Autoroute A 41 : Un dinosaure pour le 21° siècle ?
Construire une autoroute nouvelle en pleine montagne, dans un secteur déjà affecté par une pression foncière galopante et des prix de l’immobilier vertigineux, au moment où chacun s’accorde à vanter le « developpement durable » et donc la nécessité de basculer de la route vers le rail a un côté écologiquement ringard et socialement méprisant. Ouvrir aux riches genevois la possibilité de venir résider plus facilement à ANNECY, permettre aux communes de multiplier les zones artisanales et les lotissements grâce à l’échangeur de COPPONEX, c’est un mauvais coup pour les espaces naturels et agricoles, mais ce l’est également pour les classes moyennes et populaires d’ANNECY et de l’agglomération. Cela ne bénéficiera qu’aux promoteurs et au fric !
Le coût de l’arrêt des travaux :
Depuis 1997, Bernard ACCOYER et son « CODESTAN » essaient de faire croire que l’arrêt des travaux en 1997 a coûté aux contribuables : il n’en
est rien. C’est l’ATMB qui a financé et qui revend maintenant au « prix coûtant » à ADELAC. Le contribuable n’a rien à voir avec cela. C’est
une opération blanche.
L’occasion a été manquée en 1994 de contester à la fois l’A 41 et l’A 400 puisqu’il s’agissait du même projet pour « désenclaver » la HAUTE SAVOIE. L’A 400 a été annulée par le Conseil d’Etat, l’A 41 n’a pas été contestée à ce moment-là. Elle aurait dû l’être tant les conséquences environnementales, paysagères et économiques de cette infrastructure seront néfastes. Mais la mobilisation n’était pas là et le projet a avancé malgré les incongruités juridiques auxquelles Bernard BOSSON a donné son blanc seing en tant que ministre des Transports de BALLADUR. Pour ne donner qu’un aperçu, l’acte de concession entre l’ATMB et l’Etat n’a jamais été signé avant le début des travaux. Il y avait simplement une lettre d’intention du Ministre PONS à CHARDON pdt de l’ATMB ! Travaux arrêtés suite à ces irrégularités et à un avis du Conseil d’Etat particulièrement clair : l’adossement de l’A 41 à l’ATMB en échange de la prolongation de la concession du Tunnel du Mont Blanc était illégal au regard du droit européen.
Voilà que le projet repart, cornaqué par BOUYGHES, bien connu pour avoir construit le Pont de l’Ile de Ré, alors que la déclaration d’utilité publique (DUP) était annulée...
Des associations (APRA 41, APEC, ADPIMS, Amis de la Terre), se mobilisent pour obtenir une nouvelle enquête publique : 12 ans après la première DUP et deux renouvellements, ce ne serait que démocratie, alors que la FRANCE a paraphé la Convention d’AARHUS qui a pour objectif de développer la consultation sur les projets d’aménagement... Mais le Préfet refuse. Donc elles ont saisi le Tribunal administratif qui évoquera le dossier le 2 octobre.
En effet, entre le projet de 1994 et celui de 2006, les différences sont sensibles.
Mais l’Etat ne s’arrête pas là : il a pris des « engagements » en 1995 qui ont donné lieu à un recueil précis. Donnons quelques exemples de sa duplicité. Ainsi, la commission des sites devait donner un avis sur l’aménagement du PONT de la CAILLE : elle n’a pas été consultée...
Les « zones de matériaux excédentaires » devaient être présentées globalement : c’est là que le concessionnaire veut stocker ses déblais. ADELAC négocie directement avec les agriculteurs des « conventions d’occupation temporaires » qui deviendront définitives... tandis que les ZME prévues sont abandonnées..
Une étude hydrogéologique de 1989 interdit toute « entaille » dans la montagne sous peine de condamner le captage de la DOUAI qui alimente en eau potable tous les habitants de la communauté de communes de CRUSEILLES : qu’importe, on fera payer les contribuables annéciens par une simple délibération du Bureau de l’agglo sans aucun débat public : 2 millions d’euros de nos impôts locaux pour que BOUYGHES puisse saloper le captage de la DOUAI !
