Contribution au problème global
Cahier des charges pour un projet de microcrédit en Asie du Sud
Par Hélène GENUIT, Economiste du développement, Université Montesquieu Bordeaux IV
Sous la direction de Gilbert GOUVERNEUR, Les Amis de la Terre, Comité du Rhône.
Sommaire 2 Présentation du projet 3 En charge du Projet 3 Origine de cette initiative 4 Bilan de la situation de la catastrophe du Tsunami 5 Principes d’action 9 Descriptif du projet 10 Localisation du projet : Région, pays 10 Le microcrédit en tant qu’aide au développement 11 A- L’ONU 11 B- Le microcrédit 11 C- Comment le microcrédit peut-il permettre d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) que les membres de l’ONU se sont fixés ? 12 D- Commentaires 15 Des critères éthiques 25 A titre indicatif : 25 Circuit de financement 26 Destinataires 27 Intervenants possibles en tant que structure de proximité : 28 Echéances et modalités des prêts : 29 Ressources : 30
Présentation du projet
Suite au Tsunami du 26 décembre 2004 qui a fait près de 300 000 morts, nous avons voulu nous investir dans un projet de relance de l’économie locale respectueux de l’environnement et de l’équité sociale qui donne la possibilité aux gens de se reconstruire un avenir meilleur. Aussi, nous engageons un projet de microcrédit en direction des victimes de la catastrophe afin de soutenir la reconstruction qui s’amorce dans les zones sinistrées.
En charge du Projet
Le projet est porté par Hélène GENUIT, économiste du développement, au nom de l’O.N.G. les Amis de la Terre et à partir du Comité local du Rhône basé à Lyon.
Les Amis de la Terre est un réseau international d’associations locales et nationales qui se mobilisent sur les problèmes environnementaux et sociaux actuels, afin de promouvoir un développement soutenable.
Dans cette optique, les Amis de la Terre a développé différentes campagnes destinées à atteindre les objectifs suivants :
la lutte contre la dégradation de la planète, dans le cadre de laquelle entrent des thèmes de travail tels que la lutte contre le changement climatique, la lutte contre les OGMs et pour la conservation de la biodiversité, la lutte contre la désertification et pour la préservation des zones forestières, la protection des océans, notamment avec la question des transports maritimes, et la question de l’eau avec l’accès équitable pour tous à l’eau en tant que bien public, et la restauration des fleuves et des zones humides.
la résistance à la mondialisation économique dans son état actuel, avec des thèmes de travail portant sur les institutions financières internationales, à l’instar du FMI de la Banque mondiale et de l’OMC, notamment sur la question de leur fonctionnement et des politiques dont elles imposent la mise en œuvre, la responsabilisation des multinationales et la lutte contre les exploitations minières.
la promotion d’un développement durable respectueux de l’environnement abordée à partir de l’élaboration d’alternatives sur les questions du commerce et de l’environnement et des sociétés durables, de la promotion de la reconnaissance de la dette écologique et d’une répartition juste de l’espace environnemental.
Ce sont ces objectifs communs qui dictent les actions que mènent les associations fédérées au sein de l’O.N.G. des Amis de la Terre International.
Hélène GENUIT, qui est en charge de ce projet de microcrédit, est titulaire d’un Diplôme d’Etudes Approfondies en Economie du Développement obtenu à l’Université Montesquieu-Bordeaux IV. Elle a réalisé, dans le cadre de ses études, différentes recherches qui ont donné lieu à la rédaction de documents sur les thèmes suivants : Le rôle du FMI dans la gestion des crises d’endettement (DEA) Pauvreté et marché du travail : concepts et méthodes d’analyse (DEA) Genre et développement humain : le cas de l’Afghanistan (Maîtrise)
Origine de cette initiative
Dans le cadre du mouvement de solidarité qui s’est déclaré à la suite de la catastrophe du Tsunami, des acteurs politiques (les Verts Villeurbanne, la Souris Verte) ont voulu coopérer activement avec des associations (les Amis de la Terre, l’association Nord-Sud, l’association pour le Cameroun, le CCO Jean-Pierre Lachaise de Villeurbanne), ceci afin de monter une manifestation permettant de récolter des fonds pour soutenir des projets de « reconstruction durable et équitable » donnant la possibilité aux victimes de reconstruire personnellement leur avenir.
Dans le même temps, Hélène Genuit, sensibilisée aux problèmes de développement, a souhaité s’investir dans le cadre d’un stage au sein de l’association des Amis de la Terre pour réaliser une étude sur le microcrédit.
Le projet vient ainsi s’inscrire en réaction à la catastrophe écologique et humaine du raz-de-marée survenu le 26 décembre 2004, qui a frappé les régions côtières d’Asie du Sud et d’Afrique de l’Est.
Des rives orientales de l’océan indien à ses rives occidentales, de l’Indonésie au golfe du Bengale, de la Thaïlande à l’Afrique, des dizaines de milliers de kilomètres de côtes ont été saccagées...
« Il apparaît de plus en plus clairement que l’urbanisation, l’industrialisation rapide et sauvage des zones littorales fondées sur la marchandisation croissante des activités humaines ont favorisées l’étendu des dégâts par leurs effets dévastateurs sur l’environnement. Les mangroves, les forêts côtières et les récifs coralliens qui auraient pu atténuer la force destructrice du tsunami, ont été sacrifiés au profit d’hôtels, de villages de vacances, d’élevages de crevettes et de raffineries. » Dominic Munari, Organisateur du concert de solidarité, Association Nord-Sud Carte géographique de la zone touchée par le raz-de-marée avec les amplitudes des secousses sismiques. 10001 Source : Wikipédia
Bilan de la situation de la catastrophe du Tsunami
D’après le bilan officiel du 2 mars 2005, il y aurait au moins 296 630 morts et disparus de plus de 40 nationalités différentes et, selon les estimations de la Croix-rouge, plus de 1,6 millions de personnes déplacées. Mais ces chiffres restent provisoires et le bilan pourrait s’alourdir encore.
Voici le détail des dégâts humains, pays par pays (les chiffres ne sont pas définitifs) :
Indonésie : 126 473 morts dont au moins 700 touristes étrangers, 93 800 disparus présumés morts dont au moins 3 500 étrangers, 100 000 blessés et plus de 500 000 déplacés dans le nord de l’île de Sumatra, qui se situe près de l’épicentre.
Sri Lanka : 37 957 morts dont au moins 102 touristes étrangers. 23 000 dans les zones contrôlées par le gouvernement et 12 000 dans les territoires contrôlés par les rebelles des Tigres Tamouls. 5 640 disparus dont 60 touristes étrangers, 15 122 blessés et 491 008 déplacés.
Inde : 10 779 morts, dont au moins 7 000 dans l’État du Tamil Nadu et 3 000 morts dans l’archipel indien des îles Andaman et Nicobar, 5 640 disparus présumés morts et 378 000 personnes déplacées.
Thaïlande : 5 395 morts, dont 2 700 touristes étrangers. 3 001 disparus dont 962 touristes étrangers et 8 457 blessés. Les îles de Phuket et Phi Phi ont particulièrement été touchées.
Somalie : 298 morts (essentiellement des pêcheurs). 50 000 personnes déplacées.
Birmanie : 61 morts et 3 200 personnes déplacées.
Maldives : 82 morts, 26 disparus et 13 000 déplacés. Une grande partie de la capitale, Malé, est inondée. 130 îles sur les 200 que compte l’archipel ont été affectées, dont 41 ont subit de lourd dommages et 14 ont été évacuées.
Malaisie : 68 morts (sur les îles de Penang et Langkawi) dont 2 touristes étrangers, de nombreux disparus et 299 blessés.
Tanzanie : 10 morts.
Seychelles : 3 morts, 7 blessés.
Bangladesh : 2 morts.
Kenya : 1 mort.
La Réunion : plusieurs bateaux coulés.
Au total, environ 10 000 ressortissants de quelque 45 autres pays du monde sont morts ou portés disparus.
