Les objectifs annoncés par la Banque mondiale à Bonn constituent sa première réponse publique à la Revue des Industries Extractives (EIR), initiée en 2000 par le Président de la Banque James Wolfensohn. L’EIR devait évaluer la contribution à la lutte contre la pauvreté, mandat prioritaire de la Banque, des projets d’industries extractives qu’elle finance. Après deux ans d’études et de consultations sur tous les continents, l’EIR conclue que ces projets ne réduisent pas la pauvreté. En conséquence, l’EIR recommande à la Banque de stopper immédiatement ses financements pour le charbon, et d’ici 2008 pour le pétrole. Parallèlement, l’EIR requiert que chaque année, la Banque augmente la part consacrée aux energies renouvelables de 20% de son portefeuille énergétique total.
La Banque mondiale a annoncé à Bonn une hausse de 20% de ses financements pour les renouvelables. Mais cette hausse est calculée sur la base des prêts actuels pour les énergies renouvelables, et non du montant total du portefeuille énergétique. Finalement, la hausse sera donc de 0,8% seulement de son portefeuille énergétique par an. ’’A ce rythme, il faudra presque 20 ans à la Banque pour que son portefeuille énergies renouvelables atteigne le montant actuel de son portefeuille énergies fossiles !’’ précise Sébastien Godinot des Amis de la Terre.
« La Banque mondiale se vante de prêter 20% d’un centime pour les renouvelables alors qu’elle est sommée d’investir 20% d’un dollar » estime Steve Kretzman de l’Institute for Policy Studies (Etats Unis). « Entre 1994 et 2003, elle a financé les énergies fossiles à hauteur de 24,8 milliards de dollars, contre 1,06 milliards pour les renouvelables ». Le ratio est de 23 à 1 (1).
’’Les 200 millions de dollars que la Banque consacre annuellement aux renouvelables représentent le montant moyen d’un seul des nombreux projets d’énergies fossiles qu’elle finance chaque année », rappelle Petr Hlobil de CEE Bankwatch Network (République tchèque).
’’Pour ajouter à l’hypocrisie, la Banque intègre les grands barrages dans les énergies renouvelables. Or ces derniers sont extrêmement critiqués pour leurs impacts sociaux et environnementaux. Et ce sont ces barrages qui pourraient principalement bénéficier du soutien de la Banque aux énergies ’’renouvelables’’, estime Patrick Mc Cully d’International Rivers Network.
Contacts à Bonn :
Sebastien Godinot, Les Amis de la Terre, 00 33 6 68 98 83 41 /
Janneke Bruil, Friends of the Earth International, 44 795 287 69 29/
Stephan Singer, WWF International, 33 496 550 709/
Daniel Mittler, Greenpeace International, 49 171 876 53 45/
Patrick Mc Cully, International Rivers Network, 1 510 213 14 41/
Petr Hlobil, CEE Bankwatch Network, 420 603 154 349/
Steve Kretzman, Institute for Policy Studies, 1 202 497 10 33
ONG signataires :
Campagna para la riforma della Banca Mondiale - CEE Bankwatch Network - Friends of the Earth International - Greenpeace International - International Rivers Network - Sustainable Energy & Economy Network -
Urgewald - WWF International
(1) Analyse de l’Institute for Policy Studies, www.seen.org. Les chiffres diffèrent notablement de ceux avancés par la Banque mondiale, principalement car elle réintègre dans son portefeuille ’’énergies renouvelables’’ les grands barrages et l’efficacité énergétique.




