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La situation difficile des défenseurs de la nature en Equateur

Malgré une nouvelle constitution prometteuse, respectueuse des droits de la nature et des communautés, celles-ci se trouvent menacées par l’exploitation minière et pétrolière.

Le 15 janvier 2007, le président Rafael Correa arrive au pouvoir, soutenu par les mouvements sociaux : organisations autochtones, défenseurs de l’environnement, étudiants et travailleurs. En 2008, la nouvelle constitution de l’Equateur reconnaît des droits à la nature et de nouveaux droits aux communautés, notamment en matière de consultation. Cette reconnaissance est en partie l’initiative des peuples autochtones.

Toutefois, bien que Rafael Correa ait souvent mis en avant la notion de « sumak kawsay », mots quechuas qui signifient « bien vivre », les belles perspectives inscrites dans la constitution n’ont pas été appliquées. Les faits sont bien différents du discours de la « révolution citoyenne ».

Une situation de plus en plus conflictuelle

En effet, la société civile équatorienne avait proposé de laisser le pétrole sous terre dans le cadre de l’initiative Yasuni-ITT. Le parc national Yasuni, zone de la forêt amazonienne, où vivent des peuples autochtones en isolement volontaire, renferme une grande diversité biologique. Le président qui était porteur du projet dès le début, et qui demandait aux pays développés de financer la sauvegarde de l’Amazonie, a décidé finalement de l’abandonner le 15 août 2013. Pour défendre la zone de l’exploitation pétrolière, le collectif Yasunidos se crée dans le but de faire reculer le gouvernement. Il a recueilli des signatures dans tout le pays afin de demander une consultation populaire, conformément à la constitution équatorienne. En plus du discrédit de la part du gouvernement, Yasunidos a subi le refus frauduleux d’une partie des signatures par le CNE (Conseil national électoral) qui a refusé la consultation.

Actuellement, en Equateur, les mouvements de défense de l’environnement sont réprimés. Dans le sud du pays, dans la Cordillère du Condor, plusieurs leaders Shuars ont été assassinés car ils s’opposaient à l’exploitation minière de la zone. Dans la province d’Imbabura, vallée d’Intag, les communautés s’opposent aux compagnies minières depuis presque vingt ans : le représentant de la communauté de Junin, Javier Ramirez a été emprisonné car il s’oppose à l’exploitation du cuivre dans la région.

Suite à la conférence sur le climat, COP 20, au Pérou, le gouvernement a encore durci sa position contre les autochtones et des défenseurs de l’environnement. Les Yasunidos qui voulaient se rendre à Lima ont été harcelés. Au mois de décembre, le gouvernement a exigé l’expulsion de la CONAIE (coordination des organisations autochtones) de son siège où elle était présente depuis 30 ans. En janvier, des Waoranis ont été arrêtés. Malgré tout, les défenseurs de la nature ne se laissent pas impressionner et poursuivent leur lutte.

> CRESSIA JEUNET ET EDUARDO PICHILINGUE


(c) Edouardo Pichilingue

Rédigé le