La conférence bolivienne sur le climat : une lueur d’espoir après l’échec de Copenhague

Dans le sillage de la conférence sur le climat de Copenhague et de l’accord a minima conclu par quelques pays développés et émergents, le gouvernement bolivien convoque du 19 au 22 avril 2010, la première conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre Mère [1]. La fédération internationale des Amis de la Terre accueille avec intérêt cette conférence et sera représentée par une délégation [2] qui participera aux débats aux côtés de représentants de mouvements sociaux, d’ONG, de gouvernements et de peuples indigènes venant du monde entier.

Cette conférence a pour objectif d’ouvrir un espace à la société civile et à des représentants de gouvernements pour s’unir autour de revendications communes et donner un nouvel élan et une autre direction aux négociations des Nations unies sur les changements climatiques en réclamant la justice climatique.

Nnimmo Bassey, Président de la fédération internationale des Amis de la Terre explique : « Les positions de la Bolivie sur les questions environnementales constituent une lueur d’espoir. Nous espérons que d’autres gouvernements et collectivités locales s’en inspireront. Malgré des difficultés économiques, la Bolivie a tenu bon et n’a pas cédé aux tactiques de division et de diversion déployées par les pays les plus riches à Copenhague ».

« La Convention des Nations unies sur le climat a reconnu le principe de responsabilité des pays développés pour les émissions actuelles et historiques. Ce principe fondamental est pourtant régulièrement remis en cause par certains pays développés. De plus, cette Convention a été profondément affaiblie et détournée par certains gouvernements pour faire la promotion de leurs entreprises au détriment de solutions efficaces au niveau environnemental et justes socialement » ajoute-t-il.

La conférence s’articulera autour de 17 ateliers qui élaboreront des propositions, entre autres, sur les dangers des marchés carbone, le protocole de Kyoto, les forêts, l’agriculture et la souveraineté alimentaire.

«  Le protocole de Kyoto inclut de fausses solutions comme la compensation carbone à travers les mécanismes de développement propre. Cette conférence en Bolivie nous permet de promouvoir des alternatives et de discuter d’une approche plus juste avec les représentants des mouvements sociaux, des syndicats et des peuples indigènes » conclut Nnimmo Bassey.

Les failles de la compensation carbone permettent aux pays développés de continuer à polluer comme ils l’ont toujours fait. Le mécanisme de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD) risque de privatiser les forêts pour permettre aux pays développés de compenser leurs émissions. Le danger est alors d’exclure de ces forêts les communautés locales et les peuples indigènes pour faire des puits de carbone ou encore de transformer des forêts naturelles en monocultures d’arbres à croissance rapide.

La Bolivie a décidé de remettre en cause l’approche des pays développés, plus soucieux de défendre leurs intérêts que ceux de la planète et de ses habitants. Ce pays a mis sur la table des négociations des propositions très progressistes sur la dette écologique, demandant aux pays développés de réduire leur utilisation de l’espace écologique et d’aider les pays et les communautés les plus vulnérables à faire face aux conséquences des changements climatiques dont ils ne sont pas responsables.

Notes
[1] Le site Internet de la conférence est http://pwccc.wordpress.com
[2] Pour plus d’informations, les coordonnées des membres de la délégation des Amis de la Terre :

Europe
Asad Rehman, Chargé de campagne senior, Friends of the Earth England, Wales and Northern Ireland : +44 77201 47280
Joseph Zacune, coordinateur du programme “Justice climatique et énergie” de la fédération internationale des Amis de la Terre +44 7912 406424
Meena Raman, Secrétaire d’Honneur des Amis de la Terre Malaisie : + 41

22 908 35 50

Afrique
Nnimmo Bassey, Président de la fédération internationale des Amis de la Terre, Tel : +234 80 37 27 43 95 (Nigerian mobile)

Amériques
Martin Drago, coordinateur du programme “Souveraineté alimentaire” de la fédération internationale des Amis de la Terre +59899 138559
Kate Horner, chargée de champagne, Les Amis de la Terre US +1 360 319 9444
Isaac Rojas, coordinateur du programme “Forêt et Biodiversité” de la fédération internationale des Amis de la Terre Tel : + 506-83 38 32 04 or 506-22 68 60 39

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