L’huile de palme « durable » pousse à la déforestation

Seconde étude de cas d’une série sur les changements d’affectation des sols indirects et les émissions de gaz à effet de serre dues aux cultures énergétiques.

Les objectifs fixés par l’Union européenne pour l’utilisation d’agrocarburants entraînent une demande croissante en plantes comme la canne à sucre, le palmier à huile et le colza.

Cela provoque de très fortes pressions foncières sur la demande en terres agricoles. Là où cette expansion se fait aux dépens des forêts, des tourbières et d’autres écosystèmes riches en carbone, cela provoque une augmentation importante des émissions de gaz à effet de serre provenant du sol et de la végétation détruite. Cette expansion aux dépens d’écosystèmes naturels est souvent indirecte, car les plantes destinées aux agrocarburants ne sont pas plantées à la place de zones boisées, mais elles déplacent d’autres cultures ou pâturages vers les zones boisées. C’est une des raisons pour lesquelles, il est impossible de vouloir s’attaquer au problème de la déforestation par des systèmes de certification, car, par définition, ils ne fonctionnent qu’au niveau de l’exploitation agricole.

Les études scientifiques montrent clairement que les émissions dues aux changements d’affectation des sols indirects (CASI) peuvent annihiler les gains d’émissions de gaz à effet de serre éventuellement obtenus par l’utilisation d’agrocarburants. En fait, le bilan des objectifs fixés pour les agrocarburants par l’Union européenne pourrait se solder par une augmentation des émissions. Dans cette série d’exposés - qui examinent trois chaînes de déplacement d’activités agricoles - les Amis de la Terre illustrent la réalité des changements d’affectation des sols indirects et mettent en lumière la responsabilité de la politique des agrocarburants de l’Union européenne dans l’aggravation des changements climatiques. Pour ce faire, nous prenons l’exemple de la compagnie malaisienne d’huile de palme, Sime Darby, qui déforeste de nouvelles terres, afin de satisfaire partiellement la demande croissante en huile de palme « certifiée » pour les agrocarburants.

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