LES REFUGIES CLIMATIQUES
Les images de ces africains embarquant sur des esquifs pour risquer leur vie en pleine mer, ou se jetant sur les clotures des enclaves espagnoles au MAROC ne peuvent nous laisser indifférents. Peu de journalistes conduisent la réflexion au-delà de ces images choc. Et pourtant, derrière ce flux migratoire incontrôlable se cache la dégradation de l’environnement en AFRIQUE et le pillage des ressources halieutiques par les navires usines au large des côtes du Sénégal et de la Mauritanie, ou la sécheresse qui oblige à la migration vers la ville. La revue ALTERMONDE(n°7), revue de solidarité internationale éditée par des associations de solidarité avec le SUD fait le point sur cette question essentielle (14 passage Dubail 75010 PARIS). Loin de la démagogie populiste de SARKOSY c’est par une politique ambitieuse de développement soutenable au Sud que l’on pourra s’attaquer aux racines de l’immigration clandestine. Le fossé se creuse toujours plus entre le Nord et le Sud : l’ennemi, ce n’est pas l’étranger ; c’est le pillage des ressources du Sud.
Langue de bois à l’agglo d’ANNECY
Interpellé sur les délais de réalisation du schéma de cohérence territoriale (SCOT) (qui inclut maintenant la communauté de communes de CRUSEILLES) et l’étude paysagère qui devait répondre à l’audit de la ville d’ANNECY sur l’application de la modification de la Loi littoral, Bernard ACCOYER s’est lancé dans des explications confuses et n’a répondu sur rien. L’objectif est clair : faire traîner les études suffisamment pour que tous les PLU des communes fussent modifiés AVANT qu’un travail de cohérence globale n’ait été mis en oeuvre. Chaque commune pourra faire ce qu’elle veut. Au moins, en prenant cette présidence du syndicat mixte d’étude, Bernard ACCOYER savait-il qu’il pourrait enterrer le projet de SCOT de la plus belle manière. Objectif réussi.
Voeu contre la modification de la loi littoral adopté à l’unanimité !
Les Amis de la Terre et Lac d’ANNECY Environnement ont distribué un tract à l’entrée de la réunion du conseil de communauté de l’agglo d’ANNECY du 5 octobre pour soutenir la motion déposée par les élus Verts demandant le retrait du décret du 1er août 2006 et l’abrogation par le parlement de l’article 187 de la loi de 2005. Le résultat du vote a été de 29 pour, 0 contre et une foultitude d’abstentions ou de non prise de part au vote des élus UDF et UMP. Du coup la motion a été adoptée à l’unanimité des exprimés. Un revers de taille pour l’UMP qui a eu peur de se compter sur cette motion et d’être mis en minorité. Une collectivité territoriale vice présidée par le Pdt du groupe parlementaire UMP qui adopte un voeu demandant au parlement d’abroger une loi qu’il a votée ; il fallait voir la mine de Mme CAMUSSO et de M. ACCOYER pour comprendre qu’ils n’étaient pas à la fête...

DECHETS : le Conseil général de la HAUTE SAVOIE veut en « limiter la progression »
Quand nous écrivions que l’on apprend toujours quelque chose en lisant le canard du Conseil Général, c’était vrai. Dans l’édition de septembre 2006, un article sur les déchets nous apprend que le CG a mis en place 14 chantiers en matière de gestion des déchets. 14, autrement dire, aucun. Une réunion aurait eu lieu en juin 2006 pour présenter ces 14 points de progrès aux « structures partenaires » et une charte serait signée prochainement. Le CG a juste oublié de nous inviter, ou d’inviter l’association « la Semine pour Vivre » concernée par le projet de centre d’enfouissement technique de classe 2.. Tant que l’on en sera à signer des chartes non contraignantes pour faire un bel article dans la presse et boire un cocktail à la fin, nos déchets seront entre de bien mauvaises mains. N’oubliez pas la conférence avec Dany DIETMAN, maire de MANSPACH, le jeudi 12 octobre à 19 h 30 à la Mairie de CLUSES sur la réduction à la source des déchets.
Autoroute A 41 : le Tribunal administratif déboute les associations.
