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La toxicité des nanoparticules sur le riz est confirmée par des chercheurs états-uniens

Le 24 juin 2009, une équipe de l’Université de Clemson (Etats-Unis) a publié une étude (1) mettant en évidence que le riz, exposé à des nanoparticules, peut subir des impacts importants. Les Amis de la Terre demandent un moratoire sur la commercialisation des produits contenant des nanoparticules tant que les interactions entre nanoparticules et monde vivant ne seront pas mieux connues.

L’équipe de l’Université de Clemson a travaillé sur la toxicité des nanoparticules, en menant une étude sur l’interaction entre certaines nanoparticules et les plantes. Elle a choisi délibérément le riz, la plante alimentaire la plus consommée dans le monde.

Les chercheurs états-uniens ont démontré qu’à partir d’une certaine concentration, les nanoparticules peuvent boucher le système vasculaire des plantes et agir négativement sur la production de graines. Pour les plantes exposées aux fullérènes C70, la floraison est retardée d’au moins un mois, et la production de graines est réduite de 4,6 %. L’absorption des nanoparticules se fait d’abord au niveau des semences et des racines, puis des tiges et des feuilles. Pour le Dr Pu Chun Ke : « La présence d’agrégats noirs se trouvant la plupart du temps près ou dans le système vasculaire des tiges, laisse penser que le transport du C70 s’est fait simultanément avec l’absorption de l’eau et des éléments nutritifs dans le xylème. Il est surprenant aussi que des agrégats noirs aient été repérés, bien que moins fréquemment, dans le tissu des feuilles des plantes de seconde génération ».

Les chercheurs notent qu’« il est très probable que l’interaction entre les cellules de la plante et les nanoparticules peut mener à une modification de l’expression des gènes et des processus biologiques qui leur sont liés, et donc avoir des conséquences sur le développement de la plante ».

Pour Rose Frayssinet, réfétente Nanotechnologies des Amis de la Terre, les résultats de cette étude sont un choc. La pollution des sols par certaines nanoparticules pourrait avoir des conséquences dramatiques pour l’agriculture et l’environnement. Nous savions déjà que les nanoparticules de dioxyde de titane (utilisées dans les crèmes solaires, cosmétiques, emballages pour produits alimentaires, peintures, vêtements, etc.) ainsi que les nanostructures de carbone (utilisés dans des crèmes anti-âge, les cellules solaires et les supraconducteurs) peuvent être transmises par des souris enceintes à leurs petits, avec toutes les conséquences négatives pour leur santé. Tant que nous ne comprendrons pas mieux les interactions entre ces particules et le monde vivant, nous exigeons l’arrêt de la commercialisation de tout produit contenant des nanoparticules, en particulier dans l’alimentation et l’agriculture. Le laisser-faire actuel ne peut plus durer.

(1) Etude : Uptake, Translocation, and Transmission of Carbon Nanomaterials in Rice Plants, by Sijie Lin, Jason Reppert, Qian Hu, JoAn S. Hudson, Michelle L. Reid, Tatsiana A. Ratnikova, Apparao M. Rao, Hong Luo and Pu Chun Ke, in small 2009, 5, No. 10, 1128–1132, published online : February 20, 2009, p.1128-1132. Voir www.small-journal.com


Une équipe de l’Université de Clemson (Etats-Unis) a publié une étude (1) mettant en évidence que le riz, exposé à des nanoparticules, peut subir des impacts importants. Les Amis de la Terre demandent un moratoire sur la commercialisation des produits contenant des nanoparticules tant que les interactions entre nanoparticules et monde vivant ne seront pas mieux connues.

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