Il faut relancer l’économie, donc la production. En conséquence, pourquoi brider les entreprises avec des « contraintes environnementales » qui seraient des obstacles à leur compétitivité ? L’environnement « ça coûte cher » ! En 2011, des opportunités de questionner nos modes de vie énergivores et irresponsables auraient pu être saisies : un débat public nécessaire sur le nucléaire, une régulation possible des activités des banques lors du G20, et, plus récemment, les négociations climatiques de Durban.
Pour les Amis de la Terre qui s’investissent pour remettre en question le modèle actuel et promouvoir une nécessaire transition énergétique, ces rencontres auront été des rendez-vous manqués. Mais l’indignation et une dynamique mondiale de transformation est en marche. Ici aussi, nous continuerons à nous mobiliser pour soutenir la justice sociale et économique !
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Durban, un sommet qui touche… le fond
Le protocole de Kyoto, signé en 2005 constituait une base intéressante bien qu’insuffisante pour que les pays notamment industrialisés, réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre. Il serait nécessaire d’une part de revoir ses objectifs (au regard des derniers rapports du GIEC) et d’autre part de le rendre vraiment contraignant, c’est-à-dire obligatoire sous peine de sanctions fortes, enfin de le faire signer par ceux qui jusqu’à présent n’avaient pas adhéré.
Rien de tout cela ne s’est produit à Durban. Les objectifs ne permettront pas de contenir le réchauffement climatique en deçà de 4 °C. Or à 4 °C, les experts indépendants s’accordent sur l’apparition d’événements climatiques avec des réactions en chaîne incontrôlables. Les pays les plus pauvres subissent pourtant déjà très lourdement les impacts des changements climatiques.
Des réponses vides de sens
Lors du sommet de Cancun, il a été décidé de la création d’un Fonds vert pour aider les pays les plus menacés à s’adapter au changement climatique. Les pays industrialisés se sont engagés à y verser 100 millions de dollars mais s’ils mettent autant de zèle à abonder ce Fonds qu’ils en mettent à réduire leurs émissions, il est probable que ce Fonds vert reste vide…
Parallèlement, beaucoup de pays profitent de ces négociations climatiques pour impulser de fausses solutions dangereuses pour les climats comme l’expansion des marchés carbone quand d’autres viennent défendre et promouvoir les intérêts de leurs industries polluantes et de leurs multinationales.
Pour Nnimmo Bassey, président des Amis de la Terre International : « Ce que les pays riches doivent entendre, c’est que l’Afrique ne veut pas payer pour leur crise. Tout autre accord qu’un accord juridiquement contraignant avec de fortes réductions des émissions pour les pays développés, dans une seconde phase du protocole de Kyoto, doit être appelé par son nom : ce sera un permis d’incinérer l’Afrique et ses peuples. »
Nous, Amis de la Terre, ne devons, ne pouvons pas accepter que le devenir des peuples et des générations futures soit traité de cette façon.
Début juin 20121 aura lieu la Conférence de Rio + 20 qui est également un moment de mobilisation crucial pour l’environnement. Il y sera question en particulier de gouvernance mondiale de l’environnement et de la biodiversité. Nous ne pouvons pas manquer ce rendez-vous. Afin de faire pression sur les pouvoirs publics de sorte à les amener à prendre des mesures significatives, nous avons besoin de votre soutien.
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Martine Laplante
Présidente des Amis de la Terre France




