la dépendance aux importations, a déclaré le chercheur Niels HALBERG. De son côté, une experte de l’Agence Mondiale pour l’Alimentation (FAO) a déclaré que l’agriculture biologique avait la capacité de produire assez de nourriture pour toute la terre. Celle-ci "a le potentiel d’assurer un approvisionnement global en nourriture, comme l’agriculture conventionnelle aujourd’hui". Cependant, il ne s’agit pour l’instant que de simulation.
source : le Républicain Lorrain du 8/05/2007, page Société