Le nouveau rapport « Dirty is the new clean : World Bank Climate Initiatives Come Under Fire » montre que les prêts du Groupe Banque mondiale pour les énergies fossiles ont augmenté de 94 % entre 2007 et 2008, dépassant les 3 milliards de dollars. Les prêts au charbon ont augmenté de 256% sur cette seule période. La majorité des projets « propres », présentés par la Banque mondiale sont en réalité de grands barrages aux conséquences environnementales et sociales controversées. Quant aux prêts aux énergies renouvelables hors grands barrages (solaire, éolien, biomasse ou petit hydraulique), ils sont passés de 421 à 476 millions de dollars sur la même période, soit une augmentation de 13% seulement.
Malgré ces résultats, la Banque mondiale poursuit une campagne de communication très active pour se placer en acteur incontournable du financement de la lutte contre les changements climatiques, notamment par le biais de la création de nouveaux « Fonds d’investissement pour le climat », directement en concurrence avec les mécanismes des Nations Unies.
Pour Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne aux Amis de la Terre, « Ces initiatives sont très vivement critiquées par la société civile, à la fois en raison des conditions dans lesquelles elles sont mises en œuvre, de la façon dont elles risquent de doubler les processus multilatéraux des Nations Unies, et plus généralement de l’attitude schizophrène de la Banque mondiale. Comment cette institution peut-elle prétendre agir contre les changements climatiques alors qu’elle finance toujours massivement les projets les plus polluants au monde : oléoducs, gazoducs, ou méga centrales à charbon comme la centrale Tata, en Inde, qui sera l’un des 50 plus gros émetteurs de CO2 du monde ? »
L’Inde vient justement de refuser l’aide de la banque en matière climatique, arguant qu’il s’agit d’une institution non démocratique, et que les négociations en la matière doivent se placer dans le cadre des Nations Unies, où chaque pays a une voix (2).
« Les pays en développement ont clairement affirmé, au cours des récentes négociations sur le climat au sein des Nations Unies, que la question du financement de la lutte contre les changements climatiques et de l’adaptation doit rester dans le cadre à la Convention Cadre des Nations Unies pour les Changements Climatiques. Ce n’est pas à la Banque mondiale, une institution dominée par les pays riches, de décider des règles du jeu et des outils nécessaires. » explique Karen Orenstein, des Amis de la Terre- Etats-Unis.
Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes pour les Amis de la Terre, conclut : « Si elle veut être crédible en matière climatique, la Banque mondiale doit arrêter de financer les énergies fossiles, comme le demandent l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) dans leur nouveau rapport (3) »
Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43
(1) Institute for Policy Studies, Campagna per la Riforma della Banca Mondiale, Oil Change International et Friends of the Earth US, Dirty is the new clean : World Bank Climate Initiatives Come Under Fire, Octobre 2008 : http://www.ips-dc.org/reports/#780
(2) The Times of India, India refuses World Bank aid to fight climate change, 10 octobre 2008 : http://timesofindia.indiatimes.com/...
(3) Rapport « Green jobs : Towards decent work in a sustainable, low-carbon world” : http://www.unep.org/PDF/UNEPGreenJo...





