L’éthique de la responsabilité invisible ainsi présentée souhaite traduire la vigilance des ONG et leur refus d’accepter des situations de fait imposées par les STN dans une filière industrielle .
La responsabilité de l’exploitation industrielle d’une filière technologique ou biotechnologique :
Le cas des OGM et des pesticides fabriqués par une même firme transnationale, comme par exemple MONSANTO, conduit déjà à générer des situations de risques aggravés pour l’homme et pour l’environnement du fait d’une technologie non entièrement maîtrisée. Et lorsque la STN vient aussi à fabriquer des médicaments pour tenter de soigner éventuellement ( je dis bien "éventuellement") , les dégâts causés à la santé humaine par les premiers éléments ( OGM et pesticides ) nous sommes légitimement en droit de nous interroger sur cette chaîne de responsabilités globales ( OGM, pesticides, médicaments) constituée par une responsabilité en cascade, et non visible.
A la découverte d’un réglementation inexistante
Ce phénomène de responsabilités pris tant séparément pour chacun des éléments en présence que par leur interaction conjuguée, cumulative et potentiellement risquée sont ainsi susceptibles, à l’intérieur d’une filière industrielle, ( ce qu’on appelle en termes économiques "des externalités négatives" ) entraîne ce que, selon moi, je qualifie de responsabilité invisible.
Il s’agit bien d’une responsabilité invisible, car elle n’est ni caractérisée, ni définie au regard de la loi et ni par des réglementations.
De futures victimes abandonnées ?
Cette responsabilité invisible agit envers les populations présentes, mais aussi envers les générations futures, car elle méconnaît les conséquences et l’ampleur des risques et phénomènes provoqués par l’exploitation industrielle d’une technologie récente non entièrement maîtrisée, c’est-à-dire sortie trop rapidement de la phase de recherche fondamentale.
La demande de mise en débat public de la responsabilité des STN :
Le cas des biotechnologies n’est malheureusement pas isolé puisque se profilent des problèmes identiques avec les nanotechnologies et les bio nanotechnologies.
Je vous invite : d’une part à une prise de conscience forte et d’autre part, à exercer une grande vigilance dans l’évolution de ces domaines de responsabilité enfin, à poser le problème public de la responsabilité invisible des STN. Aujourd’hui, j’attends vos questions et vos réactions sur cette problématique.
Nous parlons d’activités des STN, mais nous pourrions énoncer aussi leur inactivité volontaire comme principe de responsabilité.
Concernant la controverse sur les OGM
1. Un membre de l’administration du gouvernement des Etats Unis ( dont j’ai oublié le nom ! ) a déclaré publiquement que GREENPEACE et Les Amis de la Terre sont des terroristes : je soumet ce commentaire à votre appréciation !
2. A cet accusateur, nous pouvons répondre que la fourniture d’OGM alimentaires aux PMA - pays les moins avancés- dans le cadre d’une aide humanitaire imposée, constitue un principe inacceptable au point de vue de l’éthique défendue par les ONG notamment par les Amis de la Terre ( je pense que GREENPEACE est sur cette même ligne de conduite ) .
Privilégier la prévention
Sur la question de la bonne application des lois et des normes internationales, il est nécessaire de disposer d’organes de relais dans les pays concernés, susceptibles d’intervenir en lanceur d’alerte.Dans cette optique nous préconisons la protection des lanceurs d’alerte ( qu’ils soient chercheurs, techniciens, scientifiques, intellectuels ) engagés soit dans la STN soit dans la société civile car ils sont à la base de la détection des risques.
voir l’intégralité du texte dans la pièce jointe.
Cette contribution a été présentée à l’ONU le 29 mars 2004 dans le cadre de la 60 è session de la commission des drois de l’homme.
Une version plus documentée est en préparation pour être présentée en ligne début septembre 2004.
Voir aussi les articles suivants :
"les attentes de la société civile dans la filière agro-chimique"
"création d’une coordination pesticides"

