Rocco Liquri est un conducteur heureux. Sa camionnette C15 Citroën vieille de près de quatorze ans a retrouvé une seconde jeunesse : "il n’y a plus les claquements des culbuteurs, presque plus de fumée noire et il y a aussi moins de passage à la pompe". Un pleins sur trois a disparu, pour être précis. Sans compter que le moteur s’use moins et que la voiture "est beaucoup plus agréable à conduire", sourit l’employé municipal. Et la société de contrôle technique automobile de Rombas, qui a mesuré les paramètres de cette C15 ressucitée, lui donne raison : la pollution a diminué de 82,81% et la consommation de gasoil de 36%.
Ce petit miracle est dû à une pièce métallique d’une quinzaine de centimètre, réalisé pour un coût de 150 euros environ par les services municipaux à partir de pièces disponibles dans le commerce, qui injecte de la vapeur d’eau sous haute pression dans le moteur. "Les plans de ce réacteur à eau nous ont été fournis par deux jeunes ingénieurs, Alexandre Grégoire et Christophe Martz, à partir des travaux du chercheur américain Paul Pantone, précise le maire Luc Corradi. Cet équipement nous revient à 736,96 euros comprenant les pièces et la formation donnée au personnel par Alexandre Grégoire, afin que nous soyons autonomes pour équiper les autres véhicules. Cette somme sera amortie en quelques semaine.
Sérieux et espérience
Les deux jeunes gens, originaires de Metz et de Bouillon (Belgique), diplômés respectivement de l’ENS-GSI de Nancy et de l’Insa de Strasbourg, sont tout sauf des professeurs Nimbus. "Nous avons du recul sur ce système. Il fonctionne sur certains tracteurs depuis des années. Plus de 100 000 heures de travail agricole ont été effectuées à la satisfaction des exploitants. La chambre d’agriculture de l’Aisne a mené une étude sur deux des moteurs de trateurs identiques : celui avec le réacteur à eau consommait 25% de moins et gagnait 6% de puissance" précise Christophe Martz.
Alors, pourquoi cette technique n’est pas mise en place par les grands constructeurs automobiles, malgré des essais probants parus récemment dans deux magazines ? Luc Corradi a sa réponse : "Pensez-vous que les pétroliers soient prêts à voir baisser leurs profits de 20%, les constructeurs automobiles à voir leurs moteurs durer plus longtemps et l’Etat à perdre des milliards d’euros de taxe ? 1% de baisse de la consommation de gasoil, c’est 9 milliards d’euros en moins dans les caisses. Ici, à Vitry, on refuse ce calcul. On va équiper tous les véhicules communaux". L’autre explication avancée par les jeunes ingénieurs est que Paul Pantone, dans un esprit humaniste, a déposé son brevet libre de tous droits : "Personne ne peut gagner de l’argent avec son invention. L’environnement est le seul bénéficiare".
Emmanuel HUMBERT
L’association La Pierre Angulaire peut aider toute personne intéressé par cette technique.
Contact : tél. 06.71.22.54.29 et page web
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