
Une préoccupation collective
Dans le domaine du bâtiment, le consensus est large : les associations de protection de l’environnement plaident pour des bâtiments à énergie positive, les associations sociales et de consommateurs se mobilisent pour éviter le surendettement des foyers (en un an le prix du fioul a augmenté de 22% et celui du gaz de 11%), les professionnels du bâtiment ont de quoi travailler jusqu’en 2050, les collectivités cherchent à réduire leurs coûts de fonctionnement, enfin certaines banques se réveillent pour financer les travaux d’économie d’énergie...
Les solutions
Isoler le toit et les murs de la maison : 10 à 20% d’énergie épargnée, isoler les planchers bas : 5 à 10% d’énergie épargnée, remplacer une fenêtre simple vitrage par une fenêtre double vitrage renforcé : 10% d’énergie épargnée... Si l’on ajoute une chaudière performante à « basse température » ou « condensation » on peut encore diminuer la consommation de 30 à 40%. L’appoint peut alors être fait avec les énergies renouvelables : solaire, géothermique, bois (La filière bois ne représente que 16% des consommations énergétiques totales)... Les marges de progressions sont immenses pour faire passer la consommation énergétique moyenne de plus de 300 à 50 Kwh/an/m².
Alors qu’attend-on ?
Malgré de réelles prises de conscience concernant l’irréversibilité du changement climatique, l’idée d’une politique drastique d’économies d’énergie n’arrive pas à s’imposer face à la « liberté de choix ». On privilégie encore l’information : étiquette énergétique et l’incitation : crédits d’impôt. Mais seule une politique volontariste peut permettre de diminuer significativement la dépendance envers les énergies fossiles et nucléaires. En Allemagne dès 2001, l’Alliance pour l’emploi et l’environnement a réuni pouvoirs publics, entreprises et syndicats pour lancer un programme de rénovation énergétique du logement. 1,2 milliard d’euros y ont été consacrés permettant la rénovation de 200 000 logements, la création de 25 000 emplois en 2004 et une réduction d’un million de tonnes de CO2.
Actuellement la France est dotée d’une « réglementation trop complexe, mal appliquée et insuffisamment contraignante. Elle apparaît illisible à la plupart des acteurs économiques et sociaux et hésite toujours entre des objectifs de résultats et des obligations de moyens ; cela se constate dans les relations interministérielles » (Conseil économique et social).
Et pourtant c’est dès maintenant qu’il faut agir car le secteur du bâtiment est très lent à évoluer. Il faudrait rénover dès maintenant 400 000 logements par an. Les travaux de rénovations effectués actuellement figent le bâtiment pour une trentaine d’année. Plus nous tarderons à agir, plus les efforts à l’avenir seront coûteux.
Pour ces raisons, les Amis de la Terre se mobilisent pour demander une loi contraignante.
Nous demandons l’obligation d’effectuer des travaux de rénovation thermique des logements à chaque transaction immobilière (mise en vente ou en location) ou travaux d’envergure pour ramener leurs consommations d’énergie primaire à 50 kWh/an/m². Dans le même temps, les outils d’aide financière doivent être mis en place pour soutenir les propriétaire effectuant les travaux.
Les Amis de la Terre ont un rôle fort à jouer sur l’habitat pour ne pas que les messages préconisant les solutions au gaz ou électriques soient suivis.