Que signifie "avoir une terre" ?
Nous sommes tous secoués par le drame de Gaza, comme par le drame du Tibet, de la Tchétchénie, du Rwanda, de l’ex Yougoslavie, des réserves d’Indiens placées sous les cheminées d’usines polluantes... Situations bien différentes autour d’un enjeu commun, la "souveraineté " sur un territoire. On entend dire " les peuples ont le droit d’avoir une terre", mais qu’y a-t-il derrière ces mots ?
Partons de ce que nous connaissons en France où certes les problèmes sont moins exacerbés. Des étrangers investissent, achètent des terres, travaillent chez nous. L’effet de ces présences étrangères dépend de leur RESPECT envers l’intérêt général et en particulier envers notre culture, un respect qui viendra aux personnes d’autant plus facilement qu’elles se sentiront elles-mêmes respectées, l’ignorance et l’arrogance ayant pour effet d’éveiller des peurs réciproques et le désir d’écraser l’autre.
La peur de l’autre se résume à la peur, parfois fantasmée et parfois réelle, de le voir peser sur nos décisions petites et grandes. Peser sur quoi ? sur le partage des richesses matérielles, sur les lois et les décisions administratives... Peser comment ? par les rouleaux compresseurs de l’argent, de la politique, de l’information de masse, de la répression, toutes ces formes de pouvoir liées au nombre.
Dans les siècles passés, la lecture des événements était plus claire : un chef de guerre s’emparait d’un pays, imposait son administration et sa culture. Le pays conquis devenait romain, français, turc, espagnol... Ce schéma n’a pas disparu mais la règle est désormais la démocratie représentative. Pour avoir une chance de peser un peu sur ce qui nous concerne, nous devons nous trouver du côté de la majorité, puisqu’au moment des décisions, c’est le comptage des voix qui fait pencher la balance. Et cela sans égards pour la qualité des arguments, les décisions votées parant de légitimité les plus criantes incohérences. Comment faire pour avoir, sur un territoire donné, une majorité "entre nous" ? S’entourer de frontières et à l’intérieur de ce périmètre, tout faire pour priver de la citoyenneté (du droit de vote) ceux qui ne font pas partie de notre ethnie. Jusqu’à la sinistre épuration. La démocratie représentative et sa loi de la majorité n’ont donc en rien freiné l’impérialisme, elles n’ont fait que le barbouiller de légitimité.
Il faut donc trouver d’autres modèles. Donnons-nous pour tâche de démontrer qu’on peut fonctionner en respectant les intérêts de tous, mino ou majo- ritaires, par l’invention de SYNTHÈSES, par des solutions non bloquées qui évoluent dans le temps : aujourd’hui, tu as été lésé par la distribution, mais nous le ressentons tous comme une blessure et au prochain tour tu seras le premier servi. Les incompréhensions et les conflits seront traités au plus près des intéressés qui auront recours à des MÉDIATEURS.
En fait le seul obstacle à la paix, la seule raison d’être des frontières et des armées, c’est la peur de l’autre qui nous pousse à le NIER. Que celui ou celle qui se trouve nié-e se révolte, c’est naturel, mais il faut dépasser ce premier niveau : révoltons-nous tous quand l’humanité de nos voisins est niée, car notre HUMANITÉ en dépend. Nous n’aurons RAISON que lorsque NOTRE thèse inclura VOS objections.
Les gens qui se croient réalistes disent que ce ne sont pas les bons sentiments qui font changer la société mais les données objectives. Et bien, justement, les données objectives nous donnent un sérieux coup de main : plus personne ne peut nier que nous sommes entrain d’empoisonner la terre. C’est ce que fait, entre autres, l’armée israélienne avec ses bombes enrobées d’uranium appauvri.
Alors, vite, les amis, démontrons qu’on peut décider collectivement sans concentration de pouvoir ni fanatisme. Une Terre ? Nous en avons déjà UNE ! Le seul problème c’est de partager dans le respect ses abondantes mais fragiles richesses.
Le monde n’attend que la confirmation de son espoir encore mal formulé :
La terre à découvrir en ce nouveau millénaire, c’est celle du "VIVRE ENSEMBLE" ! Embarquons-nous !!!
Françoise Chanial