Voici le bilan provisoire des ressortissants étrangers morts, blessés ou disparus dans le séisme et les raz-de-marée :
Pays morts disparus blessés
Allemagne 301 276 -
Suède 238 310 -
France 95 5 400
Finlande 86 93 -
Grande-Bretagne 79 112 69
Norvège 67 17 30
Autriche 40 63 150
Suisse 39 99 60
Danemark 32 14 11
Japon 32 13 -
Australie 23 18 -
Italie 21 53 10
Pays-Bas 18 25 53
États-Unis 18 15 150
Hong-Kong 15 25 18
Canada 12 13 -
Corée du Sud 12 8 -
Afrique du Sud 11 4 -
Belgique 10 1 -
Singapour 9 - -
Philippines 5 10 600
Israël 4 3 30
Chine 3 15 10
République Tchèque 3 5 6
Taïwan 3 - 4
Russie 2 8 -
Nouvelle-Zélande 2 4 -
Irlande 2 2 -
Mexique 2 1 -
Argentine 2 - -
Brésil 2 - -
Pologne 1 10 3
Portugal 1 8 2
Turquie 1 5 2
Estonie 1 2 -
Espagne 1 1 13
Chili 1 - -
Colombie 1 - -
Ukraine - 17 -
Grèce - 7 6
Baléares - 5 -
Hongrie - 3 2
Luxembourg - 3 -
Bruneï - 2 -
Roumanie - 2 -
Liechtenstein - 1 -
Compte tenu de l’ampleur des destructions, auxquelles s’ajoutent des risques épidémiques liés aux conditions difficile d’hygiène et d’humidité, un grand effort d’aide humanitaire est à fournir - le plus important de l’histoire selon les Nations Unies.
Suite à ce désastre, l’ADB évalue à 2 millions, dont 1 million en Indonésie, le nombre de personnes qui pourraient tomber dans la pauvreté, notamment avec la destruction de 1 million d’emplois.
Au Maldives et au Sri Lanka, des années de progrès ont été anéanties. Avec 13 000 pêcheurs morts ou disparus, selon les responsables Sri Lankais, l’industrie de la pêche, secteur vital pour cette île, va connaître un bond en arrière d’un demi siècle. 100 000 maisons et 150 000 véhicules, d’après les estimations de la banque asiatique, ainsi que la plupart des équipements des ports de pêche ont été détruits, et 20 000 bateaux de pêche sont perdus ou endommagés.
Aux Maldives, le tsunami a détruit toutes les routes, les lignes électriques et d’autres infrastructures sur 13 îles. L’équivalent de 2 années de production intérieure sera nécessaire pour réparer et reconstruire le pays.
Non seulement, l’eau de mer a inondé les terres, détruisant les rizières le long des côtes allant de l’Indonésie à l’Inde, ainsi que les systèmes d’irrigation et de drainage, mais elle a aussi déposé du sel sur 2 Km (voire plus) à l’intérieur des terres, ruinant les ressources en eau destinées à la consommation et à l’agriculture. La FAO estime qu’en conséquence 40 000 hectares de terres agricoles ont été dévastés en Indonésie.
Une grande partie des victimes étaient pêcheurs, et ceux qui ont survécu, pêcheurs ou autre, ont perdu la plupart de leurs biens : maisons, bateaux, paniers, filets, stocks, bêtes...
La FAO estime ainsi que deux tiers des pêcheurs de la capitale Banda Aceh en Indonésie, ont été tués par le raz-de-marée et que 70% de la flotte de pêche artisanale a été détruite.
Au-delà des conséquences immédiates, les organisations locales s’inquiètent des modèles de production qui seront appliqués dans la reconstruction du secteur de la pêche, car de plus en plus, les petits pêcheurs font face à la concurrence d’entreprises de pêche industrielle thaïlandaises.
En effet, depuis des années, les pêcheurs se plaignent de la destruction des mangroves par des compagnies indonésiennes qui installent des bassins d’élevage industriel de poissons et de crevettes sur les côtes. De fait, en Asie du Sud, 60% des zones de mangroves ont été transformées en zones d’aquaculture.
Or, la destruction des mangroves altère l’environnement marin, tout en privant la côte d’un de ses remparts naturels contre les ardeurs de la mer : selon un rapport de l’UNEP, sur toutes les côtes de l’Océan indien , les mangroves, la végétation et les dunes ont apporté une protection naturelle contre le tsunami.
Pour Praful Bidwai : " les catastrophes naturelles ne sont naturelles que dans leurs causes. Elles sont socialement déterminées et transmises à travers des mécanismes et des organisations qui sont des créations des sociétés et des gouvernements. Les désastres naturels ne sont pas socialement neutres dans leurs impacts. Ils frappent plus les faibles et les pauvres que les privilégiés ".
Ainsi, comme de nombreux experts, le journaliste P. Sainath rappelle dans le quotidien The Hindu du 1er janvier que les conséquences du tsunami ont été construites à travers le mode de développement : « Des centaines de villages de pêcheurs ont été reconstruits sur des implantations étroites dans le cadre du " développement " à l’indienne. Nombreux sont ceux qui ont été repoussés, dans des zones insécures, par les complexes touristiques ou les autoroutes. Les mangroves, qui ont toujours joué le rôle de freins, même limités, contre les vagues, disparaissent de plus en plus. Nous avons dépensé beaucoup d’énergie pour rendre la côte de moins en moins sûre ». Parfois en prenant de gros risques : les responsables de la centrale nucléaire indienne de Kalpakkam près de la ville de Chennai, assurent avoir cessé son fonctionnement dès l’annonce du tremblement de terre.Néanmoins, elle a été touchée par la vague (au moins 65 morts), sans qu’il soit possible aujourd’hui d’en connaître les conséquences éventuelles.
Ce qui est vrai pour l’Inde l’est aussi pour le Sri Lanka, les Maldives, la Thaïlande, la Birmanie et bien sûr l’Indonésie, le pays le plus touché, sans parler du Kenya ou de la Somalie qui ont connu eux aussi des victimes sur leurs côtes, alors que la vague les a touchés huit heures après que la catastrophe ait été constatée !
Ces propos font écho à ceux de Andrew Maskrey, directeur de la prévention des catastrophes du PNUD, « Souvent, "reconstruire" signifie remettre en place ce qui existait. Mais vous construisez le prochain désastre qui pourrait concerner 4 fois la population actuelle (...).Au lieu de cela, les hôtels, par exemple, devraient être reconstruits en tenant compte de la protection naturelle qu’offre les écosystèmes, telles que les mangroves. » .
Pour tous les experts, la reconstruction nécessite le renforcement des normes de construction et notamment la relocalisation des habitations et des infrastructures sur des sites moins vulnérables.
A court terme, les victimes ont besoin d’aide d’urgence pour survivre, et, d’une aide à moyen terme pour reconstruire leurs maisons et leurs moyens de subsistance de façon soutenable.
La phase de reconstruction qui s’amorce dans les zones sinistrées nécessite une assistance éthique et solidaire s’inscrivant dans nos principes d’action.
L’objectif est de participer à la mise en œuvre d’un processus de développement soutenable en faveur des populations les plus fragilisées.
En accord avec le principe de précaution, qui implique des choix politique, une ou des activités de reconstruction équitables socialement et durables écologiquement, seront soutenues au travers d’une aide financière en direction des populations vulnérables et en fonction de leurs propres besoins.
L’initiative des Amis de la Terre - France, groupe de Lyon s’inscrit :
d’une part, dans la promotion du micro crédit dans le cadre de l’année internationale 2005 du micro crédit organisé sous l’égide de l’O.N.U.
d’autre part, cible les objectifs de développement du millénaire en terme de lutte contre la pauvreté et les inégalités.
Principes d’action
Agir dans une neutralité politique et confessionnelle absolue et dans le respect des convictions des familles bénéficiaires.
Chercher à toucher les familles les plus démunies.
Développer une approche participative, intégrant la prise en compte des besoins exprimés par les populations.
Soutenir des projets respectueux de l’environnement dans lequel ils s’inscrivent.
