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L’opposition au projet d’interconnexion gazière STEP s’intensifie

Perpignan, lundi 22 janvier - 50 militants ont profité de la réunion de clôture de la concertation publique sur le projet STEP [1] pour exprimer leur opposition à ce projet d’interconnexion gazière entre la Catalogne et la France, jugé inutile et incohérent face à l’urgence climatique.

Depuis la fin du mois de novembre 2017, l’opérateur de réseau TIGF parcourt les Pyrénées orientales et l’Aude pour mener, à l’aide de la Commission nationale du débat public, la concertation publique sur le projet d’interconnexion gazière STEP. Ce projet de gazoduc enterré d’une longueur de 120 km de long entre Barbaira et Le Perthus vise à créer une nouvelle interconnexion entre les réseaux de gaz français et espagnol.

Première brique d’un projet d’interconnexion plus large nommé Midcat, STEP est hautement controversé des deux côtés de la frontière. C’est l’aberration financière et climatique que constitue ce projet que 50 militants du collectif contre le gazoduc transfrontalier ont voulu souligner lors de la réunion de clôture de la concertation à Perpignan : "Le processus de concertation est biaisé, notamment car le périmètre de discussion est très restreint. La discussion sur l’opportunité du projet est évitée, il est seulement question du tracé que pourrait emprunter le gazoduc. Or il est impératif de rappeler que ce projet est inutile et totalement incohérent avec le besoin urgent d’enclencher la transition énergétique vers les énergies renouvelables, l’efficacité et la sobriété énergétiques." témoigne Eric Leballier du collectif contre le gazoduc transfrontalier.

Accompagnés d’un pipeline gonflable géant, les militants ont souligné que leur lutte s’inscrit dans un mouvement plus global de résistance contre les projets d’infrastructures gazières qui fleurissent partout en Europe. "Ce projet est le symbole de l’entêtement de l’Union européenne à construire de nouvelles infrastructures gazières, peu importe leur impact sur le climat et leur non-rentabilité." ajoute Cécile Marchand, chargée de campagne climat et acteurs publics aux Amis de la Terre. La Commission de Régulation de l’Energie a déjà manifesté ses doutes sur l’intérêt d’un tel projet dans un rapport de juin 2016. [2]

Le soutien de la Commission européenne à ce projet se traduit concrètement par l’obtention du statut de "projet d’intérêt commun", ouvrant la voie à des financements publics conséquents. "TIGF a déjà reçu plus de 4 millions d’euros venant de fonds européens pour financer des études préalables et la concertation publique. Il est temps d’arrêter les frais avant que ce soit trop tard. Le gouvernement français doit enfin se positionner contre ce projet du passé et tenir tête à l’Espagne qui fait pression pour sa réalisation." complète Cécile Marchand.

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