Le reportage de Geo s’ouvre par une carte effrayante, illustrant les tensions géopolitiques majeures de la région, les périls écologiques, et les grandes lignes de faille et séismes graves sur le tracé de l’oléoduc.
Trois aspects sont mis en évidence par Geo : « des risques majeurs » environnementaux, « une zone explosive » du fait de sa population, et « un nouveau grand jeu » géostratégique au profit des Etats Unis. « Pour éviter les poudrières du Caucase, l’oléoduc BTC traverse des zones sismiques et des aires naturelles protégées. En jeu : l’influence américaine dans la région ».
Les victimes du projet ? « Chez les populations qu’ils ont rencontrées, cette nouvelle route de l’or noir charrie plus de colère que d’espoir ». En Azerbaïdjan, « Yagut Mamedov, 70 ans et son mari Rasid, se battent depuis trois ans pour obtenir la compensation financière que BP leur a promise. L’oléoduc traverse une de leurs parcelles de blés et de pommes de terre. « Nous n’avons pas touché un centime de BP ! » [...] « Cet oléoduc ne nous a apporté que du malheur ». « C’est en Géorgie que la contestation populaire est la plus forte. Pas un village où les femmes, en jupe de laine et fichu noir, armées de fourches, n’aient tenté de bloquer le passage des camions ». En Turquie enfin, « si certains villageois, le long du tracé, se disent mécontents, ils se gardent de le crier. En Turquie, l’Etat est plus fort. La gendarmerie, omniprésente ».
Les bénéficiaires ? Les intérêts géostratégiques des Etats Unis et les consommateurs des pays riches : « vous, moi, à qui ce pétrole est destiné ... » Et bien sûr les multinationales impliquées, dont Total, BNP-Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Natexis Banque Populaire, Dexia...
Selon Sébastien Godinot des Amis de la Terre, qui suit le projet depuis trois ans, « ce reportage met bien en évidence l’aspect principalement géopolitique du projet, et combien les questions de développement ne sont qu’un habillage mis en place notamment par la Banque mondiale ».
Ainsi, la journaliste Hélène Constanty conclue : « D’un côté, il y a des compagnies pétrolières au pouvoir immense. Elles sont richissimes. Elles ont des équipements ultramodernes. Elles déploient des moyens gigantesques pour approvisionner l’Europe en pétrole. Et de l’autre, il y a des populations qui n’ont rien. [...] Il n’y a pas de routes. Tout est fait à la main. Le décalage est colossal. BP devait aider des associations de villageois, " faire un peu d’humanitaire". Malheureusement, les moyens déployés ont été dérisoires. BP a offert des machines à coudre pour que les femmes confectionnent des gants et des uniformes à leurs maris employés sur le pipe-line. » [1]
Pour en savoir plus :
Voir http://www.amisdelaterre.org/rubrique.php3?id_rubrique=145 et http://www.baku.org.uk/
Contact presse :
Sébastien Godinot, Les Amis de la Terre, 01 48 51 18 92 / 06 68 98 83 41