"Ils (les occidentaux) ne comprennent pas qui nous sommes, notre culture et nos besoins" Lucas da Costa, Professeur d’économie au Timor, à propos de l’intervention de la Banque mondiale
Proverbe malaisien :
"Give a man a fish and he eats for a day ; give him a rod and he eats for life." « Donnez un poison à un homme, il mangera un jour ; donnez lui une canne à pêche, il mangera toute sa vie. »
Descriptif du projet
Pour soutenir la reconstruction, ce projet propose la mise en place d’un programme de microcrédit, offrant la possibilité aux personnes ciblées de reconstruire leur avenir en fonction de leurs aspirations personnelles.
Entretien avec Jean-Michel Servet professeur à l’IUED (Institut universitaire d’études du développement de Genève) et directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement en résidence au French Institute in Pondicherry. Localisation du projet : Région, pays
"Pays les plus touchés par le tremblement de terre du 26 décembre 2004"1 Le projet se cadrera sur une des zones côtières sinistrées d’Asie du Sud.
Les pays potentiellement concernés sont : le Bangladesh, le Myanmar (ex Birmanie), l’Inde, l’Indonésie, les Maldives, le Sri Lanka, la Thaïlande qui sont principaux les pays touchés par le tremblement de terre du 26 décembre 2004
La localisation du projet n’est pas encore définie car nous sommes dans l’attente de l’expression des besoins des populations sinistrées. Nous avons réalisé une première approche début février auprès du directeur de Walhi dont nous attendons la réponse. Notre action dépendra de la réaction des partenaires locaux.
D’autres organisations de la région sont susceptibles d’être partenaires ou intermédiaires dans la mesure où elles soutiennent des projets en accord avec nos principes d’action :
ADB (Asian Developpement Bank),
BRAC Bank (Bangladesh Rural Advancement Commitee),
BRI Mikro (Bank Rakia of Indonesia),
Care India,
Interaide,
PlanetFinance India.
Sarvodaya
SEWA (Self Employed Women’s Association)
WWF (Working Women’s Forum)
Le microcrédit en tant qu’aide au développement
A- L’ONU
3 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services financiers de base, qu’il s’agisse d’épargne ou de crédit. Tandis qu’en France, on dénombre 5 millions d’exclus bancaires.
Au cours du Sommet sur le microcrédit, qui s’est tenu à Washington du 2 au 4 février 1997, l’ONU a lancé une campagne mondiale pour atteindre, d’ici fin 2005, "100 millions des familles les plus pauvres du monde, particulièrement les femmes de ces familles, en leur accordant des crédits leur permettant d’exercer une activité indépendante et en leur offrant d’autres services financiers et d’aide au développement d’entreprise."
Le but est de transformer le cercle vicieux : « faible revenu, faibles épargne et investissement » qui s’autoentretient, en un cercle vertueux « faibles revenus, injection de crédit, investissements, plus de revenus, plus d’épargne, plus d’investissements, plus de revenus ».
En 2003, alors que la microfinance se structure et s’institutionnalise depuis une vingtaine d’années, quelque 60 millions de personnes ont déjà accès aux services de plus de 10 000 Institutions de Microfinance.
B- Le microcrédit
La définition du microcrédit qui a été retenue par les institutions internationales lors du 1er sommet du microcrédit en février 1997 est la suivante : " Programs extending small loans, and other financial services such as savings, to very poor people for self-employment projects that generate income, allowing them to care for themselves and their families." " Dispositifs permettant d’offrir de petits crédits, et d’autres services financiers comme l’épargne, au personnes très pauvres pour les aider à mener des projets d’autoemploi générateurs de revenus, leur permettant de prendre soin d’eux-mêmes et de leur famille."
Pour aller plus loin :
"Pour beaucoup de personnes et pour le grand public en particulier, la microfinance se confond avec le microcrédit. Elle désigne les dispositifs permettant d’offrir de très petits crédits à des familles très pauvres pour les aider à conduire des activités productives ou génératrices de revenus leur permettant ainsi de développer leurs très petites entreprises. Avec le temps et le développement de ce secteur particulier de la finance partout dans le monde, y compris dans les pays développés, la microfinance s’est élargie pour inclure désormais une gamme de services plus large (crédit, épargne, assurance, transfert d’argent, etc.) et une clientèle plus étendue également. Dans ce sens, la microfinance ne se limite plus aujourd’hui à l’octroi de microcrédit aux pauvres mais bien à la fourniture d’un ensemble de produits financiers à tous ceux qui sont exclus du système financier classique ou formel. "
C- Comment le microcrédit peut-il permettre d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) que les membres de l’ONU se sont fixés ?
En septembre 2000, les Chefs d’Etat et de Gouvernements ont adopté, dans le cadre de l’ONU, la déclaration du Millénaire.
Celle-ci définit un ensemble de 8 objectifs et de 18 cibles concrets pour faire progresser le développement et réduire la pauvreté d’ici 2015.
1) Réduire l’extrême pauvreté et la faim
2) Assurer l’éducation primaire pour tous
3) Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
4) Réduire la mortalité infantile
5) Améliorer la santé maternelle
6) Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies
7) Assurer un environnement durable
8) Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Devant l’ampleur du phénomène, la lutte contre la très grande pauvreté est devenue l’un des plus grands défis de ce siècle.
Les chiffres présentent en effet une situation inquiétante puisqu’en 2000, près de la moitié de la population mondiale, soit 2.8 milliards d’individus, vit avec moins de 2 $ par jour. Et un quart des habitants de notre planète vit dans la plus extrême pauvreté (avec moins de 1 $ par jour). Si les tendances actuelles se poursuivent, ces chiffres auront quasiment doublé d’ici 30 ans.
Le problème de la pauvreté monétaire est qu’elle entretient généralement la pauvreté humaine. En effet, les plus pauvres n’ont ni les moyens, ni la possibilité d’accéder aux soins de base afin de préserver leur santé et celle de leur famille. Ils n’ont pas non plus les moyens de donner à leurs enfants l’éducation nécessaire pour améliorer leurs conditions de vie future. Enfin, ils n’ont pas les moyens d’entreprendre pour essayer par eux-mêmes de sortir du cercle vicieux de la pauvreté. Dans ce contexte, la microfinance est devenue un vecteur d’espoir pour lutter contre la pauvreté sous toutes ses formes, car elle donne directement aux plus démunis les moyens de leur propre développement.
Au delà du simple soutien financier, le microcrédit redonne aux plus pauvres, espoir et dignité : l’espoir de pouvoir réaliser leur propre projet, et d’améliorer de manière durable leurs conditions de vie ; la dignité, grâce à la confiance qui leur est donnée.
Aussi, en 1998, l’Assemblée Générale des Nations Unies a proclamé 2005 « Année Internationale du Microcrédit » afin de saluer la contribution du microcrédit à l’allègement de la pauvreté, objectif majeur du millénaire pour le développement.
Objectif n°1 : Réduire l’extrême pauvreté et la faim
Cible 1 : Réduire de moitié la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour
Cible2 : Réduire de moitié la proportion de la population qui souffre de la faim Le 18 décembre 1997, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Résolution 52/194, intitulée « Rôle du microcrédit dans l’élimination de la pauvreté », en notant que :
« dans de nombreux pays du monde, en permettant à des personnes vivant dans la pauvreté d’obtenir de petits prêts, les programmes de microcrédit ont réussi à créer des emplois indépendants productifs.
les programmes de microcrédit se sont avérés un moyen efficace de libérer les gens du joug de la pauvreté, et leur ont permis de participer de plus en plus pleinement à la vie économique et politique de leur pays... »
Le rapport du même nom auquel cette résolution a donné lieu, met en lumière la force et l’efficacité de l’approche en terme de microcrédit. De fait, une croissance intensive en facteur travail et dirigée en direction des plus pauvres, dans le cadre de processus participatif est une combinaison efficace pour lutter contre la pauvreté.
L’accès à de petites sommes de crédit avec des taux d’intérêt raisonnables au lieu des taux d’intérêt démesurés souvent demandés par les prêteurs sur gages traditionnels (jusque 20% par jour !), permet aux familles de travailler afin de se sortir de la pauvreté, avec dignité.
