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« L’autoconstruction est au cœur de cette maison »

31 octobre 2007,
Par Cyrielle Den Hartigh

Un chantier écologique

Gilles Le Moigne, 38 ans, vit aujourd’hui dans une HLM de Lodève, dans l’Hérault, avec sa compagne Fathia et leurs deux enfants Maël et Liam. Il était dessinateur industriel lorsqu’il a subi un accident de voiture en 2002 et s’est retrouvé en invalidité. À ce moment, se demandant comment réagir, il a commencé à réfléchir sur une façon de vivre plus en accord avec la nature. Un ami lui a alors conseillé de lire La Maison écologique.

Il portait depuis un certain temps le projet de construire son habitation, mais qu’elle soit écologique est devenu une évidence. Il voulait un endroit où l’on vive sainement et souhaitait léguer une belle maison à ses enfants. Il a mûri le projet pendant un an et demi, en lisant beaucoup. C’est le livre J’attends une maison (voir bibliographie en fin de dossier) qui lui a le plus apporté. « C’est ce bouquin-là qui m’a convaincu de construire en paille, nous précise-t-il. C’est le matériau le moins cher et l’un des plus isolant. »

La maison est située à St-Privat, dans le même département. Le chantier a commencé en 2005 et se développe au gré des possibilités financières et de la débrouillardise. Des volontaires venant de toute la région, encadrés par des gens aguerris, mettent « la main à la paille ».

Le terrain a fait l’objet d’une étude géobiologique et la construction a été dessinée selon les principes du bioclimatisme. Ainsi, le bâtiment est orienté au sud et revêt une forme compacte pour éviter les déperditions d’énergie.

Les fondations sont en béton de chaux et en pierre. L’ossature bois est érigée en douglas – ou pin d’Orégon – traité au sel de bore (traitement naturel) et provenant du Tarn. Le remplissage des murs et de la toiture est en bottes de paille – du triticale, un hybride blé-seigle non traité – récoltée à proximité. Les 25 m² de panneaux photovoltaïques sont mis en réseau pour produire l’électricité et seront amortis en sept ans. Les 5 m² de panneaux solaires thermiques apportent l’eau chaude sanitaire. L’appoint en eau chaude et chauffage est assuré par un four à bois. Le reste de la toiture est végétalisé, ce qui renforce l’isolation et permet une climatisation naturelle. La maison présente un diagnostic de performance énergétique de moins de 25 kWh/m²/an et sera rapidement autonome grâce aux énergies renouvelables.

« L’autoconstruction est au cœur du projet de cette maison », explique Gilles. Lui et son entourage se l’approprient doucement, vivent déjà avec elle. « C’est comme une longue gestation, où chaque détail a son importance. Les personnes qui donnent la main ne sont pas là par hasard. Elles aiment ce qu’elles font et apportent un peu d’elles-mêmes. Elle sera pleine de leur énergie. » Gilles précise : « Nous aurons des souvenirs de chacun d’eux à chaque étape de la construction. On sait qu’on s’y sentira bien, qu’on y dormira bien et qu‘une aura d’énergie positive nous traversera à tout instant. »