Quiconque aime se promener, courir, flâner, lire... ou simplement échapper au bruit et à la fureur de la ville en se réfugiant sur les rives du Canal du Midi, peut constater que sa tranquillité et la sécurité sont de moins en moins garanties.
La piste cyclable est progressivement envahie depuis des années par les scooters, motos à grosses cylindrées, mobylettes. On y voit parfois même des quads, et il est fréquent que des amateurs de moto cross s’entraînent sur l’autre rive. La situation s’aggrave rapidement, et prend les allures d’un défilé. Impossible d’échapper au bruit et au gaz dégagés pas ces engins. Difficile d’entamer la discussion avec leurs conducteurs, qui savent parfaitement être en infraction : la réaction sera soit agressive, soit du type individualiste « la petite exception que s’autorise mon nombril n’est pas bien grave »...
L’un des rares lieux de détente dans une ville connue pour son déficit cruel en espaces verts, en pistes cyclables dignes de ce nom, en rues piétonnes, en transports en commun efficaces, est donc menacé de fait.
La responsabilité en revient au laxisme de la Mairie de Toulouse. Ses agents ne verbalisent jamais lorsqu’ils sont (exceptionnellement) présents ; la signalisation n’est pas claire. Les Amis de la Terre considèrent que l’environnement des Toulousains se dégrade, sous le regard indifférent d’une Mairie qui tarde à prendre acte des urgences actuelles. Faut-il organiser une projection du film « Une vérité qui dérange » au Capitole ?
On considèrera donc que son engagement dans une démarche Agenda 21 relève uniquement de la communication. Plus grave, lorsqu’un accident aura lieu, avec pour victime une personne âgée, une femme enceinte, un joggeur, et qu’une action en justice sera entamée à son encontre, elle saura qu’elle ne pourra plus plaider l’ignorance de la situation. La remarque vaut aussi pour Ramonville, qui ne fait pas preuve d’une plus grande fermeté.
Quelques jours après la rédaction de ces lignes, nous apprenions le décès d’un cycliste percuté par un motard entre Donneville et Castanet Tolosan ...
Thierry Schlumpf, décembre 2006