
Projection-débat au marlymages, 1 rue de metz à Marly, le 7 mai 2007 à 20h15.
La projection a déplacé plus d’une centaine de personnes qui sont venu voir la face caché de l’agro-industrie et de notre société de consommation.
Le débat qui a suivi a fait ressortir les points forts du film et a permis de montrer que les choix des consommateurs avaient un rôle important. Quelques exemples concrets en lorraine ont été sité.
Trois questions au réalisateur Erwin Wagenhofer
- On attend d’un documentaire qu’il montre la vérité ? Est-ce seulement possible ?
Je ne sais pas exactement ce qu’est la vérité. S’il y a 6,milliards d’individus sur la Terre, alors il y a 6 milliards de vérités. Chacun a sa vision des choses et c’est bien comme ça. Je suis un fan du subjectivisme. Et j’apprécie avant tout l’authenticité. J’aime quand les gens sont authentiques. Seuls les gens vraiment authentiques sont vraiment intéressants.
- En quoi Peter Brabeck, le patron de Nestlé, que vous avez interviewé pour les besoins du film, est-il à ce point représentatif de son époque ?
Il est le symbole de son temps : le temps du profit à tout prix ! "Capitalisme prédateur" comme Jean Ziegler [l’auteur de l’indispensable L’EMPIRE DE LA HONTE, Fayard 2005] le nomme. Si nous retournons en Espagne dans 20 ans, et que nous voulons retrouver ce que nous y avons filmé, on ne verra plus grand chose parce que le but aura été atteint, et que les prédateurs auront trouvé entre temps un autre endroit pour s’installer, pour produire - c’est le fond du problème - des tomates encore moins chères qu’en Espagne. Des tomates ou des concombres. Ou n’importe quoi d’autre. Il ne s’agit pas de dire si la globalisation est bonne ou mauvaise mais plutôt, de poser la question suivante : "Comment faire avec ?".
- Votre film est-il porteur d’un message ?
Nous sommes la société civile. Nous sommes consommateurs, nous allons dans les supermarchés, nous devons manger pour vivre, chacun de nous doit faire ses courses et peut les faire où il le préfère : tel est notre pouvoir ! Nous n’avons pas besoin d’avoir des tomates ni des fraises à noël ! Nous n’avons pas besoin qu’on leur fasse parcourir 3 000 kilomètres jusqu’à nous. Nous n’avons pas besoin que nos animaux d’élevage mangent les forêts primitives humides du Brésil et de l’Amérique du Sud. Et si ce n’est pas nous qui agissons, qui agira à notre place ?
Le livre est parut chez Actes Sud l’essai, Le marché de la faim
cliquer ici pour aller sur le site :