Malgré le fait qu’ADELAC et l’Etat reconnaissent que le profil en long de l’autoroute, tant au NOIRET qu’au nord du tunnel sous le MONT SION ait été significativement modifié, que la commission des sites n’a pas été à nouveau consultée sur l’aménagement du site classé du Pont de la Caille (2° site touristique de la HAUTE SAVOIE), que les « zones de matériaux excédentaires » soient localisées complètement différemment de ce que l’ATMB prévoyait et qui avait été soumis à l’enquête publique, ou encore que la capacité des ouvrages hydrauliques n’ait été calculée que sur la base des crues décennales et non centennales comme c’est l’usage, le Tribunal administratif a rejeté notre référé suspension sans aucune motivation détaillée expliquant en quoi ces modifications ne constituaient pas une modification significative du projet. Elargir l’autoroute de 25 à 29 mètres entre LA COURNEUVE et SAINT DENIS en pleine zone urbanisée est considéré par le Conseil d’État comme une modification substantielle, mais remonter le niveau d’une autoroute de 6 à 8 mètres sur plusieurs kilomètres en pleine zone rurale ne le serait pas, selon le TA de GRENOBLE... Comprenne qui pourra. Mais en opportunité, laisser la responsabilité à un juge unique, et non à une formation collégiale, de décider d’arrêter une autoroute en cours de construction, excède sans doute la responsabilité individuelle d’un magistrat quel qu’il soit. C’est l’une des choses que la gauche devra changer si elle gagne les élections de 2007. En attendant, les associations se sont pourvues en cassation devant le Conseil d’État.
Energie Environnement devient « PRIORITERRE »
L’association ENERGIE ENVIRONNEMENT 74, dirigée par Charles MAGNIER, devient « PRIORITERRE » et diversifie son action au-delà de la seule question de l’énergie. Bravo et bons voeux à cette association dont l’expertise nous a été si utile pour tracer les pistes d’une alternative au « tout nucléaire ». A ce propos, et pour ceux que la publicité d’EDF à propos de l’Ile de PAQUES interpelle, l ‘écrivain Ronald WRIGHT, dans son ouvrage « La fin du progrès » chez Naïve éditeur raconte comment les pascuans ont sacrifié jusqu’au dernier de leur arbre pour édifier des statues de pierre de plus en plus grandes qui nécessitaient de plus en plus de bois pour les ériger. Il cite les archéologues BAHN et FLENLEY : « Les pascuans ont fait pour nous l’expérience d’une croissance démographique sans frein, du gaspillage des ressources, de la destruction de l’environnement et de la confiance aveugle en leur religion pour s’occuper de l’avenir. Le résultat fut un désastre écologique qui a mené à l’effondrement démographique. [...] Devons nous répéter l’expérience sur une grande échelle ? [...] La personnalité de l’être humain ressemble t-elle à celle du bûcheron qui a abattu le dernier arbre ? »...
Motion : soumise au vote du conseil de la communauté d’agglomération d’Annecy
relative au décret du 1er août 2006 modifiant l’application de la loi littoral sur le lac d’ANNECY
La parution du décret du 1er août 2006 permet d’entrer dans une phase concrète de modification de l’application de la Loi littoral sur le lac d’ANNECY.
L’audit réalisé à la demande unanime de la Ville d’ANNECY a permis d’établir que cette évolution législative rendait vulnérable à l’urbanisation des espaces agricoles ou naturels qu’il convient de préserver dans le cadre de la charte constitutionnelle de l’environnement.
Les conclusions de cet audit n’ont jamais été contestées juridiquement. Elles sont donc dignes de foi.
Dans ce contexte, la publication de ce décret, dont l’application avait été anticipée sur le lac d’ANNECY, et sur le lac d’ANNECY seulement, constitue une menace sans précédent sur la pérennité de notre bien commun.
Le lac n’appartient pas qu’aux générations actuelles, ni aux seules communes riveraines ; il est l’expression d’un attachement commun de la population au respect d’un site dont tous souhaitent qu’il soit classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le conseil de l’agglomération annécienne, compte tenu des menaces et des critiques suscitées par ces modifications législative et réglementaire, demande au gouvernement de retirer le décret du 1er août 2006 et au parlement d’abroger la loi de février 2005.
Jean Louis Molié
Thierry Billet
Elus VERTS de l’agglomération annécienne
Voté à l’unanimité des suffrages exprimés par 29 voix pour 0 contre et le reste en abstentions ou refus de vote le 5 octobre 2006
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La Baleine des Lacs - n°32- 9 OCTOBRE 2006