
Cet appel intervient après que Stéphane Lhomme, porte parole du Réseau Sortir du Nucléaire, a été détenu mardi, pendant 14h, en garde à vue. Son domicile à Bordeaux a été fouillé par la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) et ses deux ordinateurs et son téléphone portable ont été confisqués. Stéphane Lhomme est suspecté d’avoir obtenu illégalement le rapport confidentiel sur la vulnérabilité de l’EPR, ou European Pressurized-water Reactor (Réacteur européen à eau pressurisée)
En réponse à cet acte policier, les deux groupes appellent tous les européens à signer la PETITION qui s’oppose à une reprise des programmes nucléaires. [1]
André Larivière du Réseau Sortir du Nucléaire déclarait : Si nous ne pouvons même pas garantir qu’une centrale atomique résiste à un attentat terroriste de type "11 septembre", il ne faut pas la construire. Les conséquences sanitaires et environnementales d’un tel attentat seraient telles qu’elles dépassent l’imagination.
Non seulement les citoyens n’ont pas le droit d’être informés mais ceux qui essayent d’informer leur concitoyens sont arrêtés. On essaye de les intimider et leur maisons sont fouillées. Ce comportement indigne est bien dans la tradition française de l’industrie nucléaire et du gouvernement.
Pour Frank van Schaik, responsable de la campagne "Nucléaire" des Amis de la Terre / Friends of the Earth-Europe : La France et la Finlande doivent publier toutes les informations qu’elles retiennent concernant la sécurité des centrales atomiques EPR. Avant toute construction d’une nouvelle centrale en Normandie, un débat transparent et démocratique doit avoir lieu, quant à la centrale finlandaise, sa construction doit être stoppée de suite.
La France et la Finlande devraient arrêter de gaspiller l’argent dans des centrales dangereuses et feraient mieux de commencer à investir dans des énergies propres. D’autre part, les autorités françaises doivent arrêter de harceler les militants anti-nucléaire qui ne font que faire usage de leurs droits de citoyens libres pour informer leur concitoyens des risques liés à l’énergie atomique".
Un rapport confidentiel d’EDF sur la sécurité de la centrale atomique EPR a pu parvenir au public grâce à une fuite, révélant que cette centrale censée être à la pointe de la technique (3ème génération de centrale) ne résisterait probablement pas à une attaque terroriste de type "11 septembre" avec un avion de ligne. Cette information a été cachée aux citoyens français lors de la "consultation" publique qui a eu lieu ces derniers mois à propos de la construction de cette centrale en Normandie. [2]
EDF déclarait aussi aux autorités françaises qu’elle "ne considérait pas comme possible d’assurer la capacité de résistance (de l’EPR) contre tout acte de guerre ou de terrorisme". EDF conseillait aussi aux autorités de ne pas informer les citoyens français de ces problèmes de sécurité. [3]
Actuellement, un prototype de centrale EPR est en construction à Olkiluoto, en Finlande mais le chantier prend constamment du retard à cause des problèmes de sécurité. Les autorités finlandaises ont confirmé ces difficultés mais ont refusé d’en dire plus.
Pour plus d’informations :
André Larivière, Sortir du Nucléaire : +33-6-76695498
Frank van Schaik, responsable de la campagne "Nucléaire" des Amis de la Terre / Friends of the Earth-Europe : +31-6-20295755
[1] La plus grande coalition antinucléaire européenne depuis les années 80, composée de groupes de la société civile, exige que l’énergie nucléaire soit éliminée partout en Europe et que le Traité Euratom soit définitivement abandonné. Cette coalition qui comprend plus de 300 ONG européennes a rassemblé dans ce but, des centaines de milliers de signatures dans tous les pays européens. L’objectif est d’atteindre le million de signatures et de les remettre aux responsables européens à l’automne. La campagne est organisée par Atomstop (Autriche), les Amis de la Terre/ Friends of the Earth Europe, Global 2000 (Amis de la Terre-Autriche), Sortir du Nucléaire (France), WISE (Pays-Bas) et Femme pour la Paix (Finlande). En avril dernier plus de 25 000 personnes manifestaient à Cherbourg contre le projet de centrale atomique EPR en Normandie Voir : http://www.million-against-nuclear.net
[2] Le rapport d’EDF peut être lu sur le site de WISE.
En France, de nombreuses associations et personnalités ont, par solidarité et pour protester contre la répression policière, mis ce rapport en ligne sur leur site internet.
[3] Dans cette lettre datée du 12/08/03 adressée au Directeur Général de Protection contre la Radioactivité et pour la Sécurité Nucléaire, Bruno Lescoeur, directeur de la Section Energie d’EDF écrit : "Comme vous le soulignez, le projet a été conçu d’entrée de jeu pour faire face à la chute d’un avion militaire qui représente déjà un cas de charge sévère". Il ne dit pas spécifiquement si l’EPR peut résister à l’impact d’un avion chargé de bombes et de munitions, ce qui est la règle pour ce type d’avions.
Plus loin dans sa lettre,M.Lescoeur précise : "Nonobstant l’aptitude du projet EPR à faire face à des chutes d’avion, il convient de noter qu’EDF n’envisage pas d’assurer une capacité de résistance vis-à-vis de tout acte de guerre ou tout acte terroriste envisageable(...). Les hypothèses relatives à l’impact doivent assurer une couverture "raisonnable" du risque, et ne peuvent prétendre envelopper toutes les éventualités(...). Il me semble également que les hypothèses, règles utilisées et analyses associées ne devraient pas figurer dans les rapports de sûreté accessibles ou susceptibles d’être accessibles publiquement."
Cliquez ICI pour voir la lettre.