La pollution de l’air à Paris crève le plafond

Paris, le 18 décembre 2013 - Malgré la publication du deuxième plan de protection de l’atmosphère d’Île-de-France, l’élaboration d’un plan d’urgence pour la qualité de l’air (PUQA) par le ministère de l’Ecologie et le plan de lutte contre la pollution de l’air du Maire de Paris, les seuils d’alerte des polluants réglementés sont durablement dépassés. Les Amis de la Terre Paris ont interpellé les pouvoirs publics à l’assemblée générale d’Airparif pour dénoncer une nouvelle fois [1], les mesures cosmétiques de ces plans.

Les émissions de polluants n’ont pas baissé et la qualité de l’air stagne à un niveau inacceptable, qui dépasse régulièrement les normes fixées pour la protection de la santé. L’épisode de la semaine passée en est l’illustration criante.

Toutes les études épidémiologiques produites attestent une morbidité accrue des populations exposées au dépassement des valeurs limites, et l’étude APHEKOM démontre l’impact sanitaire des polluants PM10. Depuis cette étude, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé le 17 octobre 2013 la pollution atmosphérique comme cancérigène certain. De plus, une étude financée par l’Union européenne, publiée le 9 décembre 2013, révèle qu’une exposition prolongée aux particules fines a un effet néfaste pour la santé à des concentrations bien inférieures aux normes actuelles.

En conséquence, les Amis de la Terre Paris appellent les pouvoirs publics à aller au delà des mesures homéopathiques qui ont montré leur inefficacité, pour enfin réduire drastiquement les émissions des polluants.

La moyenne pluriannuelle des dépassements des valeurs limites des particules fines est constatée pour 77 % sur les stations d’observation près du trafic, pour 14 % sur les stations urbaines et 9 % sur les stations rurales. Ce constat met en évidence s’il était nécessaire qu’une réduction de la circulation automobile s’impose pour réduire la pollution de l’air.

Claude Bascompte président des Amis de la Terre Paris déclare : « Il est temps d’agir avec détermination en restreignant l’usage de voiture, car en 2013 nous avons respiré, plus d’un jour sur trois, un air qui ne répond pas aux exigences de santé publique ».

Sans attendre la révision éventuelle d’un plan de bonnes intentions, nous demandons au Préfet de police de prendre les mesures suivantes :
- interdire la circulation des véhicules légers diesel dans Paris de 7h à 22h du lundi au vendredi ;
- interdire la circulation des véhicules les plus puissants (émissions de 170g de CO2/Km) ;
- interdire le trafic de transit des camions sur le périphérique et dans Paris, et imposer un contournement permanent de l’agglomération pour tout le trafic PL de transit.

Lors de l’Assemblée générale d’Airparif qui s’est tenue aujourd’hui, les Amis de la Terre Paris ont interpellé les pouvoirs publics sur les nécessaires mesures d’urgence, de précaution et de prévention pour réduire la pollution de l’air. Comment les pouvoirs publics comptent-iles éviter ces situations de crise trop souvent répétées ? Et plus globalement comment réduire la pollution chronique pour satisfaire aux normes de santé publique ?

Les représentants des pouvoirs publics ici présents ont énoncé les mesures alibi mises en œuvre ; mesures négligeables et marginales face à l’ampleur de la pollution constatée.

_ Cet épisode d’alerte à la pollution particulièrement long a suscité de nombreuses déclarations et prises de positions et une polémique entre les deux candidates à la Mairie de Paris.

Pour les Amis de la Terre, cette polémique qui vise à se renvoyer la responsabilité est intolérable. Les citoyens n’ont que faire de ces querelles politiciennes. Il est totalement inacceptable de proposer des mesures pour 2020 pour l’une des candidates et 2017 pour l’autre, la pollution irrespirable c’est maintenant.

Contact presse : Claude Bascompte - 06 81 20 12 35

Notes :
[1] Le nouveau plan de protection de l’atmosphère d’Île-de-France est un échec annoncé. Les Amis de la Terre Paris avaient déjà demandé aux pouvoirs publics de renforcer ce plan, lors d’une action le 1er juin 2013, devant la préfecture de police : http://www.amisdelaterre.org/Lacher-de-particules-fines-pour.html

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