De nombreuses études soulignent l’augmentation des revenus et actifs des clients de la microfinance, ainsi que la baisse de leur vulnérabilité, démontrant que l’on peut briser le cercle vicieux de la pauvreté. L’incidence de la pauvreté est ainsi passée de 33% à 10% parmi les clients de la Grameen Bank, et de 34% à 14% chez ceux du Bangladesh Rural Advancement Committee.
Les études montrent, parallèlement, que la microfinance a un impact positif sur la scolarisation des enfants, la situation alimentaire du ménage, et l’autonomisation des femmes.
Objectif n°2 : Promotion de l’éducation
Cible 3 : Donner à tous les enfants les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires
Une des premières choses que les ménages pauvres font grâce aux revenus de la microentreprise, est d’investir dans l’éducation de leurs enfants. Les études concluent que les enfants des clients de la microfinance vont davantage à l’école et sont scolarisés plus longtemps. Les taux d’abandon des études sont beaucoup plus faibles dans les familles des clients de la microfinance que dans les autres ménages.
Une étude sur la BRAC au Bangladesh, montre ainsi que les compétence de base en lecture, écriture et arithmétique, étaient assimilées par 12% des enfants de 11 à 14 ans des foyers membres au début du programme en 1992 contre 24% en 1995. Dans les familles non membres, seulement 14% des enfants passaient les tests de compétences scolaires en 1995
Objectif 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
Cible 4 : Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005 si possible, et en tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard
"Women have plans for themselves, for their children, about their home, the meals. They have a Vision. A man wants to enjoy himself." "Les femmes ont des projet pour elles, pour leurs enfants, à propos de leur maison, des repas. Elles ont une Vision d’ensemble. Un homme veut avant tout se faire plaisir." Muhammad Ynus de la Grameen Bank lors d’un congrès américain sur la raison pour laquelle 94% de ses prêts va aux femmes.
Dans de nombreux pays, les femmes, qui souffrent disproportionnellement de la pauvreté (les 2/3 des pauvres de la planète sont des femmes), montent beaucoup de microentreprises.
Grâce à ces petits crédits, elles développent leurs activités et arrivent ainsi à nourrir leur ménage ; elles trouvent également la possibilité de faire face aux problèmes quotidiens, tels que la scolarisation de leurs enfants ou la santé de la famille. L’expérience démontre ainsi, que les femmes, davantage que les hommes, investissent leurs revenus directement dans le bien-être de leur famille. Elles préfèrent consacrer cet argent à leurs enfants et à leur famille. De fait, les femmes dépensent rarement de l’argent en boisson ou en jeu et ne « gaspillent » pas leurs bénéfices. Elles réinvestissent donc dans leurs entreprises et surtout se servent de cet argent pour améliorer le bien-être de leurs enfants (nourriture, école) et le logement familial. Par ailleurs, les femmes bénéficient elles-mêmes d’une amélioration de leur statut grâce au revenu qu’elles apportent au foyer. Les études concluent en effet, qu’en favorisant l’autoemploi, les programmes de microcrédit peuvent significativement améliorer la sécurité des femmes, leur autonomie et leur statut au sein de leur foyer.
D- Commentaires
Le microcrédit a pour objectif de permettre aux populations de prendre personnellement en main leur développement dans le cadre d’un processus participatif. C’est notamment un moyen de valoriser les capacités d’initiatives et les savoir-faire des personnes en situation d’indigence Aussi, les institutions internationales de développement l’ont défini comme un moyen « pertinent » d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qu’elles se sont fixées.
Avec 900 millions de personnes dans 180 millions de foyers vivant dans la pauvreté (avec moins de 1$ par jour), l’Asie est la région du monde qui compte le plus grand nombre de pauvres (40% de la pauvreté mondiale y est concentrée) et la catastrophe du tsunami risque d’aggraver encore la situation socio-économique dans les zones affectées
Si la majorité de ces personnes pauvres, soit plus de 670 millions, vit en zone rurale, la montée de la pauvreté urbaine est un phénomène qui se pose avec de plus en plus d’acuité.
Ceci dit, cette région a enregistré au cours des dernières années des progrès significatifs au regard des OMD, avec en particulier des tendances très positives en terme de réduction de la pauvreté. (Voir schémas ci-dessous).
Dans les autres domaines du développement soutenable, les avancées, quoique insuffisantes par rapport aux cibles de l’ONU, présentent malgré tout des tendances positives.
La situation des femmes
Les ménages les plus pauvres ont tendance à être constitué de femmes seules (veuves, divorcées ou abandonnées) . Et le problème risque de s’aggraver à la suite des raz-de-marée.
L’expérience démontre en effet que, si les catastrophes sont naturelles, elles sont cependant discriminantes, et ce type d’événement remet généralement en question le statut des femmes et contribue à augmenter les inégalités de genre.
C’est ce que semble confirmer le rapport d’Oxfam « L’impact du tsunami sur les femmes », qui se fonde sur des études réalisées en Inde, en Indonésie et au Sri Lanka.
Ce rapport met en évidence, à travers des données désagrégées par sexe, le fait que proportionnellement aux hommes, beaucoup de femmes sont mortes ou disparues.
En Indonésie, sur les 4 villages étudiés dans la province d’Aceh, seulement 189 sur 676 survivants sont des femmes, soi un ratio de 3 hommes pour une femme. Dans le village le plus affecté, Kuala Cangkoi, pour chaque homme mort, 4 femmes sont mortes, les femmes représentant 80% des décès. A Cuddalore, en Inde, 3 fois plus de femmes que d’hommes ont été tuées avec 391 femmes contre 146 hommes morts. A Pachaankuppan, les seules personnes à mourir étaient des femmes. De même au Sri Lanka, où les informations suggèrent un sérieux déséquilibre dans le nombre de femmes et d’hommes ayant survécu.
Cela s’explique par des causes communes à toute la région touchée :
les femmes sont restées chercher leurs enfants et les autres membres de leur familles
les hommes, plus souvent que les femmes, savent nager et monter aux arbres
Mais les causes spécifiques sont aussi significatives :
à Aceh, par exemple, les femmes participent aux travaux agricoles. Mais le tsunami s’est produit le dimanche matin, alors que les femmes étaient alors à la maison avec les enfants, et les hommes, en mer, ou loin du front de mer sur les marchés ou dans les champs.
En Inde, où les femmes jouent un rôle important dans la pêche, elles attendaient le retour des pêcheurs pour aider au déchargement et au nettoyage.
Au Sri Lanka, dans le district de Batticoloa, le tsunami a frappé à l’heure à laquelle les femmes, sur la côte est, ont l’habitude de prendre leur bain dans la mer.
On peut s’interroger sur les conséquences d’un tel changement dans la structure démographique.
Est ce qu’un nombre restreint de femmes induira une augmentation des violences et abus domestiques et sexuels envers elles ?
Les filles se marieront-elles plus jeunes avec des hommes beaucoup plus âgés, comme cela semble déjà se passer à certains endroits ? Et quels risques cela peut générer quant à leur éducation, leurs conditions de vie, leur habilité à gagner des revenus et leur santé maternelle ? Peuvent-elles être encouragées à avoir plus d’enfants ?
Les hommes auront-ils de nouveaux rôles domestiques ou bien la charge des femmes va-t-elle augmenter dans le cadre de familles étendues ?
Le nombre relativement important d’hommes dans les communautés risque-t-il d’augmenter les limitations imposées à la mobilité et à la visibilité des femmes et donc leur habilité à bénéficier d’un accès aux services, à l’information et aux opportunités de prises de décision ?
En Inde, on observe déjà, une progression des mariages chez les jeunes filles, souvent sans leur consentement.
Mais c’est au Sri Lanka, où les femmes sont traditionnellement mères au foyer, que la situation semble la plus problématique. Le faible statut de la femme par rapport aux hommes avant même le raz-de-marée, va pénaliser lourdement leur consultation et leur intégration dans la phase de reconstruction. Par ailleurs, on peut craindre que la violence domestique qui était un problème significatif avant le tsunami soit exacerbée. Un exemple clair : dans les camps de déplacés, des incidents sexuels ont déjà été recensés.
