Il y a quelques semaines s’est produit un glissement de terrain dans une décharge en Gallice et des tonnes d’ordures - ménagères et autres - sont tombées dans la mer. Il y a quelques jours, voici que le Frans Hals a coulé dans le gouffre de Capbreton.
Dans un cas, nos élus craignent de voir arriver bientôt, sur nos côtes, d’innombrables déchets plastiques, dans l’autre, ils s’émeuvent parce que cela ternit la réputation toutristique de la côte.
Mais qui se préoccupe vraiment de la santé de l’Océan ?
Ces déchets plastiques qui arrivent sur nos côtes sont une horreur, mais ce n’est que la face visible et non dangereuse de la pollution. Par contre combien de tonnes de produits hautement toxiques sont déversées régulièrement, dans nos rivières et l’océan ?
Il y a quelques années, l’association IDEAL de Tarnos effectuait des analyses d’eau, sur la plage principale de Tarnos (embouchure de l’Adour). Les résultats montraient une contamination de l’eau par le plomb, égale à douze fois et demi le taux à partir duquel, une eau est considérée comme fortement contaminée ! Rien que ça !
La même année, l’IFREMER ( Institut Français de Recherche sur la Mer) trouvait , au large de Saint-Jean de Luz, les taux d’hydrocarbures les plus hauts de France, supérieurs à ceux de Fos sur Mer !
Nous avons alerté les responsables locaux. Nous avons demandé que des recherches soient effectuées, pour déterminer les causes de ces pollutions et pour y remédier. Lorsqu’on sait que certains poissons comme le thon peuvent concentrer jusqu’à 10 000 fois, les produits toxiques contenus dans l’eau, on peut s’inquiéter pour la santé publique et l’avenir des pêcheurs professionnels. Pourtant, nous n’avons jamais reçu la moindre réponse.
A l’époque, nous avons même envoyé des photos à Thalassa. La semaine d’après, les journalistes du magazine de la mer étaient là, pour filmer ce triste spectacle : plastiques, dauphins crevés, oiseaux mazoutés... Depuis les plages sont régulièrement nettoyées. C’est bien. Mais c’est tout. L’océan peut crever pourvu que les plages soient propres pour la saison touristique...

Et ça fait un moment que ça dure. Qui se souvient des protestation des Amis de la Terre, il y a presque 20 ans, contre l’immersion de déchets nucléaires dans le gouffre de Capbreton ? Combien de milliers de fûts reposent à cet endroit ? Combien de "décharges sauvages" de ce type nous réservent encore des surprises, en mer et sur Terre ?
Et arrêtons d’incriminer toujours les Espagnols. Regardons aussi ce qui se passe ici !
A Lesgor se trouve l’industrie la plus polluante du sud-ouest de la France. Conséquence, le Luzou est une rivière, morte, "abiotique".
Dax, première ville d’eau de France, ne retraite pour ainsi dire pas ses eaux usées, avant de les rejeter dans l’Adour.
L’atrazine, pesticide agricole interdit dans plusieurs pays européens, se retrouve dans tous les affluents gauche de l’Adour et à des taux inquiétants dans le Louts. Pendant des années, des industries côtières landaises, ont rejeté leurs jus nauséabonds brun, vert émeraude... directement sur la plage !
Et toutes ces vieilles décharges. A Mont-de-Marsan, par exemple, il y en a une qui se situe au-dessus du Midou qu’elle pollue régulièrement. Lorsque les Amis de la Terre demandent ce que l’on compte faire pour y remédier, on nous parle d’aménagement paysager avec pelouse et arbres... Pourquoi pas des eucalyptus comme à la Corogne ? Les problèmes des déchets et de l’eau sont intimement liés.
Dans une série d’articles consacrée à la pollution de l’océan, parue dans Sud-Ouest, en 1973, le journaliste concluait en écrivant : "Certaines mauvaises langues disent même que dans 20 ans, on parlera encore de ce problème". Espérons que s’il écrivait de nouveau cet article aujourd’hui, il ait tort.
En tout cas, les Amis de la Terre feront leur possible, avec l’aide des Landais, pour faire avancer ces deux dossiers dans ce département.