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La suède rompt avec l’accord de Paris sur le climat en acceptant de vendre ses participations dans le charbon

Le gouvernement suédois rompt avec les principes de l’accord de Paris sur le climat en acceptant de vendre ses participations dans le charbon. La France doit faire preuve d’exemplarité, en demandant à ENGIE de mettre un terme à ses activités climaticides en Australie.

Stockholm, Suède — Les militants du mouvement pour le climat dénonce avec vigueur la décision du gouvernement Suédois. Ce dernier vient en effet d’approuver la vente des mines de lignite et des centrales à charbon que détient l’entreprise publique suédois Vattenfall en Allemagne. Plutôt que d’empêcher la vente, pour s’assurer que la lignite reste dans le sol, la Suède a donc accepté l’offre de l’entreprise tchèque EPH.

Le co-fondateur de 350.org Bill McKibben regrette cette décision : « On ne peut pas jouer à duper les lois de la physique. Émettre ce CO2 est un véritable acte de sabotage climatique. Nous allons faire notre possible pour que le charbon reste dans le sol”.

Olivia Linander, chargée de campagne pour 350.org en Suède explique : “La décision du gouvernement suédois de rompre avec l’accord de Paris est une preuve supplémentaire du fait que les gouvernements ne tiennent pas leur promesse d’empêcher la catastrophe climatique. Nous devons donc les y contraindre. C’est le rôle des gens ordinaires de faire en sorte que les combustibles fossiles, que nous ne pouvons plus nous permettre de brûler, restent dans le sol. Et pour qu’ainsi, nous engagions la transition vers un futur libéré du charbon, du gaz et du pétrole.

Vattenfall va donc céder l’une des mines de lignites les plus importantes d’Allemagne, et des centrales à charbon parmi les plus polluantes d’Europe, à l’entreprise tchèque EPH, qui a d’ores et déjà annoncé son intention de continuer à exploiter ce charbon. Cette cession pourrait déboucher sur des émissions de CO2 supérieures à une gigatonne de CO2 – soit l’équivalent de ce que la Suède émet en 24 ans.

Le coordinateur de la campagne de 350.org “Libérons-nous des combustibles fossiles” Tim Ratcliffe ajoute : “la Suède a la responsabilité et la capacité de faire en sorte que les gaz à effet de serre liés aux activités de ses entreprises ne soient pas émis. L’esclavage n’a pas pris fin en vendant des esclaves à une autre nation. La crise climatique ne pourra se résoudre qu’en laissant les fossiles dans le sol, pas en les vendant”.

Des mobilisations massives avaient été organisées ces dernières semaines, en Suède comme ailleurs, pour demander au gouvernement Suédois de bloquer la vente. Au mois de Mai, plus de 4000 personnes (parmi lesquelles plusieurs centaines de français) avaient bloquer l’une des mines de lignite de Vattenfall et ses centrales à charbon dans l’est de l’Allemagne pendant plus de 48 heures. Cette action inédite de désobéissance civile de masse, Ende Gelände (jusqu’ici et pas plus loin) s’inscrivait dans le cadre d’une vague mondiale d’actions de blocages d’infrastructures liées aux combustibles fossiles. Des personnalités politiques, des scientifiques et des militants du monde entier avaient demander au gouvernement suédois de bloquer la vente, parmi lesquelles l’ancien Vice-président américain Al Gore et l’ancien président Mexicain Felipe Calderón.

Malika Peyraut, chargée de campagne Climat et Acteurs publics aux Amis de la Terre France précise : “Le cas de Vattenfall et du gouvernement suédois n’est pas isolé. Les entreprises françaises EDF ou Engie cherchent aussi à se débarrasser de leurs centrales à charbon, une hypocrisie climatique dont l’Etat se rend complice puisqu’il en est actionnaire. La possible vente par Engie de l’une des centrales les plus polluante au monde, celle d’Hazelwood en Australie, est une hypothèse qui doit être écartée pour amorcer une fermeture permettant une transition juste pour les travailleurs et les communautés.”

Cette centrale, dont l’intensité carbone est de 1,5 tonnes de CO2 est en effet 50% plus polluante que les centrales à charbon modernes. La mine d’Hazelwood est à l’origine d’un désastre massif, en 2014 : son incendie a recouvert les villes alentour de fumées et cendres toxiques. Vendre Vattenfall est un contre exemple que la France ne doit pas suivre. Le gouvernement français doit au contraire montrer que ses engagements ne sont pas que rhétoriques, en demandant à ENGIE de fermer la centrale, de réhabiliter la mine, d’indemniser ses salariés et de contribuer au financement de la transition énergétique en Australie : les entreprises ne peuvent plus échapper à leur responsabilité.

Nicolas Haeringer, chargé de campagne pour 350.org en France conclut : “à la clôture du Sommet de Paris sur le climat, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont engagées à faire en sorte que les lignes rouges d’un futur juste et durable ne soient jamais franchies. La vente des activités charbonnières de Vattenfall en Allemagne est une ligne rouge. Vendre la mine et la centrale d’Hazelwood est une autre ligne rouge. Nous avons pris un engagement, que nous entendons honorer, en nous mobilisant pour contraindre les gouvernements à laisser les fossiles sous terre.”

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