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La Banque mondiale veut sauver le climat… avec des centrales à charbon !

2 février 2009,
Par Anne-Sophie Simpere

Montreuil, le 2 février 2009 – La Banque mondiale vient d’adopter une liste des technologies « propres » qui pourront bénéficier du financement de son tout nouveau Fonds pour les Technologies propres, créé l’an dernier afin de lutter contre les changements climatiques. Scandale : les agrocarburants et les centrales à charbon font partie des projets retenus. La France ne s’y est pas opposée. Les Amis de la Terre déplorent cette nouvelle « farce climatique » de la Banque mondiale, qui démontre encore une fois qu’elle n’est pas crédible en la matière.


Depuis un an, la Banque mondiale poursuit une campagne de communication très active pour se placer en acteur incontournable du financement de la lutte contre les changements climatiques, notamment par le biais de la création de nouveaux « Fonds d’investissement pour le climat », directement en concurrence avec les mécanismes des Nations Unies. L’été dernier, la France a ainsi décidé en toute discrétion d’accorder 500 millions de dollars à l’un de ces fonds, le Fonds pour les technologies propres, censé soutenir un développement sobre en carbone dans les pays en développement. En réalité, le comité de gestion du fonds vient de s’accorder la possibilité d’investir dans les centrales à charbon et les agrocarburants, deux activités catastrophiques d’un point de vue environnemental et social.

Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes des Amis de la Terre, explique : « L’impact des agrocarburants en matière climatique est extrêmement controversé, et dans de nombreux cas ils aggravent les changements climatiques, et non l’inverse. En outre, ils sont à l’origine de vives polémiques sociales : concurrence avec l’agriculture vivrière en période de crise alimentaire, conflits fonciers, déplacements forcés de paysans. La Banque mondiale ne peut prétendre soutenir l’agriculture vivrière tout en subventionnant ce type de projets, qui ne bénéficient qu’aux plus riches. »

Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre, poursuit : « Le soutien aux centrales à charbon détourne des ressources financières publiques limitées au détriment des seules solutions crédibles aux changements climatiques : efficacité énergétique et énergies renouvelables. La Banque mondiale souffre d’une vraie addiction au carbone : avant même la création de ses fonds pour le climat, elle avait augmenté son soutien au charbon de 256 % entre 2007 et 2008 [1]. Aujourd’hui, elle pousse simplement le cynisme jusqu’à financer le charbon sous couvert de lutte contre les changements climatiques, pour augmenter ses volumes de prêts en Chine et en Inde. Si elle veut être crédible en matière climatique, la Banque mondiale doit arrêter de financer les énergies fossiles, comme le demandent l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) dans l’un de leurs récents rapports [2]. »

Contact presse :
Caroline Prak
Les Amis de la Terre
01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43



[1] Institute for Policy Studies, Campagna per la Riforma della Banca Mondiale, Oil Change International et Friends of the Earth US, Dirty is the new clean : World Bank Climate Initiatives Come Under Fire, Octobre 2008 : http://www.ips-dc.org/reports/#780

[2] Rapport « Green jobs : Towards decent work in a sustainable, low-carbon world”, septembre 2008 : http://www.unep.org/PDF/UNEPGreenJo...