The European Investment Bank in the South. In whose interest ? évalue les conséquences en matière de développement mais aussi les conséquences environnementales et sociales des opérations de la BEI en Afrique, en Amérique latine et en Asie et présente huit études de cas [2] de projets controversés financés par la BEI en Zambie, au Tchad, au Cameroun, au Brésil, au Mexique, aux Philippines, en Indonésie et au Laos dans des domaines aussi divers que l’extraction minière, le pétrole, l’industrie de la pâte à papier, la privatisation de l’eau ou les grands barrages hydroélectriques.
L’initiative de la Commission européenne pour le lancement du fonds conjointement avec la BEI exprime également le souhait de voir aboutir sa mise en place pas plus tard que juin 2006. Suite au lancement qui intervient demain, l’exécutif de l’Union européenne et la BEI vont devoir discuter avec les ministres européens pour les convaincre de contribuer au fonds, bien que la presse ait fait mention des doutes émis par certains Etats membres quant au nouveau fonds.
Jaroslava Colajacomo résume : « Notre rapport démontre qu’il manque une stratégie liée au développement dans les opérations de la BEI au Sud et que ses financements sont davantage dirigés vers le soutien de grandes compagnies dans des secteurs du type industries extractives ou privatisation des services de l’eau plutôt qu’au service de la réduction de la pauvreté ou des normes environnementales. Nous proposons aussi des recommandations pour des changements impératifs au sein de cette institution et sur le rôle de supervision et de mise en cohérence qui revient à la Commission et au Parlement. »
Selon Gabriele Zimmer, membre du Parlement européen : « Aucune des études de cas détaillées dans ce rapport, par exemple celle relative à l’investissement de 1,25 milliard de dollars US pour une usine de pâte à papier au Brésil, ne répond aux Objectifs de Développement du Millénaire ou au Consensus européen sur le développement. Cela signifie que les Etats membres, s’ils étendent le mandat de la BEI pour en faire la banque de développement de l’UE, devront équiper cette institution des outils -procédures et expertise- lui permettant d’intervenir en tant que telle. Vienne ne pourra pas fermer les yeux sur notre demande le temps de sa présidence. »
Pour Magda Stoczkiewicz, du Réseau CEE Bankwatch : « La BEI est une institution qui, ayant pour l’instant une approche basée sur le client, a tendance à financer des projets où les retours économiques sont garantis. La Commission veut faire de la BEI une sorte de ‘Banque mondiale’ européenne, mais cette institution va devoir subir de profonds changements s’il lui est demandé d’avoir des résultats positifs en matière de réduction de la pauvreté et de protection de l’environnement. »
Luisa Morgantini, membre du Parlement européen, a déclaré : ’« La crédibilité globale de l’UE sera en jeu si la BEI, plus grande banque publique au monde, néglige les principaux objectifs et stratégies de développement européens au titre de ses activités de prêt à l’Afrique. La Commission et le Conseil doivent maintenant s’appliquer à introduire une logique de développement parmi tous les instruments financiers européens, comme cela a été recommandé par le Comité de Développement du Parlement européen l’année dernière. »
Longgena Ginting, des Amis de la Terre international, ajoute : « Dans mon pays d’origine, l’Indonésie, la BEI a investi entre autres dans des projets de privatisation de l’eau. Ce type de projet n’a rien fait pour améliorer la qualité du service, mais a engendré une augmentation du prix de l’eau pour les ménages indonésiens. »
Contacts presse :
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Jaroslava Colajacomo : + 39 338 327 9035
Antonio Tricarico, CRBM : +39 328 848 5448
Magda Stoczkiewicz, Réseau CEE Bankwatch : +32 475 86 7637
Longgena Ginting, Amis de la Terre international : +31 6 188 463 65
Hanna Ellis, Friends of the Earth : +44 (0) 7952 876 929
Klaus Schilder, Weltwirtschaft, Ökologie & Entwicklung (WEED) : +49 (0) 177 4341 642
majda.bouchanine@amisdelaterre.org
[1] Des exemplaires du rapport peuvent être téléchargés à partir du 8 février 2006 sur : www.foei.org/publications/pdfs/eibinthesouth.pdf www.bankwatch.org/documents/eib_in_south_3.pdf
[2] Le rapport comprend des études de cas sur les activités minières en Zambie (par Peter Sinkamba de Citizens for a Better Environment, Zambie), le projet d’oléoduc Tchad Cameroun (par Korinna Horta, de Environmental Defense, Etats unis), le projet Mexico Volkswagen (par Domitille Delaplace, de Equipo Pueblo, Mexique), le projet Mexi-gas (par Domitille Delaplace, de Equipo Pueblo, Mexique), le projet Veracel Pulp Mill au Brésil, (par Chris Lang, de World Rainforest Movement), la privatisation de l’eau à Jakarta (par P. Raja Siregar de WALHI/ Friends of the Earth Indonésie), la privatisation de l’eau aux Philippines (par Mae Buenaventura et Bubut D. Palattao, de Freedom from Debt Coalition, Philippines) et le barrage Nam Theun II au Laos (par Gary Lee de TERRA, Thailande).