Editorial
Nous étions 35, le samedi 18 juin, pour participer au
nettoyage symbolique de la décharge abandonnée du
RAFFARAY, cet affluent du RHONE qui
s’enorgueillit depuis 1989 d’avoir laissé se dégrader sur
place des dizaines de milliers de tonnes d’ordures
ménagères sur le territoire de la commune de SEYSSEL.
Nous sommes sur le territoire d’une zone classée drainée
par un torrent. Après avoir rempli quelques dizaines de
sacs poubelles qui ont été déposés, le temps d’une photo
devant la mairie, avant d’être emmenés à la déchèterie,
Khaled et Jean Marie sont allés à la rencontre de
Christian MONTEIL, maire de SEYSSEL et président
de la communauté de communes, en charge de ce dossier,
pour lui faire savoir qu’avec lui, nous souhaitions
trouver une solution à ce problème qui n’a que trop duré.
Il convient en effet maintenant d’aller vite à la
réhabilitation du site et au traitement des ordures
ménagères et industrielles que l’on y trouve jusqu’au
dégoût.
Un dossier à suivre avec la désignation prochaine du
bureau d’études en charge de préconisations de remise en
état, qui ne devra pas rester un coup d’épée dans
l’eau… salie.
Déchets : Trop beau pour être
concret ?
Le SILA a organisé les 15 et 16 juin un colloque sur « la
gestion durable des déchets ».
La conclusion en a été tirée par Pierre BRUYERE, maire
de POISY et vice président du SILA : « le meilleur déchet
est celui que l’on ne produit pas ! ».
Devant une telle proclamation de foi, les écologistes ne
peuvent qu’applaudir à la reprise de leur propre
argumentaire en défaveur de l’incinération, et pour une
réduction à la source de la production de déchets. Reste
à voir comment ceci sera mis en oeuvre concrètement
par les collectivités territoriales en charge de la collecte
des ordures ménagères.
En particulier, si les élus vont effectivement mettre en
place la redevance spéciale destinée à faire payer aux
artisans, aux restaurateurs, aux commerçants, aux
administrations, le prix de la collecte et du traitement de
leurs déchets ; et si ils oseront aller jusqu’à la pesée
embarquée, fortement incitatrice à la réduction du
volume de déchets.
En attendant, un geste positif doit être signalé, car la
communauté d’agglomération d’ANNECY a commandé
1.000 à 4.000 nouveaux composteurs, avec une simple
caution de 15 €, après le succès de la première vague
de commandes de 2.000 composteurs. On peut donc se
prendre à rêver d’une politique volontariste en ce
domaine. Malheureusement, d’autres exposés, comme
ceux de la DRIRE sur le plan départemental d’élimination
des déchets (PDED), ou le propos introductif du
Président du Conseil général, demeurent dans la plus
pure langue de bois, étant entendu que le préfet
promulguera le PDED en l’état (cf. LA BALEINE N°4) et
que la voie de l’incinération, rebaptisée du joli nom de
« valorisation énergétique » demeure la voie royale,
sans aucune augmentation de la part des déchets qui
sera recyclée.
On aura tout de même appris que la création de
nouvelles carrières en HAUTE SAVOIE est une hérésie
puisque les déchets recyclés du Bâtiment ne trouvent
pas preneur, alors que les entreprises en produisent en
quantité. Faut il s’en étonner lorsque les propriétaires de
carrières sont en même temps entrepreneurs de travaux publics
comme CECCON, actionnaire de la carrière d’ANNECY LE
VIEUX qui demande la poursuite de l’activité en attendant… une
extension, lorsque le plan local d’urbanisme d’ANNECY LE
VIEUX le permettra… Les professionnels des travaux publics
n’ont donc aucun intérêt à utiliser les déchets du Bâtiment, car
cela fait de la concurrence à leurs carrières. Ici encore, une
modification des appels d’offres des collectivités publiques
suffirait à permettre la pérennité de cette filière de recyclage.
