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La mort s’exporte bien

mai 2002,
Maîtrisons l’énergie de notre coopération !

Campagne

La France financera-t-elle un nouveau Tchernobyl ?

En 1986, l’Ukraine est victime à Tchernobyl de l’accident le plus grave de l’histoire du nucléaire civil. La santé des populations et surtout des enfants vivant dans les zones contaminées est terriblement affectée par des pathologies qui dépassent en horreur tout ce qu’on pouvait imaginer.

En 2001, la France joue de tout son poids pour que soient financés, au titre de la coopération internationale, le maintien et la construction de centrales aussi dangereuses que Tchernobyl. Les industriels occidentaux sont les seuls réels bénéficiaires de ces investissements qui ne répondent pas aux besoins socio-économiques des habitants d’Europe de l’Est.

Le France rayonne à l’Est dans le secteur nucléaire, mais est-ce ce dont ont besoin les victimes de Tchernobyl et le reste de la population européenne ?

Les sommes colossales en jeu peuvent être investies dans le développement d’énergies alternatives et des programmes d’économies d’énergie autrement pertinents dans le contexte de l’ancien bloc soviétique.

Comment la France soutient-elle le lobby nucléaire ?

L’Europe de l’Ouest se désengage du nucléaire sur son territoire car il est jugé trop dangereux et coûteux par l’opinion publique. L’industrie nucléaire cherche de nouveaux marchés à l’est et fait pression sur les gouvernements. Ces multinationales se maintiennent ainsi à flot en escomptant de prochaines commandes de centrales en France à partir de 2005.

  •  La Coface assure les exportateurs français du nucléaire

    La Compagnie française pour l’assurance du commerce extérieur (Coface) garantit les entreprises françaises qui investissent à l’étranger contre d’éventuels risques financiers. Pour les grands contrats civils ou militaires, la Coface est sous la tutelle directe du Ministère de l’économie, des Finances et de l’industrie sans réel contrôle du parlement sur ses activités. Elle s’apprête à garantir au nom de l’Etat français des investissements d’EDF et de Framatome en Ukraine à hauteur de 136 millions d’euros.

  •  La BERD : l’aide publique au développement du nuclèaire

    En décembre 2000, la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) a décidé l’octroi d’un prêt de 215 millions d’euros au projet K2R4, sous certaines conditions. Cet argent, qui serait versé au titre de " l’aide au développement ", aggraverait encore la crise en Ukraine car il lui serait très difficile de rembourser ce prêt.

  •  Le rôle de l’Union Européenne à travers Euratom

    Pour compenser l’effondrement des commandes nucléaires à l’Ouest, la Communauté Européenne de l’énergie atomique (Euratom) finance à l’heure actuelle exclusivement des projets nucléaires en Europe de l’Est. Les sommes sont colossales : plus de 680 millions d’euros seraient alloués au projet K2R4 ! Ces prêts doivent cesser car le financement du nucléaire par Euratom est en contradiction totale avec le soutien déclaré par l’Union Européenne à une politique énergétique durable.

    Non au projet K2R4 !

    La BERD, la Coface et Euratom, sous la pression de la France, vont bientôt décaisser plus d’un milliard d’euros pour achever la construction de deux réacteurs nucléaires en Ukraine, à Khmelnitsky et à Rivne (K2R4).

    Les réacteurs K2R4 ne seraient autorisés à fonctionner dans aucun pays occidental. Comme Tchernobyl, ils ont été conçus à l’époque soviétique et leur technologie est dépassée. Ils sont donc très dangereux pour l’environnement et les populations de toute l’Europe.

    D’après un sondage réalisé par l’Institut Gallup en avril 2000, seulement 14 % des Ukrainiens sont favorables au projet K2R4 ; le gouvernement ukrainien lui-même est divisé sur le sujet. Malgré de nombreuses propositions alternatives comme les turbines au gaz, les autorités ukrainiennes ignorent l’avis des experts et de l’opinion publique.

    Ce projet ne présente pas d’intérêt réel pour l’Ukraine dont les capacités de production électrique dépassent aujourd’hui la demande. Plusieurs études indépendants ont démo,ntré que ce projet n’était pas rentable et allait aggraver la situation financière du pays. L’Ukraine a plutôt besoin d’améliorer son efficacité énergétique en investissant dans la modernisation des réseaux électriques et des industries.

