Le « rapport d’achèvement » de la Banque mondiale est délivré une fois évaluées la conformité du projet aux directives de la Banque et la réalisation de ses objectifs de développement. Le rapport implique dans la plupart des cas l’arrêt des financements consacrés à la supervision et au contrôle de la Banque.
Les associations tchadiennes organisent un Forum parallèle du 6 au 11 octobre à N’Djamena, pour donner la parole aux populations directement affectées par l’oléoduc. Plus de cent représentants des communautés locales et de la société civile se rencontrent ainsi pour lister les cas de violations des droits humains, les destructions environnementales, l’absence de compensations pour des agriculteurs, et le non respect des programmes de développement promis à l’origine du projet.
Les participants dénoncent surtout l’intention de la Banque de valider les « performances » du consortium, délivrer un rapport d’achèvement et se retirer ainsi du projet. Dans ce cas, qui garantira la mise en oeuvre des programmes environnementaux et de réduction de la pauvreté que la Banque mondiale avait affichés, et qui même avec sa présence souffraient déjà de problèmes nombreux ?
Sébastien Godinot des Amis de la Terre explique : « Si la Banque mondiale lâche l’oléoduc alors que son propre personnel reconnaît les difficultés du projet, ce sera la preuve flagrante de son échec à respecter ses propres obligations, dans un projet qui n’existerait pas sans son soutien. La Banque mondiale a poussé le projet comme un modèle de développement pour y justifier sa présence ; s’en débarrasser à ce stade serait totalement irresponsable, et inadmissible pour une institution dite de développement. »
Afin d’évaluer le projet de manière crédible, les associations tchadiennes demandent dans un memorandum un processus indépendant et ouvert à toutes les populations affectées, l’accès au rapport d’achèvement pour commentaires, la prise en compte effective de ces commentaires, et l’inclusion de tous les aspects environnementaux et sociaux dans le rapport.
Contact presse : Sébastien Godinot 01 48 51 18 92 / 06 68 98 83 41