Chalet FREQUELIN
La rencontre avec le Préfet s’étant soldée par une
déclaration du représentant de l’Etat en faveur du
laisser faire, et de l’absence de contrôle, les Amis
de la Terre vont exercer les droits de recours que
leur statut d’association agréée pour la défense de
l’environnement leur accorde, en mettant en
demeure le Préfet d’ordonner la démolition ; ce
qu’il ne fera pas, décision de refus que nous
déférerons à la juridiction administrative. Une
association qui forme un recours pour que l’Etat
fasse appliquer la loi, voilà le lot quotidien du
fonctionnement de notre état de droit. Suite à
notre intervention, on nous a téléphoné des
CONTAMINES ou de MORZINE pour dénoncer des
situations identiques. Nous allons tenter de créer
une cellule de veille de ces constructions illicites et
saisir systématiquement les juridictions pénales.
Autoroute A 41
Cette autoroute entre ANNECY et GENEVE ne doit
pas se réaliser. Elle aura un impact négatif sur
l’environnement et sur le coût de la vie en Haute
Savoie. Au moment où l’accident du Tunnel du
FREJUS nous rappelle l’incurie de nos gouvernants qui
n’ont pas avancé d’un pouce sur le transfert de la route
au rail depuis 2002, Rémi CHARDON, président de la
SAPRR, dont la société du FREJUS est une filiale,
tout comme l’AREA, probable adjudicataire, ferait
mieux de dépenser pour la sécurité, plutôt que de vouloir
à tous prix, réaliser l’A 41… On continue malgré tout
de dépenser de manière éhontée pour la route. Les Amis
de la terre ont demandé la copie du dossier d’appel à
candidatures pour la concession. La stratégie du
gouvernement va être de gagner du temps pour rendre
inéluctable dans les esprits la réalisation des travaux.
La commission d’accès aux documents administratifs est
saisie depuis le 10 juin. La réponse du Ministère vient
de nous parvenir le 21 juin, après le délai légal. REFUS
nous est opposé dans le plus beau style bureaucratique.
Cale sèche de SEVRIER
Réponse elliptique de Pierre HERISSON quant à la
capacité juridique du SILA à financer la cale sèche pour
l’unique profit du propriétaire du LIBELLULE : aucun
article des statuts du SILA n’est cité, mais il y aurait une
compétence de « tradition » puisque le SILA s’occupe de
l’actuel « sleep way ». Notoirement insuffisante comme
réponse, selon nous. Attendons la délibération du SILA
quant à la réalisation et au financement du projet pour
voir ce qu’en dira le Tribunal administratif. A moins que
les conseillers du SILA ne sortent pour une fois de leur
unanimisme ?
Le Professeur Dominique
BELPOMME à ANNECY le 22 juin
Ce sont plus de 220 personnes qui ont assisté à la
conférence de Dominique BELPOMME à la salle Eugène
VERDUN.
Une salle pleine donc pour entendre le cancérologue
préciser d’une manière claire et sans ambages que
l’environnement est LA source essentielle des cancers,
tant sa dégradation entraîne des effets nocifs sur la
santé humaine, à côté du tabac.
C’est à une véritable RUPTURE du mode de pensée
actuel que nous avons été invités, de la même ampleur
que la révolution pasteurienne qui a fini par faire
admettre que les virus et autres bactéries étaient la
cause de nos maux.
Aujourd’hui encore les causes environnementales sont
niées, même si la prise de conscience avance, en
particulier, autour de l’APPEL DE PARIS contre les
pollutions chimiques, et de la directive REACH qui vise à
obliger les industriels à tester sur le plan toxicologique
les produits chimiques AVANT leur mise sur le marché ;
ce qui était considéré comme inutile auparavant…
Volontiers véhément, Dominique BELPOMME nous a
invités pourtant à l’optimisme ; considérant que la prise
de conscience des citoyens allait plus vite que celle des
élus, ce qui explique pour lui la crise de confiance entre
les « élites » et la société civile.
Bref, une conférence salutaire qui invite à poursuivre
l’action.
RENDEZ VOUS A LA RENTREE pour engager de nouvelles actions et de nouveaux débats… Et avant de partir en vacances, adhérez !
La Baleine des Lacs - n°5- 23 juin 2005
