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Calendrier :
Autoroute A 41 : Rendez vous devant le Conseil d’Etat
Par une ordonnance du 20 décembre, je juge des référés du Tribunal administratif de GRENOBLE s’est déclaré incompétent pour statuer sur notre nouveau référé demandant le retrait de la prolongation de la déclaration d ’utilité publique. Le dossier est donc transmis au Conseil d’Etat. Affaire à suivre donc.
MANIFESTATION contre la centrale nucléaire EPR
« Pour des alternatives au nucléaire », samedi 17 mars
2007 à 14 heures place BELECOUR à LYON
départ groupé le samedi 17 mars au départ d’ANNECY,nous vous invitons à vous inscrire par courriel à l’adresse suivante : th.billet@wanadoo.fr. Un tarif groupe par la SNCF coûte moins de 30 euros.
Il est important de montrer à quelques jours du premier tour de la Présidentielle que la solution du nucléaire n’est pas la solution de la crise énergétique que nous connaissons
Les canons à neige et le syndrome pascuan
« La Baleine » vous a déjà parlé de la disparition de la civilisation de l’île de Pâques, sacrifiant jusqu’à son dernier arbre pour pouvoir édifier des statues de plus en plus ambitieuses à ses dieux. Ce terrible aveuglement a fait croire à l’homme pascuan qu’il pourrait s’affranchir de la contrainte de la nature par une dévotion aveugle à la religion. Il nous en reste de magnifiques statues (même si, de colère, beaucoup furent détruites car les dieux ne firent pas revenir les arbres et la vie devint impossible sur l’île). Mais les pascuans déclinèrent, sans doute en pleurant le dernier arbre qu’ils avaient abattu.
Comment ne pas prendre en considération cet exemple historique dans la période que nous vivons ? Qu’il s’agisse du réchauffement climatique ou de la fin du pétrole, la question qui est posée est celle de la capacité de la planète à limiter drastiquement l’émission de gaz à effet de serre -tout en sachant que l’inertie du phénomène fait que, même si nous arrêtions maintenant toute émission, l’effet de serre ne diminuerait pas de sitôt... Or nos dirigeants continuent de croire par exemple que les chinois et les indiens peuvent disposer à terme de la même proportion de véhicules automobiles que les pays développés. Comme le rappelait Yves COCHET, député vert de PARIS, ce 20 novembre ; c’est tout bonnement impossible sur le plan écologique. Quant à nous, nous développons des avions de plus en plus gros, pour aller de plus en plus loin, de plus en plus nombreux, au moment où la déplétion pétrolière est largement admise... La question de la sobriété énergétique devrait être au coeur des politiques publiques : elle n’est encore qu’une chimère. Pourtant nos concitoyens sont de plus en plus sensibles à ces questions. La popularité d’un Nicolas HULOT l’illustre.
Plus personne ne raille les Cassandre du réchauffement climatique ; mais les choix à faire sont douloureux : sommes nous prêts individuellement à modifier nos modes de vie dans un sens plus raisonnable ? Abandonner la seconde voiture individuelle du couple ? Réduire la consommation de produits exotiques en « contre saison » ? Faire du vélo quand il bruine ?
Evolutions qui annoncent la condamnation à mort des stations de sports d’hiver en dessous de 1.500 mètres d’altitude, et sans aucune attention aux conséquences du développement des canons à neige, c’est une course en avant qui se continue sans réfléchir plus avant. Or la fréquentation touristique baisse en montagne, les « saisons » touristiques se rétrécissent. Et le dumping des destinations dans le Sud de la planète avec des prix cassés fondés sur l’exploitation d’une main d’oeuvre sous payée continue d’attirer une clientèle aux revenus moyens lassée de devoir payer très cher des locations et des équipements devenus aléatoires.
Le calendrier 2007 des AMIS DE LA TERRE consacré à la « JUSTICE CLIMATIQUE »illustre que les dérèglements climatiques frappent d’abord les plus faibles d’entre nous sur la planète. Il est disponible : 13 euros ; commande par courriel aux AMIS DE LA TERRE en HAUTE SAVOIE...
