Les AMIS DE LA TERRE ont vu leur constitution de partie civile déclarée recevable dans le dossier des braconniers à l’échelle industrielle du MONT SAXONNEX. Cette affaire de braconnage à grande échelle, organisée d’une manière militaire avec des moyens considérables selon les photographies publiées dans la presse devra donner lieu à un procès exemplaire, mettant en exergue toutes les complicités qui ont pu permettre à un tel réseau d’exister apparemment depuis une longue période.
CRANVES SALES
Les AT ont saisi en référé le Tribunal d’instance d’ANNEMASSE afin d’obtenir la remise en état des parcelles cadastrées section E sous les n° 758, 781 et 782 sur le territoire de la Commune de CRANVES SALES et d’autre part, de leur allouer une provision pour un montant de 10.000,00 € en réparation des préjudices subis par les fautes commises sur ces terrains en bordure de la rivière la Menoge.
Ils ont été utilisés pour y déverser les déchets produits par une activité professionnelle consistant à la création, d’espaces verts, leur entretien, mais aussi des travaux de maçonnerie, des clôtures et des pavage. Dès le 5 juillet 2004, la Mairie de CRANVES SALES constatait sur ce terrain « un versement d’objets divers (...) autres que des déchets verts (bidons, ferrailles, gravats) » ; mais aucune mesure de remise en état n’a eu lieu.Le 29 août 2005, la situation restant inchangée, M. le Maire demandait au propriétaire de procéder au nettoyage de ce terrain tout en constatant à nouveau « des dépôts d’objets divers tels que moteur de machine, bidons, ferraille, gravats » et l’enjoignant de nettoyer le site avant le 12 septembre 2005. Le 7 novembre 2005, M. le Maire écrivait encore à M. le Préfet que « le site restait à nettoyer des dépôts précités (...) ».
Il est temps de faire cesser cette situation parfaitement illégale.
L’échec du Forum mondial de l’eau
Montreuil - Mexico City le 22 mars 2006. A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau des Nations-Unies, des acteurs de la société civile voient dans la déclaration finale du Forum mondial de l’eau une preuve de l’incapacité du Forum à résoudre la crise mondiale.
Pour Anil Naidoo, de Blue Planet Project, « le caractère creux de cette déclaration finale se manifeste par l’absence de principes fondamentaux, particulièrement la reconnaissance et la mise en oeuvre du droit humain à l’eau ».
Cette incapacité à proposer des solutions concrètes n’a rien de surprenant, dans la mesure où le Conseil Mondial de l’Eau, à l’initiative du Forum mondial, est là pour promouvoir la gestion de l’eau par le secteur privé. La société civile demande que ce Forum mondial de l’eau soit remplacé par un processus onusien. D’après Vicky Cann, de World Development Movement, « les organisateurs du Forum, tels que le Conseil Mondial de l’Eau et la Banque mondiale, sont déterminés à maintenir la promotion de la gestion par le secteur privé. Il n’y a pas eu d’évaluation sérieuse des échecs de la privatisation, et les pays pauvres continuent d’être à la merci des Institutions Financières Internationales (IFI) et de leur agenda proprivatisation ».
Malgré la volonté des organisateurs du Forum et du gouvernement mexicain de couper court au débat, de profondes divergences entre les Etats apparaissent. Certains Etats latino-américains remettent en cause le consensus, en exprimant leur préoccupation face à l’inclusion de l’eau dans les traités de libre-échange.
A l’inverse de cette déclaration finale du Forum mondial de l’eau bien vide de sens, les évènements parallèles organisés par la société civile tout au long de la semaine passée ont abouti à des propositions concrètes pour atteindre l’Objectif du Millénaire pour le Développement relatif à l’eau. Ils soulignent l’importance d’une reconnaissance et de la mise en oeuvre effective d’un droit humain à l’eau assuré par des services gérés publiquement, et demandent un soutien des gouvernements aux partenariats publicspublics.
Majda Bouchanine des Amis de la Terre France conclut : « Il est temps que les gouvernements et les bailleurs ouvrent les yeux sur la nécessité de soutenir l’émergence, au Sud, de service publics de l’eau efficaces sans but lucratif ».
Un nombre croissant de gouvernements du Sud s’appliquent déjà à développer d’ambitieux programmes publics d’accès à l’eau. Aujourd’hui même, l’Argentine annonce renoncer au modèle de partenariat public-privé de la dernière décennie et se tourne vers des réformes publiques innovantes.
La Baleine des Lacs - n°22- 27 Mars 2006