    La BERD peut encore arrêter le financement de K2R4. Il est donc toujours temps d’exiger des institutions européennes et du gouvernement français le retrait d’un soutien financier inutile et dangereux.

    Demandez-nous et envoyez les cartes postales au Président de la République, au Premier Ministre et au Président de la BERD.

  •  Les retombées de Tchernobyl équivalent à dix fois Hiroshima et ont contaminé des millions de victimes.

    Dans la région de Tchernobyl, les éléments radioactifs sont toujours présents dans l’eau et les cultures. La population continue à être contaminée par les produits alimentaires. Ainsi, 70 % des enfants biélorusses contrôlés ont des problèmes cardiaques ; d’autres souffrent de retards mentaux ou de pathologies inconnues (malformations…).

    La France n’a pas été épargnée. Pour ce qui est des cancers de la thyroïde, " cette pathologie a doublé en France ", reconnaît Jean-françois Lacronique, patron de l’OPRI (office de protection contre les rayonnements ionisant). D’autres scientifiques avancent des chiffres encore plus élevés. Aujourd’hui, on ne peut exclure que se produise à nouveau un accident comme celui de Tchernobyl car les institutions de sûreté en Europe de l’est présnetent de graves disfonctionnements.

    L’Union Européenne repousse les dates de fermeture des centrales nucléaires à l’Est

    Centrale nucléaire Date de fermeture prévue en 1997 (Agenda 2000) Nouvelle proposition en 1999 au sommet européen d’Helsinky
    Kozloduy (Bulgarie) Unités 1 et 2 : printemps 1997
    Unités 3 et 4 : fin 1998
    2003 non déterminée
    Ignalina (Lituanie Unité 1 : 1998
    Unité 2 : 2002
    2005
    2009
    Bohunice (Slovaquie) Unités 1 et 2 : 2000 2006-2008

    Les menaces des centrales nucléaires soviétiques sur l’Europe

    Des réacteurs de type Tchernobyl sont toujours en activité en Europe de l’est, notamment en Lituanie, un pays candidat à l’entrée dans l’Union Européenne. Cinq réacteurs ne possèdent même pas d’enceintes de confinement capables de contenir la radioactivité en cas de fuite ou d’explosion. De plus, ils sont très mal entretenus et font peser une grave menace sur l’ensemble du continent. Ces réacteurs doivent être arrêtés et démantelés le plus rapidement possible.

    Le nucléaire, un obstacle à la démocratie et au respect des droits humains

    Les autorités étouffent tout débat sur le nucléaire et ses effets sur la santé des populations. En Biélorussie, le Professeur Bandazhevsky, qui a mesuré la contamination subie par les enfants après l’accident de Tchernobyl, a été condamné en juin dernier à huit ans de travaux forcés à l’issue d’un procès monté de toutes pièces, pour l’empêcher de révéler la gravité de la contamination.

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    Lisez la lettre de Galina Bandazhevskaia (septembre 2002) :

    Demande pour l’engagement de la
    procédure d’urgence dans
    l’affaire Bandazhevsky à l’ONU

    Vous pouvez envoyer une carte de soutien à
    M. Youri Bandazhevsky,
    Kalvarijkaya, 36
    Boîte postale 3521,
    Minsk, 220 600
    Biélorussie
    (il comprend le français)

    Un choix contre la volonté des citoyens tant à l’Est qu’à l’Ouest

    La plupart des pays d’Europe centrale et orientale subissent depuis dix ans une grave crise économique. L’Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie sont particulièrement touchées. Cette crise se traduit notamment par une baisse de la consommation d’énergie. Nombre de foyers et d’entreprises ne sont plus en mesure de payer leurs factures d’électricité. Les investissements dans des infrastructures nucléaire sont inutiles et non rentables pour ces pays. Ils détournent des sommes d’argent très importantes qui pourraient être utilisées pour améliorer l’efficacité énergétique.

    Les prêts de la BERD, d’Euratom et les garanties de la Coface au nom de l’Etat français offrent au nucléaire un avantage contre lequel les autres secteurs énergétiques, et en premier lieu les énergies renouvelables, peuvent difficilement lutter, car ils ne bénéficient pas de telles subventions. La coopération doit être orientées vers les énergies alternatives.

    65% des Français sont opposés à ce que la France aide au financement du nucléaire dans les pays de l’Est (sondage BVA pour les Amis de la Terre, octobre 2001)