Après un rappel de l’enjeu des FSM, la soirée a débuté avec la projection d’extraits de films présentant des modes de production agricole dans des pays aussi différents que le Laos, le Pérou et le Burkina. Les représentants des associations ont développé, tour à tour, ensuite les points forts de leurs luttes en faveur d’une alternative à l’agriculture productiviste actuelle : souveraineté alimentaire, accès au crédit et à la formation pour le CCFD, accès à la terre et campagne pour une réforme agraire en Inde par Peuples Solidaires. ADM a exposé les liens étroits qui existent entre le développement agricole durable et le commerce équitable. La confédération paysanne a présenté toutes les difficultés et les obstacles rencontrés dans le contexte actuel pour pouvoir produire des aliments biologiques, en préservant les sols, l’eau au présent et eu futur. Un faucheur volontaire nous a rappelé les combats menés contre les OGM alors que 90% des Français sont opposés à leur production. Il nous a dit son pessimisme quant à la proposition de loi sur la clause de sauvegarde des OGM qui doit être votée prochainement...
Puis le débat a été lancé dans la salle et a porté essentiellement sur l’agriculture biologique. N’est-elle pas devenue un luxe ? Peut-elle être généralisée à l’ensemble de la planète ? N’a-t-on pas tendance à reproduire au Sud nos modes de production ? Est-ce que le C.E. ne tombe pas lui aussi dans ce piège ?..
Attac a souligné notre pouvoir de consomm’acteur : « accorder une priorité à se nourrir sainement, localement, équitablement, biologiquement, au lieu d’aller au sport d’hiver par exemple, c’est mieux se porter, c’est diminuer les frais de santé, c’est surtout donner à la société paysanne la possibilité d’évoluer autrement, c’est soutenir la confédération paysanne dans son combat pour un développement durable.
Un buffet a été improvisé de façon très conviviale avec les mets que chacun avait apportés et réalisés selon la règle, « avec des produits soit bio, soit équitables, ou locaux. »
S’il y a eu quelques petites fausses notes, le choix des films qui a laissé à désirer, le manque de structure du débat, le nombre restreint de participants, deux articles de presse du Républicain Lorrain ont évoqué cette journée le 23 et le 30 janvier. .
Ce mini forum aura servi d’autre part à renforcer les liens formés entre des associations qui avaient déjà travaillé ensemble lors de la Campagne « Urgence Planétaire ».
Autre fait positif : avec la projection du film : « We feed the world » donné quelques jours plus tard à Ars sur Moselle, le CCFD a prolongé en quelque sorte le FSM. Et la soirée de Peuples Solidaires « La malbouffe n’est pas une fatalité » organisée avec Vincent Pochon, comme invité, le 15 février prochain à Ancy sur Moselle, s’inscrit elle aussi dans la ligne du FSM.
A l’occasion d’un prochain FSM local, il nous faudra être plus audacieux, essayer de réunir un maximum d’associations susceptibles de s’engager : RESF, LDH, les syndicats CGT, SUD, FSU, SNUIPP, étudiants, migrants…pour élargir davantage le processus du FSM et avoir ainsi un écho beaucoup plus large.
Marie-Paule FRISTOT (Artisans du Monde)