La Banque européenne d’investissement est-elle prête pour une augmentation de capital ?

Bruxelles, Paris, le 14 mai 2012 - L’Assemblée générale de la Banque européenne d’investissement (BEI) s’ouvre demain. Elle sera largement consacrée à l’opportunité d’augmenter le capital de la Banque de l’Union européenne (UE). Mais pour les Amis de la Terre et le réseau Counter Balance qui mènent depuis 2007 une campagne pour réformer la BEI, une question se pose : la BEI est t-elle réellement prête pour une telle initiative ?

A l’heure des débats étriqués entre la croissance et « l’austérité », la BEI est souvent mise en avant par de nombreux décideurs comme l’une des rares alternatives aux coupes et à l’orthodoxie budgétaires. Cependant rien ne semble indiquer que la banque soit réellement capable de sortir l’UE de la crise actuelle et de promouvoir un futur économiquement, socialement et écologiquement soutenable.

Fort de leur longue expérience de suivi des activités de la BEI, les organisations membres de la coalition CounterBalance exposeront lors d’une conférence de presse le Mardi 15 Mai à 10H à Bruxelles [1] pourquoi en l’état actuel des choses, la BEI échoue à remplir les objectifs de bâtir des sociétés réellement soutenables.

D’une part, il est essentiel de doter la BEI d’outils adéquats comme l’adoption d’une politique énergétique ambitieuse visant l’élimination progressive des investissements énergétiques aux fossiles. La BEI a annoncé qu’elle allait entamer cette année la révision de sa politique énergétique. L’occasion pour les organisations membres de Counter Balance de présenter leurs recommandations et de mettre en cohérence cette politique avec les objectifs de l’UE en matière de développement durable et de lutte contre les changements climatiques.

En effet, la Banque européenne d’investissement s’est dernièrement distinguée par son soutien aux énergies fossiles avec la méga-centrale à charbon de Medupi en Afrique du Sud, aux projets miniers opaques comme avec le projet Mopani en Zambie et également aux grands barrage [2] comme en en Ouganda. Ronack Monabay, chargé de campagne sur les Institutions financières, explique : « Malgré une augmentation des investissements de la BEI dans les énergies renouvelables, elle continue malgré tout à soutenir les énergies fossiles : les investissements dans ce secteur ont doublé de 2007 à 2010. En Afrique du Nord par exemple, outre que la BEI a prêté son argent indépendamment de la nature répressive des régimes en place comme en Tunisie et en Egypte, la structure même des prêts et particulièrement problématique. Ainsi en Egypte, 92 % des 1,87 milliard d’euros prêté entre 2006 et 2010 a été dirigé vers des projets énergétique dont 4/5 concerne les carburants fossiles. Sur les 1,8 milliard d’euros prêtés à la Tunisie pour la même période, la moitié est allé à des projets énergétiques et 10% ont été investis dans des infrastructure des transport de gaz vers l’Italie. Or la BEI s’apprête a augmenter encore ses prêts à la région sans même analyser l’impact des ses prêts passés, réévaluer ses priorités ou ne serait ce qu’attendre une clarification du contexte politique dans ces pays.  »

Contenu de la faiblesse de ses normes sociales et environnementales, de son manque de transparence et de son passif, la BEI serait bien inspiré de suivre le récent conseil du rapport du parlement européen : « la BEI devrait être plus précise, sélective, efficace et axée sur les résultats ». En d’autres termes, la BEI devrait faire mieux avec moins !

Contact presse : Caroline Prak, 01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43, caroline.prak@amisdelaterre.org

[1] La conférence de Presse se tiendra Mardi 15 Mai 2012 à 10h à l’hôtel Aloft, Place Jean Rey à Bruxelles. Merci de confirmer votre présence à info@counterbalance-eib.org

[2] Retrouver la campagne des Amis de la Terre sur les grands barrages sur : http://www.amisdelaterre.org/grandsbarrages.html

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