La Commission européenne cache une étude défavorable au projet de gazoduc qu’elle soutient

Montreuil, le 18 avril 2018 – Reuters a fait fuiter dans la nuit une étude, restée jusqu’à ce jour non publique, qui remet très clairement en question l’intérêt et la viabilité économique du projet d’interconnexion gazière entre la France et l’Espagne “STEP”. Ce projet est fortement soutenu par la Commission européenne et le gouvernement espagnol.

Cette analyse, menée par le cabinet finlandais Poyri et commanditée par la Commission européenne, porte sur la viabilité économique et l’intérêt stratégique du projet de gazoduc appelé STEP. Cette interconnexion d’environ 230 km de long entre la France et l’Espagne au coût approchant les 450 millions d’euros, peut être considérée comme la première phase du méga projet gazier MidCat dont le coût dépasserait les 3 milliards d’euros. Le caractère confidentiel de cette étude a été critiqué à plusieurs reprises, notamment suite au refus de la Commission européenne de la transmettre à la députée européenne Michèle Rivasi et dans le cadre de la consultation locale menée dans l’Aude et les Pyrénées orientales par l’opérateur Teréga (ex-TIGF).

“Il n’est pas étonnant que nous n’ayons jamais pu avoir accès à cette étude car elle démontre très clairement que le projet n’est pas viable économiquement, qu’il n’a aucun intérêt pour la sécurité d’approvisionnement des deux pays et qu’il pourrait même faire augmenter les tarifs du gaz en France.” réagit Cécile Marchand, chargée de campagne aux Amis de la Terre. A cela s’ajoutent les arguments liés à l’impact du développement massif des infrastructures gazières en Europe sur le respect des objectifs de l’Accord de Paris. “Nous savons que le gouvernement français aurait des réticences face au projet, pourtant les porteurs du projet poursuivent tranquillement leur chemin. Il est grand temps qu’il y mette un coup d’arrêt définitif” conclut-elle.

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