Conflits et développement : le cas de l’Indonésie et du Sri Lanka
Dans certaines régions, la situation est aggravée du fait de la situation politique. Source : PNUD 2003
En Indonésie, environ 600 000 personnes dans les régions les plus affectées par le tsunami (Province de Nanggroe Aceh Darussalam et l’île de Nias), auraient perdu tout moyen de subsistance. Le taux de chômage pourrait atteindre 30% dans ces régions voire plus et faire augmenter de 6% le taux de chômage au niveau national.
Les secteurs principalement touchés sont ceux de la pêche, l’agriculture à petite échelle, les plantations et le secteur informel.
La situation est la plus grave, dans la province d’Aceh, au nord de Sumatra, la région la plus durement frappée par le raz de marée, (au moins 40 000 morts) qui est aussi ces dernières années le théâtre d’un conflit violent entre l’armée indonésienne et les rebelles musulmans.
Cette région, la plus directement frappée par le raz-de-marée, était la 5ème plus riche province d’Indonésie en 1999. Elle était en 2002, la 3ème plus pauvre du fait des mouvements séparatistes, et d’importants clivages religieux, ethniques et sociaux.
Le désastre a ajouté au moins 150 000 personnes au grand nombre de personnes déjà déplacées.
Au Sri Lanka, quelques 20 années de guerre civile entre la minorité tamoule et la majorité cinghalaise ont fait plus de 65 000 morts et entraîné le déplacement de près d’un million de Sri Lankais.
La carte montre que les régions tamoules du nord et du nord-est sont de ce fait, exclues du développement des infrastructures : dans le nord, seulement 3% et 64% de la population ont respectivement accès à l’eau courante et à l’électricité contre 52% et 93% dans la région relativement aisée de l’ouest. Si le " processus de paix " est en cours dans la guerre opposant le gouvernement aux " Tigres " Tamouls, les réfugiés de ce conflit, nombreux dans des camps sur la côte orientale, ont été directement touchés.
Suite au tsunami, le nombre de personnes déplacées a augmenté de 443 000 et, 400 000 travailleurs dans les régions littorales de l’est, du sud, et de l’ouest ont perdu leurs sources de revenus. Les secteurs concernés sont la pêche (81% des bateaux de pêche perdus ou détruits), l’hôtellerie, le secteur touristique et l’économie informelle. Dans les zones affectées le taux de chômage devrait passer de 9,2% à plus de 20%, induisant une augmentation de plus de 55% du taux de chômage national.
Au total, le Sri Lanka, ainsi que les Maldives sont les pays qui connaîtrons les conséquences les plus lourdes en terme d ’impact économique. Du fait de leur petite taille géographique, de la structure de leur économie et de l’existence de déficits publics importants.
Enfin, on ignore le nombre réel de victimes en Birmanie, où les généraux qui restreignent la liberté de mouvement d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991 et figure charismatique de l’opposition, ont fermé leur pays à toute aide internationale.
Aux vues des considérations précédentes, les populations que nous cherchons à cibler au travers de notre intervention sont les suivantes :
En priorité, les Femmes : en dehors de l’impact positif de l’accès aux femmes à une source de revenus en termes de bien-être général du ménage, les femmes constituent de bons risques pour le crédit, avec un taux de remboursement supérieur à celui des hommes.
Les populations en situation d’indigence et/ou déplacées (plus de 1, 5 millions)
Les Microentrepreneurs affectés par la catastrophe Les personnes travaillant dans les secteurs principalement affectés par le raz-de-marée et leur famille : pêche, agriculture, tourisme.
Par ailleurs, l’impact dévastateur du Tsunami sur l’économie du Sri Lanka qui vient se greffer sur une situation de conflit ouvert, fait de ce pays une cible privilégiée de notre démarche.
La situation au Sri Lanka
Selon les rapports officiels, il y aurait plus de 35 000 morts, 5 000 disparus et 15 000 blessés. On estime à 443 000 le nombre de personnes déplacées, et entre 1 et 2 millions de Sri Lankais ont été affectés par les conséquences du tsunami sur une population totale de 19 millions.
1Le Tsunami a frappé 1 000 Km de côtes, c’est-à-dire les deux tiers du littoral de ce pays. Les dommages s’étendent de Jaffna dans le nord, tout le long de la côte est jusqu’au sud et couvrent une partie de la côte ouest.
Environ 100 000 maisons ont été endommagées, dont plus de 75 000 complètement détruites ainsi que 150 000 véhicules. Les infrastructures côtières (routes, lignes ferroviaires, lignes électriques, télécommunications, approvisionnements en eau, ports de pêche ont aussi été significativement affectées : les pertes représentent 4,5% du PIB. Néanmoins, l’important port de Colombo a simplement subi des dégâts légers. Plus de la moitié des hôtels et des moyens téléphoniques endommagés ont été réparés et le trafic ferroviaire est quasiment revenu à la normal dans la région de l’est.
L’impact économique
Compte tenu de la faiblesse de sa taille géographique, de la structure de son économie, et de l’existence de déficits fiscaux, le Sri Lanka, à l’instar des Maldives, subira les conséquences économiques les plus lourdes du raz-de-marée.
Les impacts dévastateurs de la catastrophe devraient faire augmenter de 250 000 personnes le nombre de pauvres au Sri Lanka. En effet, l’importance du déficit budgétaire (7,6% du PIB en 2004) rendra difficile la mobilisation de fonds en direction des zones frappées. Et on s’attend à ce que les recettes touristiques baissent, détériorant davantage le déficit du compte courant. La balance des paiements, déjà fragile, devrait par ailleurs subir des pressions importantes.
Le gouvernement devrait payer 500 millions de dollars au titre du service de la dette totale en 2005. Toutefois, le 8 mars 2005, le club de Paris, qui représente les créanciers publics, a décidé d’accorder un moratoire d’un an sur le paiement de la dette publique sri lankaise et les taux d’intérêt seront capitalisés.
L’Etat bénéficie donc pour cette année d’une marge de manœuvre considérable en termes de dépenses publiques.
Il envisage ainsi d’utiliser la phase de reconstruction pour solutionner les problèmes de développement de la région côtière surnommée la « ceinture de la pauvreté », ceci à travers un plan de développement des régions touchées. La tragédie semble avoir propagé un esprit de solidarité et une volonté de coopérer dans les phases d’urgence et de reconstruction se fait sentir entre le gouvernement et les Tigres de la Libération de Tamil Eelam.
Les objectifs du millénaire pour le développement au Sri lanka
1990 1995 2001 2002
1 Eradiquer l’extrême pauvreté et la faim
Population vivant avec moins de 1$ par jour (%) .. 6.6 .. ..
Pauvreté mesurée par l’écart moyen exprimé en pourcentage du seuil de pauvreté inférieur à 1$ .. 1.0 .. ..
Part du quintile le plus pauvre de la population dans la consommation nationale .. 8.0 .. ..
Prévalence de la malnutrition (% des enfants de moins de 5 ans) .. 32.9 33.0 ..
Population en deçà du niveau nutritionnel minimum (%) 29.0 27.0 25.0 ..
2 Achever l’éducation primaire
Taux d’achèvement du primaire (% du groupe d’age concerné) 94.4 83.3 .. ..
Taux d’alphabétisation chez les 15 à 24 ans (%) 95.1 96.0 96.9 97.0
3 Promotion de l’égalité sexuelle
Ratio filles/garçons dans le primaire et secondaire (%) 103.0 103.9 .. ..
Taux d’alphabétisation des femmes de 15 à 24 ans par rapport à celui des hommes (%) 98.3 99.0 99.7 99.7
Proportion de femmes salariées dans le secteur non agricole (%) 39.1 44.0 46.6 ..
Proportion de sièges occupés par des femmes au parlement national (%) .. 5.0 .. ..
