Hier, à Berlin, le ministre allemand au développement a déclaré aux Amis de la Terre que la consultation de la SFI était repoussée à cause « du boycott annoncé par des ONG ». Cette consultation ratée de Berlin succède à celles de Manille, Londres, Tokyo, Washington et Rio de Janeiro. A chaque fois des groupes des Amis de la Terre ont manifesté sur les lieux de la consultation. Dernièrement à Manille (2 et 3 novembre), plus de cinq cent personnes ont défilé dans la rue. A Londres (1er novembre), une seule ONG a accepté de discuter avec la SFI.
Les Amis de la Terre International, la plus grande fédération environnementale mondiale, ont rejeté les invitations aux réunions après que la Banque Mondiale a refusé de donner suite à une lettre de 180 groupes de la société civile, proposant une méthodologie crédible pour ces consultations.
« La totalité de ce processus de consultation est une honte. Il est bâclé et opaque. Les réunions ne sont ni plus ni moins qu’un exercice de relations publiques pour la Banque Mondiale » déclare Markus Steigenberger, des Amis de la Terre Allemagne (BUND). « Ce n’est même pas un boycott dans la mesure où il n’y a rien à boycotter, poursuit Sébastien Godinot des Amis de la Terre France. La SFI fait des propositions tellement consternantes et faibles sur la forme et sur le fond qu’on ne peut travailler sur cette base et cautionner un tel exercice ».
La SFI propose de remplacer ses dix politiques de sauvegarde par des « Standards de Performance » largement volontaires et très flous. Selon une fuite de la Banque mondiale elle même, la SFI renonce aux normes sociales et environnementales pour répondre aux demandes de l’industrie, alors que son mandat est de protéger les populations et l’environnement.
« Il y a besoin d’une révision considérable pour aboutir à des normes plus strictes, claires et obligatoires, comme le recommandent d’ailleurs les quatre organes internes d’évaluation de la Banque mondiale, explique Sébastien Godinot des Amis de la Terre France. Mais la SFI refuse tout simplement d’en tenir compte. A quand une Banque mondiale responsable et capable de tirer les leçons de ses échecs ? »
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