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L’obsolescence programmée s’invite aux présidentielles

A l’heure où nous écrivons ces lignes, sur 10 candidats aux élections présidentielles dont nous avons pu consulter les programmes disponibles, 5 mentionnent explicitement la lutte contre l’obsolescence programmée parmi leurs mesures environnementales, Yannick Jadot (Les Verts) avançait des propositions concrètes mais il a retiré sa candidature au profit de Benoît Hamon.

7 ans après le rapport des Amis de la Terre et Zero Waste France (ex- Cniid) « L’obsolescence programmée, symbole de la société du gaspillage », le sujet est bel et bien inscrit à l’agenda politique des candidat-e-s.

Benoît Hamon (Parti socialiste), ancien ministre de l’économie sociale et solidaire qui a défendu la loi consommation adoptée en 2014 contenant les premières mesures de lutte contre l’obsolescence programmée (notamment l’article D. 111-3 du code de la consommation relatif à l’obligation d’information du consommateur sur la durée de disponibilité des pièces détachées), prévoit de lancer « un plan Zéro Déchet qui comprendra (…) le combat contre l’obsolescence programmée via une incitation à réutiliser les matériaux et à faire de l’éco-conception. ». (source)

Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) prévoit les mesures suivantes : « - Allonger les durées de garantie légale des produits dans l’ensemble des secteurs industriels ;
- Planifier des taux croissants de réemploi des pièces détachées et de recyclabilité, et favoriser l’usage de produits recyclables (…) ;
- Favoriser l’usage plutôt que la possession, par l’encouragement des pratiques comme la location, le prêt ou la mutualisation (…) ;
- Financer la Recherche & Développement sur la réparabilité des biens de consommation ;
- Introduire de vrais objectifs de prévention dans les dispositifs de responsabilité élargie du producteur (REP), afin d’inciter réellement les entreprises à ne pas générer de déchets.
 ». (source)

Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste) quant à lui prévoit plusieurs dispositions pour lutter contre le réchauffement climatique, notamment la « fin de l’obsolescence programmée avec des produits durables, réparables et recyclables ». (source)

La candidate Charlotte Marchandise-Franquet (La Voie Citoyenne) défend les positions soutenues par les Amis de la Terre et s’engage à mettre en place la garantie à 10 ans. Son programme propose « d’étendre la garantie des produits électroménager à 10 ans et cela de manière obligatoire afin de :
- Soutenir et développer l’emploi dans le secteur de la réparation
- Diminuer considérablement la quantité de déchets produite chaque année
- Permettre aux consommateurs de faire des économies en achetant moins souvent des produits
 » (source).

Son programme va plus loin car elle prévoit la mise en place du scénario zéro déchets grâce à plusieurs mécanismes notamment l’allongement de la durée de vie et de l’usage des biens, la relance et le soutien au secteur de la réparation ou encore le développement de l’écoconception des produits. (source)

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) souhaite « Lutter beaucoup plus fermement contre l’obsolescence programmée : mettre enfin en place des contrôles et prendre des sanctions allant jusqu’à l’interdiction du produit sur le sol Français. » (source)

[Mise à jour] Enfin, Emmanuel Macron dont le programme a été révélé le 2 mars indique dans son programme que « Nous renforcerons la lutte contre l’obsolescence programmée en renforçant l’affichage de la durée de vie des appareils électroménagers. » (source)

Les autres candidat-e-s : François Fillon (Les républicains), Rama Yade (La France qui Ose), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et Marine Le Pen (Front national) n’ont pas de propositions spécifiques contre l’obsolescence programmée.

(c) de l’image Glenn Scott

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