4 Réduction de la mortalité infantile
Taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans (pour 1,000) 26.0 22.0 20.0 19.0
Taux de mortalité infantile (pour 1000 naissances vivantes) 22.0 19.0 17.0 16.0
Proportion d’enfants de moins de 1 an vaccinés contre la rougeole (%) 80.0 87.0 99.0 99.0
5 Améliorer la santé maternelle
Taux de mortalité maternelle (modèle estimé pour 100 000 naissances vivantes) .. .. 92.0 ..
Proportion d’accouchements assistés par du personnel de santé qualifié (% du total) .. 94.1 96.6 ..
6 Combat HIV/AIDS, malaria et autres maladies
Nombre d’enfants orphelins par le HIV/AIDS .. .. 2,000.0 ..
Incidence de la tuberculose (pour 100,000 personnes) .. .. 58.0 54.4
7 Assurer un environnement durable
Proportion de zones forestières (% dela superficie totale) 35.4 .. 30.0 ..
Superficie de zones protégées pour préserver la biodiversité (% de la superficie totale) .. 13.3 13.5 13.5
PIB par unité d’énerge utilisée ($ PPA par kg d’équivalent pétrole) 5.7 7.7 8.1 ..
Émissions de CO2 par habitant (tonnes par habitant) 0.2 0.3 0.6 ..
Proportion de la population ayant accès de façon durable à une source d’eau meilleure 68.0 .. 77.0 ..
Proportion de la population ayant accès à un système d’assainissement (%) 85.0 .. 94.0 ..
8 Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Taux de chômage des jeunes âgées de 15 à 24 ans (%) 33.3 32.8 23.6 ..
Nombre de lignes téléphoniques et d’abonnés au téléphone portable pour 1000 habitants 7.4 14.7 79.9 95.8
Nombre de microordinateurs pour 1000 habitants 0.2 1.1 9.3 13.2
Indicateurs généraux
Population (millions) 16.3 17.3 18.7 19.0
PNB (milliards de $) 7.9 12.7 15.7 16.1
Revenu par habitant ($) 490.0 730.0 840.0 850.0
Taux d’alphabétisation des adultes (% des personnes de plus de 15 ans et plus) 88.7 90.2 91.9 92.1
Taux de fertilité (naissances par femme) 2.5 2.3 2.1 2.1
Espérance de vie à la naissance (annéess) 70.2 71.4 73.0 73.8
APD (% du PNB) 9.3 4.3 2.0 2.1
Dette extérieure (% du PNB) 74.5 65.1 55.9 58.9
Source : World Development Indicators database, Avril 2004
Source : Banque mondiale 2002
Sri Lanka
Asie du Sud
Faibles revenus intermédiaires
1980
1990
1995
2000
1980
2000
1980
2000
PNB par habitant (US$)
280
490
730
890
260
440
800
1,380
Population
Totale (millions)
14.6
16.3
17.3
18.5
901.3
1,354.2
1,801.0
2,369.5
Femmes (% du total)
47.2
48.0
48.3
50.5
48.2
48.5
49.5
49.4
Espérance de vie à la naissance (ans)
Hommes
66
68
69
71
54
62
63
67
Femmes
70
73
74
75
53
63
67
71
Taux d’illettrisme adulte (% chez les plus de 15ans)
Hommes
9.0
7.1
6.3
5.6
47.6
34.2
18.9
9.0
Femmes
20.6
15.3
13.1
11.0
74.8
57.3
35.5
19.4
Population active
Total (millions)
5
7
7
8
389
602
885
1,250
Femmes (% de la force de travail totale)
27
34
36
37
34
33
41
43
Chômage
Total (%) .. 14.4
12.5
7.4
.. ..
4.9
4.3
Femmes (% de femmes actives) .. 23.5
19.7
11.3
.. .. .. ..
Accès à l’EDUCATION
Taux net de scolarisation dans le primaire
Garçons .. .. .. .. .. 88 .. 92
Filles .. .. .. .. .. 75 .. 92
Progression jusqu’au grade 5 (% de la classe d’age) Garçons ..
94
83
..
..
59
..
..
Filles
..
95
84
..
..
61
..
..
Taux d’achèvement du primaire (% du groupe d’age concerné)
Garçons
..
106
98
113
..
84
..
98
Femmes
..
94
102
103
..
71
..
96
Taux d’illettrisme chez les jeunes (% des 15-24ans)
Garçons
5.8
4.1
3.5
3.0
36.0
23.7
6.6
3.8
Filles
9.1
5.8
4.5
3.4
61.1
40.6
15.1
6.5
SANTE
Taux de fertilité (naissance par femme)
3.5
2.5
2.3
2.1
5.3
3.3
3.1
2.1
Taux de mortalité maternelle (pour 100,000 naissances vivantes)
..
..
..
92
..
566
..
112
Prévalence de la malnutrition (% des moins de 5 ans)
54
..
33
33
71
48
..
9
Prévalence du HIV (% des 15-24 ans)
Hommes
..
..
..
0
..
0.3
..
0.5
Femmes
..
..
..
0.1
..
0.5
..
0.8
Note : Data in italics refer to the most recent data available within the two years of the year indicated
Des critères éthiques
Le projet doit permettre aux populations concernées d’améliorer leur accès aux facteurs de production.
Les régions principalement ciblées se caractérisant par une prépondérance des activités agricoles et de pêches, les prêts auront pour objectif de répondre aux besoins d’achat de biens nécessaires à ces types de production : bateaux et matériel de pêche, outillages agricoles, semences, abris, bêtes... selon le projet retenu.
Le montant des besoins d’achats déterminera le montant des prêts à octroyer pour la bonne mise en place de l’activité envisagée par les emprunteurs.
A titre indicatif ,quelques prix au Sri Lanka :
• 1 kg de riz : 0,40 €
• 1 kg de poulet : 1,15 €
• 3 € suffisent à nourrir une famille (avec 3 enfants) pour une journée
• Un bateau de pêche neuf : 500 €
• La réparation d’un bateau : 300 €
En Indonésie :
Le prix d’une réparation d’un bateau (avec son moteur et son matériel de pêche) varie entre 200 et 1500 €.
Bateau traditionnel (2 personnes) = 1 300 $
En Inde :
Un bateau de pêche coûterait de 90 à 1500€, une maison à partir de 120€... En Thaïlande :
Avant le tsunami le salaire d’un pêcheur s’élevait entre 3,000 et 4,000 bath par mois (US$50-80).
L’assistance financière à une initiative d’auto emploi devra être adossée à un certain nombre de critères d’efficacité et éthiques regroupés en deux catégories :
En premier lieu, le projet doit s’intégrer dans une démarche respectueuse de l’environnement naturel dans lequel, il s’inscrit, en accord avec le principe de précaution. La question de la protection des écosystèmes offrant des protections naturelles (forêts, dunes, mangroves) est ici incontournable.
En second lieu, le projet doit venir en assistance aux personnes les plus démunies, voire en situation d’exclusion avec la prise en compte de l’expression de leurs besoins personnels.
Circuit de financement
Le projet de microcrédit engage nécessairement un travail en réseau avec différents acteurs afin de faire le lien entre les ressources financières et les bénéficiaires.
Circuit de financement du projet de microcrédit du Nord au Sud :
Dans ce circuit, les partenaires du Nord ont essentiellement un rôle de recherche et de canalisation des fonds financiers. En d’autres termes, ils apportent un appui financier à des structures financières de proximité de crédit à la microentreprise. Rétroactivement, ils sont tenus de faire remonter l’information jusqu’aux donateurs ou investisseurs solidaires (dans le cadre d’investissements solidaires), sur les actions menées au Sud grâce aux fonds récoltés initialement.
C’est dans ce sens que nous avons recueilli les coordonnées des donateurs qui ont soutenu notre initiative.
Les partenaires du Sud peuvent relever de formes juridiques diverses : associations locales, ONG financières, sociétés, institutions de microfinance, mutuelles de solidarité, coopératives d’épargne et de crédit ou banques solidaires. Leur rôle est d’accompagner et de répondre aux besoins de financement des petits entrepreneurs locaux, porteurs de projets économiquement viables, mais exclus des circuits bancaires.