Et collectivement, le prochain gouvernement issu de la présidentielle sera t-il celui de la rupture énergétique ou continuera t-il à croire au miracle d’une solution technicienne à l’épuisement des ressources sans remettre en cause nos modes de vie et le partage des richesses au plan mondial ? En d’autres termes, la centrale nucléaire EPR sera t-elle poursuivie et avec elle les chimères d’une poursuite d’une croissance sans fin de la consommation mondiale ? Ou s’engagera t-on vers des scénarios de sobriété énergétique et de développement rapide de solutions industrialisées en matière d’énergies renouvelables comme le font les anglais avec les parcs d’éoliennes en mer ?
Si les VERTS sont à 3 % dans les sondages, et LE PEN à 17 %, ce n’est certainement pas un hasard. Nos concitoyens se rendent compte de la situation, mais rechignent à en tirer des conclusions sur le mode du partage des ressources et de la solidarité internationale... Ils sont par la solution du repli sur soi, des murs qui protègent et de la croyance qu’au final, tout s’arrangera sans que l’on ait besoin de prendre des décisions impopulaires... Aveuglement pascuan qui se reproduit... Comme ces lacs artificiels pour les canons à neige, de plus en plus grands, de plus en plus profonds, comme si creuser la montagne allait faire refroidir la planète. Nouveaux sacrifices inutiles pour conjurer un avenir annoncé...
Dans notre département, loin de prendre en considération ces éléments désormais incontourables, l’accent est mis au contraire sur toujours plus de liaisons, toujours plus de canons à neige, etc. Sur la problématique des sports d’hiver, nous vous conseillons vivement la lecture du denier numéro de CIPRA INFO, la publication mensuelle de la CIPRA Commission internationale pour la protection des Alpes que vous trouverez en particulier sur : http://www.cipra.org/datenbankseiten/willkommen.asp ?n_LID=3
Et dont l’article ci-dessous est extrait :
Le ski pour l’éternité, amen ?
Le dernier numéro du CIPRA Info vient de paraître.
Consacré au thème du "Tourisme d’hiver en
mutation", il évoque d’un oeil critique, sur une
vingtaine de pages, les évolutions intervenues dans le
tourisme d’hiver.
Les auteur-e-s dénoncent l’instrumentalisation de la
montagne et appellent de leurs voeux des alternatives
durables au ski.
Les stations de ski des Alpes sont soumises à une
pression économique croissante. De nombreuses
entreprises de remontées mécaniques développent leurs
capacités mais le nombre de skieurs et de skieuses n
’augmente guère. Cette situation entraîne une
concentration des investissements, avec pour
conséquence d’une part l’abandon de certaines
installations et d’autre part la constitution de véritables
"multinationales" de remontées mécaniques. On assiste
parallèlement à une augmentation du tourisme
journalier, qui ne profite pas à l’hôtellerie et qui
entraîne un important volume de trafic dans les
localités concernées. Dans cette situation, les extensions
et les nouveaux aménagements accroissent encore la
concurrence et aggravent les difficultés économiques
des stations. Pourtant, plus de 100 projets d
’infrastructures de sports d’hiver sont actuellement en
discussion à travers l’Arc alpin.
L’évolution du contexte et les nouvelles tendances
dans le tourisme de ski entraînent souvent la réalisation
de projets contraires aux principes du développement
durable. L’enneigement artificiel se développe à pas de
géant. Des parties de glaciers sont protégées de la fonte
par des films de plastique réfléchissants. De nouvelles
activités comme le carving exigent des pistes
parfaitement lisses. Toutes ces techniques impliquent
des interventions considérables dans la nature et le
paysage. La montagne semble se réduire
progressivement à la fonction d’agrès de plein air ou de
décor pour événements.
Malgré ces problèmes, il ne faut pas oublier que le
tourisme lié au ski fait aujourd’hui partie des
principales branches économiques dans l’espace alpin.
C’est pourquoi les organisations de protection des
Alpes et les stations de ski devraient chercher ensemble
des solutions pour préserver les paysages alpins tout en
maintenant le tourisme.
La Baleine des Lacs - n°37- 8 JANVIER 2007