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5° anniversaire de la fermeture de l’UIOM de GILLY
le 21 octobre 2006 Numéro spécial « Déchets »
« I l n’y aura pas de second four d’incinération à MARIGNIER ! »
La réunion publique organisée par un collectif d’associations soutenu par les Verts le jeudi 12 octobre à la Mairie de CLUSES a permis à Dany DIETMAN, maire de la commune de MANSPACH, d’expliciter de manière particulièrement pédagogique...mais un peu longuette... les raisons d’une réduction à la source des déchets. Cet exposé complet des raisons objectives pour mettre en place la redevance (en lieu et place de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères TEOM) et la pesée embarquée qui fait que l’on ne paie que le traitement de ses propres déchets non triés (Comment mieux inciter au tri ?) a t-il eu l’effet pédagogique escompté par les associations ?
Toujours est il que Raymond MUDRY, maire de MARIGNIER et conseiller général de BONNEVILLE, sous la houlette bienveillante de Martial SADDIER, maire de BONNEVILLE et député, qui se tenait à ses côtés, a déclaré que le second four de MARIGNIER était effectivement inutile ; ce que nous n’arrêtons pas de clamer depuis que le plan départemental d’élimination des déchets (PDED) a été publié ! Catherine LEPAGE, présidente de LA SEMINE POUR VIVRE n’a pas manqué de le faire remarquer aux élus présents, rappelant le refus de concertation qui nous est opposé par le CG 74 et se félicitant de l’abandon du projet de second four.
Il ne reste plus maintenant au CG 74 qu’à rretirer le PDED plutôt que d’attendre la décision du Tribunal administratif de GRENOBLE dans un an, ou deux, ou trois... Et de lancer un véritable débat citoyen sur la politique des déchets que les habitants de notre département souhaitent. En tous cas, 6 ans d’études pour justifier d’un équipement qui est abandonné au détour d’une réunion publique, voilà qui ne va pas renforcer la crédibilité de l’administration et de ses prévisions !
Langue de bois (de chauffage ?) au colloque AMORCE des 17 & 18 octobre 2006
AMORCE est une association de collectivités territoriales et d’industriels du déchet (donc les fournisseurs des premières) qui cogite sur la gestion des déchets. Le tract distribué à la porte par les AT a été vérifié dans son contenu au delà du raisonnable. Nous craignions en effet un colloque « d’auto absolution » après les catastrophes de GILLY SUR ISERE, de CLUNY, de VAULX LE PENIL, etc. Nous avons eu droit à des présentations orientées. Les opposants aux unités de traitement des déchets sont exclusivement des « nimbystes »1 avec lesquels il n’est pas possible de discuter ; la meilleure preuve en étant le refus de GREENPEACE et de FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT de venir au colloque2... La présentation de la table ronde finale à laquelle participait Léon Christophe ETILE des AMIS DE LA TERRE fut une caricature de cette posture : il existerait un consensus des experts sur l’absence de risque des incinérateurs nouvelle version après la mise aux normes de décembre 2005 ; la contestation serait fondée sur de « pseudo motifs environnementaux » ; la communication avec les opposants serait impossible... Au cours de son exposé, le professeur Jean-François NARBONNE devait parler des « fantasmes , exemple TCHERNOBYL » et des « trotskystes du CNIID3 »... pour affirmer que les dioxines donnaient lieu à « 1.000 publications scientifiques par an depuis 15 ans » et que leur nocivité était un leurre tant les doses désormais émises par les incinérateurs étaient faibles. On aurait aimé un débat avec Paul CONNET ou André PICOT, une véritable conférence de consensus sur la question, en particulier sur la question des faibles doses et de la co-action entre les dioxines et les métaux lourds vaporisés par l’incinération...On notera la communication très intéressante de Mme Elvire VAN STAEL, anthropologue, sur le thème « Risques acceptés et risques subis : perception par les populations et pédagogie »4 qui présentait les raisons de l’opposition des populations et se terminait par la question « Pourquoi collaborer plutôt que communiquer ? « Communiquer c’est convaincre l’autre, collaborer c’est travailler ensemble ». Elle incitait les élus à distinguer entre les « nimbystes », les experts citoyens, et les lanceurs d’alerte pour un vrai dialogue démocratique...C’est une thématique que LC ETILE reprenait en demandant une association en amont des projets. Pendant ces deux journées, les scientifiques choisis pour leur soutien à la filière de l’incinération dans des structures souvent financées par les industriels (RECORD, réseau santé déchets,...) ne se situèrent jamais dans le cadre du principe de précaution. On en est resté à la vision d’un monde où ce serait aux citoyens de prouver que le projet est dangereux. Alors que la charte constitutionnelle inverse la posture : c’est à l’industriel d’apporter la preuve de l’absence de toxicité, sinon il faut s’abstenir ! Heureusement, au milieu de cette ambiance pesante pour un défenseur de l’environnement, la contribution de l’agglomération de Besançon, sur le bilan de la redevance [obligatoire depuis le 1er janvier 1993 et très rarement mise en oeuvre !] donna de l’espoir : seulement 15% de refus de tri, moins de 1% d’impayés, aucun effet pervers identifié... La redevance est fondée non pas sur la valeur de la taxe locative du logement comme la TEOM, mais sur la production de déchets du ménage. Il est courant d’entendre que cela incite les incivilités : on va jeter ses ordures chez le voisin pour ne pas payer soi même. Les exemples de Besançon, mais aussi de la communauté des portes de l’Alsace, montrent qu’il n’en est rien. Il suffit en particulier que la redevance soit fondée pour partie sur le nombre de fois où la benne est vidée pour inciter les habitants à ne pas la mettre à moitié vide sur leur trottoir : si elle est pleine, le voisin ne la remplira pas...
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La Baleine des Lacs - n°33- 23 OCTOBRE 2006