De façon pragmatique, afin d’assurer la pérennité de leur structure, ils doivent se garantir des risques de défaut de paiement en identifiant les besoins des emprunteurs, en les accompagnant dans leur projet et en les responsabilisant sur leur devoir de remboursement.
Dans le cadre d’une telle chaîne de solidarité fondée sur une confiance réciproque, il importe que les intermédiaires s’entendent sur des objectifs et des principes communs.
C’est la raison pour laquelle nous avons identifiées en tant qu’intermédiaires locaux potentiels, des structures dont le mode d’intervention et de fonctionnement est en adéquation avec nos propres objectifs.
Destinataires
Les crédits pourront être octroyés
dans le cadre de groupes fondés sur des affinités ou des intérêts communs à tous ces membres, par exemple, dans le cadre d’une coopérative agricole, d’un village, d’un groupe de femmes ou d’un groupe ethnique. Ces groupes qui peuvent comporter jusqu’à une vingtaine membres, sont communément appelés des« Self-Help Groups » (SHG). Les décisions y sont prises sur un mode de démocratie participative.
Les programmes de microcrédit partout dans le monde, en suivant des modèles variés, ont démontré que ceux des système d’appui et de pression sociale est souvent utilisé dans les modèles de microcrédit, les emprunteurs étant responsables pour le succès de l’un et de l’autre et s’assurent que chaque membre de leur groupe soit capable de rembourser leur prêt.
Cette modalité, qui est celle retenue par la Grameen Bank, permet de communautariser les risques de défaut de paiement et d’instaurer un processus d’autoassistance entre les membres, favorable à la pérennisation des crédits. Cela permet de remplacer des garanties collatérales par des cautions du groupe pour les crédits individuels.
Par ailleurs, les SHG présentent l’avantage de permettre une mobilisation intensive du capital social favorable au développement des activités productrices.
En Asie, il existe déjà de nombreux groupes de solidarité.
ou octroyés à titre individuel pour la création ou le développement d’entreprises familiales. Il semble opportun dans ce cas de réclamer des garanties matérielles ou morales (par exemple, en ayant la possibilité de contacter des membres de la famille), afin d’abaisser le risque de défaut de paiement.
Dans tous les cas, les modalités de mise en oeuvre du projet dépendront largement de la volonté des membres du groupe ciblé et du contexte culturel.
Intervenants possibles en tant que structure de proximité :
ADB [zone Asie]
BRAC [Bangladesh]
BRI Mikro [Indonésie]
Care India [Inde]
Interaide [Inde]
PlanetFinance Inde [Inde, Sri Lanka]
Sarvodaya [Sri Lanka]
SEWA. [Inde]
Walhi [Indonésie]
WWF (Working Women’s Forum) [Inde]
Les intermédiaires locaux ont à remplir un rôle d’accompagnement et d’encadrement auprès des emprunteurs afin de les aider dans leurs démarches en proposant un appui à la gestion des activités.
Pour le moment, le choix de la structure de proximité reste à déterminer en fonction des réponses qui seront faites à notre première prise de contact avec Walhi.
Il est à noter que Walhi est engagée dans la gestion de structures d’accueil de populations indonésiennes déplacées à la suite du Tsunami. Aussi, il semble difficile d’intégrer notre projet à leur démarche qui est encore inscrite dans la phase d’urgence, notamment, vu le nombre élevé de personnes concernées par rapport au montant de notre capital de départ.
Ce sont les raisons pour lesquelles, nous envisageons plusieurs structures de financement de proximité suivant les projets montés.
Nous allons contacter à nouveau Walhi pour leur faire part de l’avancement de notre projet. La réponse qui nous sera faite déterminera définitivement leur potentielle intégration à notre projet.
Echéances et modalités des prêts
Selon les premières observations de la Banque mondiale, la reconstruction prendra probablement au moins 3 ans, aussi notre projet s’inscrit-il dans cette durée.
Néanmoins, le projet de microcrédit a vocation à s’inscrire dans un système pérennisé ou à pérenniser dans le temps, dans la mesure où :
le capital de départ connaît une rotation perpétuelle grâce à un taux de remboursement proche de 100%
les taux d’intérêts couvrent les frais de gestion et d’organisation
et cherchera à moyen terme à développer un système de microépargne.
Généralement, les montants des prêts sont relativement faibles (entre 10 € et 100 €) dans les programmes de microcrédit déjà mis en place dans les pays en développement. La BRI, par exemple, qui oeuvre en Indonésie pratique des montants moyens de microcrédit de l’ordre de 40$.
Quant aux taux d’intérêt, ils avoisinent souvent les 20 voire 30% par an, comme le montre le modèle de la Grameen Bank. Si les taux d’intérêt pratiqués peuvent paraître élevés, notamment au regard des populations ciblées, ils intègrent le coût relativement élevé des emprunts. En effet, la gestion des microcrédits est relativement coûteuse dans la mesure où les efforts de suivi et de soutien en direction des emprunteurs sont des fonctions nécessaire à la pérennisation des microentreprises et de la structure locale, mais qui alourdissent le coût du fonctionnement de la microfinance, surtout étant donnée la faiblesse des montants empruntés. Les intérêts doivent permettent de couvrir ces frais de gestion des crédits.
Par ailleurs, durant la période à venir, de nombreux facteurs vont exercer des pressions à la hausse sur les prix, notamment l’afflux de dons qui va contribuer à la hausse des salaires. Des éléments indiquent déjà que la forte demande de travail qualifié émanant des agences internationales provoque une pénurie de main d’œuvre et une augmentation du prix des matériaux de construction. L’inflation devrait ainsi atteindre 12% en 2005 (soit 2 point de plus que les précédentes estimations), puis revenir à 9% et 7,5% dans les 2 prochaines années. Les taux d’intérêts doivent ainsi intégrer cette hausse des prix afin de maintenir le pouvoir d’achat du montant de crédit initialement disponible.
Au regard des différentes pratiques de microcrédit déjà en place, nous envisageons les modalités de prêts suivants :
Echéances de remboursement : de 6 à 12 mois
Taux d’intérêt : entre 20 et 30%
Montants des emprunts : 10 à 100€ voire plus (200€) si l’emprunt est réalisé dans le cadre de SHG
Insister sur l’obligation de remboursement des prêts
Ressources
Le projet est soutenu financièrement par des ressources récoltées à l’occasion d’un concert de solidarité "Pour une reconstruction durable et équitable", organisé en coopération avec l’association Nord-Sud, les Verts Villeurbanne, la Souris Verte, le CCO Jean-Pierre Lachaise de Villeurbanne et l’association pour le Cameroun. Il s’est déroulé le 10 février dernier à Lyon-Villeurbanne, avec la participation bénévole d’artistes français et indiens.
Les bénéfices de cette soirée seront reversés à l’association Nord-Sud et l’association les Amis de la Terre-Comité du Rhône, en soutien à notre projet de micro crédit.
Le public a été invité, par ailleurs, à soutenir directement notre projet à travers des dons, qui donneront lieu à l’établissement de reçus fiscaux permettant aux intéressés de déduire le montant de leurs dons de leurs revenus imposables. Afin de les informer sur l’usage de leurs dons et de l’avancement de notre projet, nous avons recueilli les coordonnées de tous les donateurs.
Le total des dons recueillis s’élève à 380 €, somme à laquelle s’ajoute la moitié des bénéfices de cette soirée, c’est à dire ...€ C’est donc sur la base certaine d’un capital de départ de ...€ que portera notre projet.
Notre interrogation légitime porte sur le questionnement suivant : Est-ce que cette somme peut paraître raisonnable au regard de l’ampleur des dégâts et des efforts de reconstruction à mener ?
Par ailleurs, au cours de la phase d’urgence, l’augmentation de la demande de biens et de services à destination des entreprises locales des pays affectés par la catastrophe, a eu tendance à générer une inflation par la demande, dans un contexte où l’offre s’est contractée du fait des dégâts causés par le raz-de-marée.
Aussi, des modalités de financement complémentaires sont envisagées notamment par le recours à des institutions telles que la Fondation de France qui se propose de venir en soutien aux projets des associations françaises présentées en partenariat ou PKSF (Palli Karma-Sahayak Foundation) basée au Bangladesh.
