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L’entreprise Métal Blanc mise en examen

20 mai 1999,
Bourg-Fidèle (Ardennes, 08)

Paris, le 20 mai 1999

Monsieur J-Louis Bourson, PDG de l’entreprise Métal Blanc a été mis en examen par le juge Malardel, le 6 mai 1999 pour « mise en danger de la vie d’autrui, administration de substances nuisibles, rejets en eau douce de substances nuisibles ou toxiques et non-respect des mises en demeure administratives ».


Cette mise en examen intervient dans le cadre de l’instruction en cours suite aux plaintes avec constitution de partie civile déposées par certaines familles de Bourg-Fidèle (Ardennes) et l’association écologiste les Amis de la Terre France.

Depuis plusieurs années, des riverains de l’usine Métal Blanc, qui retraite des batteries de voitures, se plaignent de nuisances importantes (odeurs nauséabondes, bruit 24h/24) et souffrent de plombémie importante sans obtenir de mesures satisfaisantes par les dirigeants de l’entreprise et par les pouvoirs publics. Suite aux décès de bovins intoxiqués chez les éleveurs voisins de l’usine, et sous la pression de l’association de protection de l’environnement de Bourg-Fidèle, les services préfectoraux ont finalement réalisé des analyses sur les enfants de moins de 12 ans et sur l’environnement du site. Les rapports de la Préfecture des Ardennes ont ainsi révélé, en 1998, l’intoxication au plomb de 22 enfants du village (un enfant sur quatre).

En novembre 1998, le Ministère de l’Environnement a diligenté une mission d’inspection de l’entreprise Métal Blanc. Selon le rapport rendu public en février 1999, cette installation classée « présente des retards importants en ce qui concerne la protection de l’environnement ». Cette situation entraîne une contamination très élevée d’un périmètre autour de l’usine dans lequel se trouvent de nombreuses habitations. La rivière « La Murée », dans laquelle l’entreprise déverse ses rejets, est fortement polluée au plomb et au cadmium en aval.

D’autre part, le Ministère souligne que « la situation n’est pas non plus satisfaisante en ce qui concerne la protection des travailleurs ». Les mesures effectuées en 1998 ont montré des taux de plomb dans certains ateliers supérieurs de 3 à 24 fois la valeur limite d’exposition pour les salariés causant des plombémies et maladies professionnelles.

Par ailleurs, des pollutions et intoxications humaines au plomb d’origine industrielle ont été rendues publiques ces derniers mois dans plusieurs régions de France. Elles proviennent d’usines qui fabriquent ou retraitent des batteries de voitures dans les départements de l’Oise, du Loiret, du Rhône et du Gard. Les Amis de la Terre poursuivent leur inventaire national des sites industriels dont l’activité entraîne des risques de saturnisme.