« Est-il d’utilité publique que l’Etat viole les engagements de l’Etat ? »
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Un accident nucléaire majeur passé sous silence
Le 25 juillet 2006, à cause d’un court-circuit qui a provoqué le balack-out d’un réacteur à FORSMARK en SUEDE : le réacteur n°1 a été stoppé d’un seul coup en raison de la coupure de courant. Tous les écrans de la salle de contrôle se sont éteints simultanément : les opérateurs se sont retrouvés sans les commandes face à un réacteur incontrôlé et incontrôlable. Une seule solution pour éviter la fusion du coeur : mettre en route les 4 générateurs de secours pour alimenter en électrivité les pompes de refroidissement du réacteur. Mais aucun n’a démarré spontanément comme il aurait dû lef aire dès qu’une panne de l’alimentation extérieure survient. 2 démarrèrent après un temps de latence que l’on ne connaît pas, 2 autres n’ont pas répondu. Le niveau de l’eau dans le circuit primaire a baissé de 2 mètres après l’échauffement du coeur, et la pression a dégringolé à 12 bars alors qu’elle doit toujours être supérieure à 70 bars. Il faudra 23 minutes à l’équipe en place pour finalement arriver à relancer manuellement les 2 générateurs de secours. Pendant ces 23mn, l’équipe ne saura rien de l’état réel du réacteur !
La suite dans le n°32 de septembre 2006 de « sortir du nucléaire » 9 rue Domenge 96317 LYON cedex 04 ou sur le site internet http://sortirdunucleaire.fr
CALENDRIER
Samedi 30 septembre : visite de TERRE VIVANTE à MENS (38) covoiturage à 8h30 derrière la CFDT 29 rue de la crête 74960 CRAN GEVRIER. Cet endroit vaut le détour et il y a ce jour-là une animation spécifique sur l’éco-habitat.
Jeudi 5 octobre à 19 heures : réunion ordinaire mensuelle des AMIS DE LA TERRE, CFDT 29 rue de la crête 74960 Cran Gevrier
Jeudi 12 octobre à 19.30 à la mairie de Cluses, débat avec Dany DIETMANN, maire de MANSPACH en ALSACE, commune qui a réduit la production de ses déchets de 75% pour lutter concrétement contre le gaspillage et l’incinération, alors que le projet de second four à MARIGNIER est toujours dans le plan départemental d’élimination des déchets de la HAUTE SAVOIE : un animateur de débat hors pair et des prpositions concrétes à la portée de tous les élus qui se donneront la peine d’aller assister au débat.
Loi littoral : les reculades de l’UMP et la force de la mobilisation
Nous sommes peu habitués dans ces colonnes à féliciter l’UMP. Pourtant l’initiative « Le lac en partage » doit être saluée comme elle se doit : 2.000 tracts d’information distribués, 1.600 signatures recueillies rien qu’à ANNECY , des discussions cordiales et un soutien de tous : Merci Pierrot et Nanard ! Bien entendu, diront les mauvaises langues, ce n’était pas l’objectif de Pierre HERISSON. Mais quand même, offrir à ses opposants une pareille tribune révèle un esprit ouvert et un altruisme à toute épreuve. Ou alors, une fois de plus, l’UMP ne nous a pas cru capables de nous mobiliser sur chaque ponton ? Que l’on allait laisser faire cette imposture sans réagir ? A vous de choisir la version que vous préférez. En tout état de cause, redoutant le référendum voté début septembre par les élus annéciens, le préfet déclare tout à coup qu’il n’y a plus aucune urgence à consulter les communes sur le « trait » entre loi littoral et loi montagne. Et les maires du tour du Lac, itou pareil ! En clair, ils vont attendre les élections de l’an prochain. En tous cas la mobilisation a permis d’obtenir un premier recul. Ce n’est pas une raison pour s’endormir sur nos lauriers : toujours plus de signatures et toujours plus de bruit sur cette affaire.
A noter que l’association nationale des élus de montagne a eu la brillante idée de soutenir la modification de la Loi. Elle est actuellement présidée par François BROTTES député PS de l’Isère. Camarades socialistes, rappelez le vite à l’ordre ! On peut tous s’y mettre en lui adressant un courriel lui rappelant gentiment qui est à l’origine de ce texte et quels sont ses dangers : francois.brottes@wanadoo.fr
La Baleine des Lacs - n°31- 25 SEPTEMBRE 2006