Remarques :
Toutes les ressources collectées sont fondamentales dans les efforts de reconstruction.
Ainsi, seulement 30% des dons reçus par WALHI ont été dépensé au cours de la première quinzaine qui a suivi le Tsunami, alors que l’essentiel de ces fonds sera utilisé à l’occasion de la phase de reconstruction, sur le moyen ou long terme. Source : site de WALHI
En effet, la phase reconstruction qui s’est entamée, est la plus coûteuse jamais réalisée jusqu’ici car elle nécessite la mise en œuvre de nombreux programmes de reconstruction aux coûts opérationnels et organisationnel importants. Difficultés de mise en œuvre d’un projet de développement
Différents éléments rendent difficile la mise en place d’un projet d’appui à des programmes de microcrédit.
On peut ainsi parler de « distances » par rapport à la réalité du terrain, ces distances étant de natures diverses :
La distance physique empêche d’appréhender la réalité en temps réel, d’autant plus que les informations, lorsqu’elles ne manquent pas, sont souvent parcellaires et divergent d’une source à l’autre. On peut dès lors s’interroger sur la pertinence et la véracité des indications, en particulier dans un contexte d’urgence, d’émoi et de conflit d’intérêt. Il importe donc de développer différentes sources d’information afin de pouvoir comparer les faits rapportés et/ou de favoriser les sources d’information officielles.
La distance culturelle rend difficile l’appréhension des besoins et des aspirations des populations locales. Dans cette mesure, il importe de se baser sur des processus participatifs et de nouer des liens étroits avec des acteurs locaux capables de véhiculer les informations relatives à ces besoins.
La distance psychologique liée à la spécificité d’un contexte post-catastrophe, est sans doute la distance la moins réductible. Les troubles psychologiques liés à l’expérience même de la catastrophe, à la perte des membres de la famille et des moyens de subsistance varient d’un individu à l’autre, sans que leur degré d’expression soit relié à leur importance. Cette distance est par ailleurs renforcée par la distance culturelle.
Dans le cadre de ce projet, ces éléments rendent difficile la définition de modalités pratiques précises.
Bibliographie
Développer une économie écologique, Emmanuel Prinet, association 4D, 2004. L’économique et le vivant, René Passet, Payot, 1979.
La dette des pays en développement : Bilan et perspectives, Eric Berr, Document de travail n°82, Bordeaux, 2003.
Le développement durable : De la transdisciplinarité à la responsabilité, René Passet, Congrès de Locarno, mai 1997 : Annexes au document de synthèse CIRET-UNESCO
Le développement durable est-il un concept soutenable, Jean-Marie Harribey, Document de travail du CED n°14, Bordeaux, 1997
Le développement insoutenable, Pour une conscience écologique et sociale, Stéphane Bonnevault, Editions du Croquant, 2003.
Le développement soutenable, Jean-Marie Harribey, Paris, Economica, 1998. Mémo de Jo’burg, L’équité dans un monde fragile, Mémorandum en faveur du Sommet Mondial pour le Développement Durable, Fondation Heinrich Böll, 2002.
Notre Avenir à tous (« Rapport Bruntland »), CMED, éditions du Fleuve, Montréal, 1989
Pauvreté et développement socialement durable, Université Montesquieu Bordeaux IV, CED-Chaire Unesco, 2003.
Pistes de réflexion pour un autre développement, Eric Berr, Communication présentée aux 1ères journées du développement du GRES, « Le concept de développement en débat », Université Montesquieu-Bordeaux IV, septembre 2004
Repenser l’aide au développement : un littoral surexploité, Patrick Piro, Politis, 6 janvier 2005
Ressources Internet
Développement durable :
AFD : www.afd.fr
Agora21 : www.agora21.org
Attac : www.attac.org
Campagne citoyenne pour atteindre les ODM : www.2005plusdexcuses.org
Centre de Recherche et d’Informations sur le Développement : www.crid.asso.fr
Coordination SUD : www.coordinationsud.org
Croix-Rouge : www.croix-rouge.fr
Global Compact : www.pactemondial.org
Globenet : www.globenet.org
Institut de Recherche sur le Développement : www.ird.fr
Institut International de DD : www.iisd.ca
Inter Aide : www.interaide.org
Les Amis de la Terre : www.amisdelaterre.org
Médiaterre : www.mediaterre.org
Novethic : www.novethic.fr
Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises : www.orse.org
Oxfam : www.oxfam.org
PlaNet Finance : www.planetfinance.org.in
Rinocéros : www.rinoceros.org
WWF : www.wwf.org
Ecologie industrielle : www.frnce-ecologieindustrielle.fr
Association 4D : www.association4D.org
Objectifs du millénaire pour le développement : http://developmentgoals.org ; www.unmillenniumproject.org ; http://millenniumindicators.un.org
Année du microcrédit
www.adie.org ;
www.yearofmicrocredit.org
Sommet du microcrédit : www.microcreditsummit.org
Le portail de la microfinance : http://www.lamicrofinance.org/
The Virtual Library on Microcredit
Sur l’Asie
Banque de développement asiatique : www.adb.org
BRAC : www.brac.net
BRI : www.bri.co.id
Centre régionale asiatique d’information : www.aric.adb.org
Cirad pôle microfinancement : http://microfinancement.cirad.fr
Collectif Pêche & Développement : www.peche-dev.org
Grammeen bank : www.grameen-info.org
ReliefWeb : www.reliefweb.int
Sur le Tsunami : http://leuilom.blogs.com
Institutions Internationales
BIT : www.ilo.org
FAO : www.fao.org
Haut Conseil de la Coopération Internationale : www.hcci.gouv.fr notamment le Mémo du DD
Nations Unies : www.un.org
Programme des Nations Unies pour l’environnement : www.unep.org
Programme des Nations Unies pour le développement : www.undp.org
Programme des NU pour les femmes : www.unifem.org
Voir aussi
Ne pas faire n’importe quoi et Où reloger les pêcheurs sinistrés ? Articles de Sebastian Mathew, Conseiller à l’ICSF, (01/02/2005)
Les limites de l’humanitaire dossier, Courrier international n°742 (20/01/2005)
Après les raz-de-marée, la déferlante de solidarité.., Témoignage chrétien n° 3138 (06/01/2005)
Là bas si j’y suis (France Inter), émission du 12 janvier, avec Eric Toussaint, sur la question de la dette des pays touchés par le tsunami.
Tsunami : vos dons serviront à rembourser leur dette sauf si..., par Eric Toussaint, Damien Millet, Cdatm (10/1/2005)
Pour un avenir moins précaire, par John Kurien, Professeur, Centre d’études pour le développement, Trivandrum, Kérala, Inde, (1/2005)
Pour l’Asie, un prélévement fiscal mondial exceptionnel, par Jacques NIKONOFF, Président d’Attac France (2/1/2005) Revue SAMUDRA éditée en Inde par le Collectif d’appui aux travailleurs de la pêche
Tsunami : les catastrophes naturelles ne sont naturelles que dans leurs causes, par Bernard Dreano, Cedetim (3/1/2005)
Taxe humanitaire pour l’Asie, par Jacques NIKONOFF, Président d’Attac France (Libération 4/1/2005)
Tsunami caritatif : par Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie (Libération 6/1/2005)
Après le tsunami : par Ignacio Ramonet (7/1/2005) avec le dossier spécial du Monde diplomatique
Hélène GENUIT, qui est en charge de ce projet de microcrédit, est titulaire d’un Diplôme d’Etudes Approfondies en Economie du Développement obtenu à l’Université Montesquieu-Bordeaux IV. Elle a réalisé, dans le cadre de ses études, différentes recherches qui ont donné lieu à la rédaction de documents sur les thèmes suivants : Le rôle du FMI dans la gestion des crises d’endettement (DEA) Pauvreté et marché du travail : concepts et méthodes d’analyse (DEA) Genre et développement humain : le cas de l’Afghanistan (Maîtrise)
NB/ voir aussi l’article " les lyonnais affligés par l’insupportable calamité humaine et écologique en Indonésie"