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La France tourne le dos au moratoire !

1er mars 2004,

Mont-de-Marsan , le 19 février 2004

Le mercredi 18 février la France a voté, pour la première fois depuis 5 ans, favorablement à la demande d¹autorisation d¹un nouvel OGM, le maïs NK 603 de Monsanto.

Le mercredi 18 février le Comité réglementaire - mis en place dans le cadre de la nouvelle directive 2001/18 et représentant les états-membres - s’est réuni pour examiner la demande d’autorisation d’un nouvel OGM, le maïs NK 603 de la firme Monsanto. Il s’agissait d’autoriser l’importation de ce maïs pour être utilisé comme aliment pour bétail.

Une fois de plus, les états européens ont montré qu’ils sont encore très divisés sur ce sujet très controversé :

Pour : France, Royaume-Uni , Espagne, Pays-Bas, Belgique, Portugal, Suède, Finlande, Irlande ;

Contre : Italie, Grèce, Autriche, Danemark, Luxembourg ;

Abstention  : Allemagne.

Avant la réunion du comité, les Amis de la Terre avaient pointé plusieurs points importants qui n’ont pas été pris en considération par l’Agence Européenne pour la Sécurité Alimentaire. En effet, celle-ci n’a pas mené d’étude sur le fait que l’on a découvert dans l’OGM sujet de la demande d’autorisation, des séquences d’ADN inattendues, apparues après la manipulation génétique. Des recherches récentes prouvent que de telles séquences peuvent avoir des conséquences sur les gènes voisins.

Pour Christian Berdot : "Aucune circonstance ne justifiait ce changement dans la position défendue jusqu’à maintenant par la France. Des questions essentielles restent sans réponse :
- alors qu’aucune compagnie d¹assurance n’accepte de couvrir le risque OGM, où en est-on du cadre juridique définissant la responsabilité pénale des entreprises de biotechnologies ?
- de même, qui paiera les très coûteuses mesures nécessaires pour empêcher la contamination des champs conventionnels ou biologiques ?
- si la coexistence entre OGM et culture biologique est impossible - comme beaucoup de gens le craignent - comment fera-t-on demi-tour ? D’autre part le fait que cette lignée transgénique se soit avérée instable, aurait dû au contraire conforter la France dans son refus de lever le moratoire. Ces techniques hasardeuses ne doivent pas être lâchées dans la nature tant que les chercheurs ne peuvent les expliquer, ni les prévoir"

Christian Berdot



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